Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle…

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J’ignore si ca vous fait le même effet mais moi j’aime ce blocage des cieux. Mon ainée n’a pas pu partir avec ses grands-parents en Inde mais c’est pas grave, j’aime quand même l’état de saisissement qui tient le monde occidental et touristique en ces jours nuageux. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle…moi ça ne me donne pas le spleen Beaudelairien, ce serait même l’inverse d’observer sans méchanceté le désespoir de ces touristes, ces hommes d’affaires coincés dans les aérogares et transformés pour quelques jours en SDF de la mondialisation sur des lits de camps de fortune… Non je ne suis pas sadique et je leur souhaite un prompt retour dans leurs familles et leurs entreprises. Et pourtant, il y a dans cette immobilisation d’une partie du monde un je ne sais quoi de réjouissant comme si pour une fois, la catastrophe naturelle ne faisait aucune victime, comme si pour une fois c’était principalement le monde occidental qui trinquait (je sais il y a beaucoup de transports aériens en Afrique, mais les médias occidentaux n’ont pas l’air de s’en soucier…). Cet état joyeux me rappelle une des myhtologies de Roland Barthes. Je ne me souviens plus exactement laquelle mais dans un de ces textes, l’auteur analyse les conséquences collectives d’importantes chutes de neige en province et décrypte cet état de catastrophe naturel qui bloque tout, immobilise les activités humaines et qui malgré ça fait ressurgir des solidarités collectives qui nous ramènent aux temps d’autrefois. Ne plus pouvoir communiquer par liaisons aériennes, vivre pour de faux les temps pas si reculés de l’exode et de la débrouille ; tout cela sans y laisser sa peau. Il est curieux ce volcan islandais au nom imprononçable avec sa Chantilly céleste couleur gris-noir et qui nous sert un Canada Dry de fin du monde. Il nous raconte une autre histoire de nous-mêmes, de nos peurs modernes et de nos envies de retours en arrière. Ce volcan aux innoffensives irruptions (jusqu’à preuve du contraire) nous chuchote quelque chose sur le passé, sur l’immobilité et sur la distance qu’il faut réapprendre à parcourir. Il nous parle du temps aussi, ce temps qu’il faut savoir laisser passer. Décidément, je le trouve utile, ce volcan.

5 Réponses à “Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle…”


  • Ce volcan m’a amené à penser à l’époque pas si lointaine où les transatlantiques se faisaient en bateau. Je pense aux ports plein de voyageurs, à l’effervescence des retrouvailles, des odeurs d’ailleurs mêlés aux cancans des mouettes. Je pense au Havre, à Nantes, à Bordeaux, aux impressionnistes, aux paquebots, aux dames aux élégantes toilettes. A une époque où l’on croyait alors que tout allait déjà trop vite. Je reste une fille du port.

  • Je te rejoins complètement. le nuage est aussi une source de créativité. J’ai pu voir bon nombre de comportements sympathique pour gérer la situation et je trouve cela aussi réjouissant.

    Pour Barthes, j’ai un doute mais il me semble justement que c’est dans : « L’usager de la grève » ce qui permet de rebondir sur ce double télescopage avec la grève à la SNCF.

    Bref un week end étonnant.

  • C’est toujours plaisant de lire ce qu’on aurait souhaité exprimer. Moi je voyais un nuage fellinien : des voyageurs qui se figent au passage du nuage après s’être agités dans tous les sens. J’imaginais Magalie Noël, en hôtesse de l’air, essayant de calmer un moustachu furibard.

  • C’est un simple avertissement. Notre monde vit encore sur la lancée des 30 glorieuses en ayant oublié qu’il y a des phénomènes qui nous dépassent et qui nécessitent que l’on se remette en question… Des crises en tout genre se profilent à l’horizon, et les détenteurs des différents pouvoirs se regardent le nombril…

    Tiens, au hasard : Quand un peuple vieillit, il est urgent d’accueillir des populations étrangères, jeunes et entreprenantes, mais tout le monde l’a oublié :-\

  • David, cher David,

    de tout ce que j’ai lu de vous-même en comptant vos succulences de chez Marie-Claire-, ce post est vraiment mon préféré, vos tendresses réelles y transparaissent, puisque vous laissez un peu tomber vos oripeaux de Super Geek pour y parler confitures, couvertures et traditions solidaires, j’aime.

    Merci.

    Sabine from Auch in Gascony, sous un ciel rimabaldien, laiteux et si tentant.

    PS: en plus j’ai peur en avion^^

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Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.