Ce mois-ci, je ne sais pas pourquoi, je mets ma chronique de Marie-Claire en ligne… L’autre jour, j’attendais le départ de mon train confortablement installé en première classe quand mon regard à travers la vitre tomba sur un couple enlacé sur le quai. J’aurais pu regarder ailleurs mais instinctivement quelque chose dans son allure attira mon attention. Quelque chose d’inhabituel qui m’échappait. Etait-ce la grâce de l’étreinte ou la taille menue de ces deux-là, toujours est-il qu’avant même de savoir ce qui m’intriguait, je compris qu’il s’agissait d’un couple mixte. Je m’en voulus immédiatement de l’avoir relevé puisque j’ai toujours eu le racisme en horreur. Penaud, honteux presque, d’avoir tiqué devant ce qui aurait dû rester anodin, je me plongeai dans la lecture d’un article sur la perception.
La perception d’une situation complexe disait l’article peut être entravée par des biais cognitifs comme la pensée, l’ignorance ou les croyances.
Alors que je ressentais des difficultés à me concentrer sur ma lecture savante, je regardai à nouveau ce couple dont le baiser semblait s’éterniser. Je notai cette fois-ci que la main de l’une se posait sur la taille de l’autre quand l’autre avait enfilé sa main dans la poche arrière de son jean. Ce jeu de mains m’excitait et une fois de plus je me reprochais [...] Lire la suite
L’émission Des clics et des claques de ce soir a marqué un clivage assez fort entre lui et moi sur la question de l’accommodement de la saucisse de Morteau à la suite de l’émoi légitime suscité par cette campagne de promotion d’une spécialité régionale que toutes les civilisations nous envient. Il ne m’appartient pas de savoir si elle est meilleure ou pas avec de la moutarde, en revanche, rien ne m’interdit de vous livrer ma recette à moi. J’ai passé de longues vacances dans le Doubs, j’y ai des attaches familiales et ai avalé suffisamment de litres de Cancoillotte pour vous livrer ce soir ma façon de déguster la désormais buzzeuse saucisse :
- faire cuire à l’eau frémissante la saucisse sans la percer (on n’est pas chez les sauvages)
- faire cuire à l’eau les pommes de terre
- réserver un pot de 250 grammes de Cancoillotte (par personne si vous êtes sérieux)
Quand tout est cuit, partagez la saucisse, répartissez équitablement les patates et versez dessus la Cancoillotte.
Dégustez.
Une moutarde est possible.
Merci à ceux qui ont livré sur Twitter une libre interprétation, parfois très intime, de leur rapport à la saucisse de Morteau qui, contrairement au saucisson de Lyon, est fumée.
Pourquoi partir au Congo quand on peut aller dans le XVIe ? Pourquoi chercher dans la campagne électorale des querelles de civilisation quand on a, entre deux couches culottes et un biberon, un procès en complexe néocolonial ? Caroline Ibos est sociologue. Elle a travaillé précisément, profondément, honnêtement sur les rapports que les nounous africaines entretiennent avec les femmes actives (le plus souvent) qui les emploient. L’étude devenue un livre à paraître cette semaine chez Flammarion est une très belle machine à culpabiliser les employeurs. Pour une fois, les hommes n’y sont pour rien, ils ne se mêlent presque pas du rapport intime et complexe qui unit leur compagne à la nounou. C’est la femme active, stressée, exigeante qui est en cause.
Cette patronne pourrait ne rien avoir à envier au colon d’antan. Ce n’est pas qu’elle serait un poil raciste, ce n’est pas qu’elle contribuerait à véhiculer les stéréotypes mais tout de même, l’employeuse de nounous avec son stress, son amour pour son enfant roi et sa culpabilité de femme trop occupée, cette femme-là n’est pas un patron modèle. Elle en demande trop, elle a des idées arrêtées sur l’asiatique, la noire, la maghrébine, bref, à en croire les premiers articles parus dans Le Monde et Libération, employer une nounou africaine c’est un peu [...] Lire la suite
Ce matin dans Libération, une photo de Martin Colombet (je n’avais pas vu le crédit au départ) en dit plus sur Ségolène Royal que tous les éditos de la terre. Belle à tomber parterre, le cliché a tout d’un tableau. Clair obscur, rouge et drapé comme dans une toile de maître. La présidente de Poitou-Charentes adresse au lecteur à son corps défendant un double message à la fois inquiétant et séduisant. La séduction se loge dans le rouge et le déhanché féminin, le rouge de la robe que rappelle le rouge à lèvres que rappelle la boucle d’oreille. Inquiétant parce que le regard neutralise le charme étrange. Ce regard dit la détermination, une rancœur légère et des souffrances. On pense à son 2e tour zappé par la vidéo du Bourget, on pense à son non-statut d’ex-compagne du présidentiable en campagne et à ses larmes, à la suite des résultats décevants de la primaire socialiste. Restent les mains, solidement cramponnées, l’une au bras du fauteuil et l’autre à la hanche. Des mains fortes, qui ne lâchent pas le morceau. Ce tableau-photo de Madame Royal, il pourrait trôner quelque part dans un château imaginaire qu’elle pourrait venir hanter, un peu comme dans le roman Rebecca de Daphné Maurier, histoire de se rappeler, de temps en temps, au [...] Lire la suite
Voilà, j’essaie Instagram depuis quelques semaines et c’est doux. Doux et sage comme une image. Sur Instagram, pas de blabla, pas de clash, juste du partage. On regarde si on veut, on montre ce que l’on peut. Une salade, la neige tombée sur le village, une expo, un enfant sur une plage, un feu de cheminée (#Froid), des crêpes, le portrait de ceux qu’on aime, un chat, une voiture, un graffiti.
Instagram c’est doux comme les choses de la vie. Comme si nous étions tous des « Claude Sautet aux petits pieds », des amateurs de quotidien et de choses tendres insignifiantes. Sur Instagram un sociologue se régalerait de l’uniformisation des points de vue. Peu importe. Instagram c’est doux, loin du fracas de l’info qui cavale. Instagram c’est la Première gorgée de bière en séries. C’est aussi 15 millions d’utilisateurs et 17 styles de photographies qui se ressemblent, qui transforment nos visions en clichés, qui confirment une vision mondialisée et individualiste de la vie, de la consommation et de l’art pour tous. Bref, à sa façon, Instagram est une puissante machine à fabriquer du très standard. N’est pas photographe qui veut… D’ailleurs, aujourd’hui nous sommes deux à avoir photographié la même voiture, c’est dire si on est original sur Instagram…
Mais n’empêche. Sur Instagram, celui qui [...] Lire la suite
Hier soir, j’ai regardé le débat Aubry-Fillon. C’était bien, c’était digne mais ça manquait de peps ! Evidemment, quand les politiques renoncent à une certaine forme de démagogie, le spectacle en souffre. Tant mieux, puisque une certaine idée du débat, de la République et de la démocratie en profite. J’ai senti dès les premiers mots de Martine Aubry, qu’elle était heureuse de pouvoir débattre avec un politique de son calibre. Heureuse d’avance comme si elle avait su qu’avec Fillon ça se passerait bien, qu’ils s’écouteraient, qu’ils pourraient parler d’économie, d’emploi avec sérieux.
J’ai également senti que François Fillon toujours plus sobre, toujours plus monocorde, toujours plus taciturne en sa mèche élégante, travaillait sans se presser ni s’énerver, son positionnement de père tranquille, suivez – en creux et par comparaison – mon regard . Un Fillon à l’aise dans ses Charentaise donc, tout cela au risque de laisser penser que Gérard Larcher, présent dans le public, s’était assoupi, alors qu’il prenait des notes. On se remarquera d’ailleurs – mais ça n’a rien à voir – que les personnalités politiques d’un gabarit fort sont toujours soupçonnées de s’endormir plus vite que les autres. Voyez Barre. Il s’est dit beaucoup de chose hier soir mais je n’en retiens qu’une, un aveu de François Fillon, un aveu étonnant qui lève [...] Lire la suite































Vengeurs, X-Men, etc.
21 h 12 min - 16 mai 2012 par Tonton Dan
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