Vente-privee.com l’entreprise galerie d’art

Hier, j’interviewe Jacques-Antoine Granjon pour la série On revient vers vous, celle où Malek Boutih fait des siennes… JAG est le patron de vente-privee.com, l’homme qui a inventé le déstockage de marques sur internet. Visite des bureaux et entrepôts de la plaine Saint-Denis. Des bataillons de webmestres, de vidéastes, de repasseuses. Chaque jour 12 000 produits sont pris en photos, la société disposent de plusieurs studios d’enregistrement son, vidéo. Malgré ça des cartons partout, c’est parfois un peu bordélique, derrière une porte un mannequin en nuisette pose pour une collection de lingerie. La moyenne d’âge est de 30 ans, ca grouille, ca bosse, ca invente les bande annonces des prochaines ventes privées virtuelles dont la société s’est fait une e-reputation. Vous pourrez voir l’entretien avec JAG dans quelques jours mais le plus frappant dans cette visite c’est l’entreprise-musée. Granjon n’aime pas le terme musée mais tout de même. Des œuvres d’art partout. Partout, partout, partout. C’est le boss qui me confie procéder lui-même à l’accrochage d’une collection de statues, photos et tableaux modernes assez hallucinante et dont je n’ai jamais vu l’équivalent ailleurs dans une entreprise. Il en stocke jusque dans son bureau qui déborde d’objets, toiles et clichés d’art contemporain. Des meubles design également qui font de vente-privee.com un site d’e-commerce qui marche bien certes, mais surtout une sorte de start-up musée qu’on visite comme une galerie d’art. Visiblement le patron aime ça et pas que pour des raisons fiscales.

Derrière lui dans son bureau une toile représentant Mao avec un sacré coup dans l’oeil, je suis assis sur un siège dessiné par un artiste tandis qu’un tigre empaillé tout enrubanné de pansements me regarde d’un oeil pas très amical. Sur le bureau une seringue énorme pleine de dollars, dans un hall au premier un caddie en or tourne sur lui-même devant un robot façon Terminator nu, tandis qu’à l’entrée de l’entrepôt un gorille fabriqué en ceintres surveille les allées et venues. « Le personnel aime bien » explique le patron qui estime que l’art sur un lieu de travail ça permet de réfléchir autrement. « Si un coursier à 1500 euros par mois du 9-3 arrive, se pose devant un tableau avec son casque et prend le temps de regarder, je vais vers lui, je lui demande ce qu’il en pense ». Quand il recrute, Granjon aime bien qu’on lui pose des questions, il apprécie aussi qu’on l’interroge sur ses choix artistiques. La collection a grandi avec l’entreprise, une entreprise dont les associés sont des amis et font partie de la famille VP. Je lui dis qu’avec ses associés « feujs » il a tout fait pour muter en juif du Sentier, lui qui a été élevé chez les Jésuites. Il s’en défend.  Ca et là, plusieurs photos représentent le Christ avec les apôtres. Jésus et Granjon sont coiffés pareil.

1 Réponse à “Vente-privee.com l’entreprise galerie d’art”


  • Je fais parti du bataillon de vidéaste visité à bonne allure …
    Votre analyse est pleine de sagacité sur l’environnement de VP, vous confirmez mon point de vu sur l’unique situation de mon espace de travail : moi j’aime bien !

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Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.