Cette photo est formidable parue hier dans Le Monde. Pour une fois on reconnaît parfaitement Domi Gueule d’Amour. Epaules larges, crinière d’argent, il pousse. Déterminé. Que pousse-t-il ? Pourquoi est-il dans cette position.
Donc c’est un quiz
1/ Il attend une fouille au corps ?
2/ Il a pris une cuite et dégueule trippes et boyaux ?
3/ Il obéit au photographe ?
4/ Il a été photographié en pleine cogitation sur l’avenir du monde et la géopolitique hugolienne de l’espace ?
Une fois qu’on a « quizé », on lit la légende de la photo publiée hier dans Le Monde, on cherche le nom du photographe, on trouve son site, on découvre ses états de service et ensuite on appelle le photographe. Il s’appelle Olivier Laban-Mattei. Et il raconte. Il raconte qu’arrivé chez Villepin, il a patienté. L’ancien Premier Ministre et candidat à la magistrature suprême finit par se pointer. Il est d’une merveilleuse humeur, plaisante dans le style fleuri qu’on lui connaît ou pas (OFF). Quand le moment du portrait et de la pause arrive, Villepin toujours goguenard et on ne saura pas pourquoi, regrette les photos souvent trop sérieuses du Monde. Il est un original, il veut faire bouger les lignes. Lui. Et c’est vrai qu’à le voir, on le croit bien capable de déplacer des montagnes. Alors, Olivier le photographe a une idée. Villepin sera Sisyphe et puisqu’il veut faire dans l’originalité on ne verra pas son visage. Sisyphe prend donc la pause et s’appuie de toute sa sveltitude sur le linteau de la cheminée. Et voilà le résultat. Ceci dit Villepin ne s’appuie jamais sur n’importe quoi. Il précisera pour mémoire que la cheminée a appartenu à Sarah Bernhardt.
PS : Merci à Olivier Laban-Mattei qui n’est pas un débutant































il cherche l’entrée secrète pour l’Elysée
« Il faut s’imaginer Sisyphe heureux » A. Camus
Géniaux,
- le culot du photographe
- le au-point-où-j-en-suis-pfuuuui de DdV
- et votre papier qui montre une nouvelle fois qu’on vit dans un monde où les idées importent peu pourvu qu’on se fasse remarquer …
Voyons, il est évident que DDV a été surpris en pleine activation du passage secret qui le conduira à son destin présidentiel.
Dans une élection-casting, DDV nous dit d’écouter ses idées plutôt que de voter à la gueule du client. Paradoxe du plus glamour des candidats ? Cabotinage ? Véritable pose ? Un peu de trois à mon avis. Au moins c’est un vrai choix. L’affiche de campagne sera-t-elle du même acabit ?
Je ne sais pas ce qu’il attend mais il est visiblement instrumentalisé par le photographe. Et être instrumentalisé pour un homme d’Etat, c’est pas bien.
Quand on clique sur la photo, elle se met en minuscule. C’est l’internet à l’envers.
Au début de la chronique: « Cette photo est formidable parue hier ».
L’adjectif est allé se balader sur la droite, comme les briques réfractaires se sont faites peindre en blanc. Des aberrations, qui ne nous dérangent pas dans l’immédiat regard qu’on jette.
En revenant ici, je vois un homme d’un certain âge qui médite sur le feu qui ne brûle plus, et pourtant c’est une cheminée qui date du temps où il brulait. Ce foyer intime où le « mâle dominant » puise son envie d’entreprendre tourné vers le foyer de la cheminée.
La photo cadrée en pied montrait-elle un déhanchement qui nous aurait fait focaliser sur les fesses? La photo cadrée à la taille aurait-elle donné l’impression ridicule d’un portrait raté?
Ce gouffre sur lequel il se penche fait aussi un peu trucage. Comme quand on tient la tour de Pise.
Il doit y avoir une ligne de parquet, bien centrée. Qui a permis d’aligner au cordeau l’objectif face à la cheminée.
« la cheminée a appartenu à Sarah Bernhardt. » Trop propre, elle ressemble à un décor de théâtre… et ça colle avec le personnage de Villepin.
Dans « les visiteurs », une seconde après, il est plein de suie.
mais il finit quand même par retourner dans son époque, le cousin Hub’ de Villepin.