Encullé à vie ou comment limiter votre numéRisque

Hier, sur un forum, je me suis fait traiter d’encullé. Même avec une faute de frappe, la dernière fois qu’on m’a insulté ainsi, ce devait être en voiture et cela remonte à loin. J’avais sans doute grillé une priorité ; je fus mortifié sur l’instant mais vite rassuré car les insultes au volant sont comme les gaz d’échappement, elles se dissipent.

Mais sur ce forum internet, l’encullé va rester. Il va rester pour longtemps et si par malheur les internautes trouvaient amusant d’aller y jeter un œil à plusieurs, alors l’insulte se maintiendra dans les premiers résultats de Google et sera gravée sur le net plus durablement que sur une stèle de marbre. Je suis donc probablement un encullé pour la vie.

Mon désespoir en serait là si je n’avais trouvé au hasard de mes navigations une offre adaptée à ma détresse. Le service s’intitule SwissLife E-Réputation : la compagnie helvète assure mon risque numérique, appelons ça le numérisque*.

A l’instar des compagnies qui investissent dans la prévention routière, Axa publiait il y a quelques semaines un Guide du bon sens numérique à l’usage des imprudents de la toile. Les assureurs visent ainsi le grand marché de l’égo blessé, de l’e-réputation entachée. Ils assuraient déjà les risques des entreprises contre la perte de [...] Lire la suite

J’ai aimé une femme-matière, en 6e

En 6eme verte, c’était en 1980, j’ai été profondément amoureux d’une femme-matière. Elle enseignait l’histoire et la géographie, elle fumait comme un pompier, elle avait un nom breton. Madame Kergueno. j’ai oublié son prénom. mais à l’époque, en classe, le prénom des profs n’existait pas… J’ai eu le coup de foudre quand elle nous a parlé de l’Egypte ancienne, des pharaons, des pyramides. Quand je rentrais chez moi, je faisais mes devoirs en pensant à la leçon d’après, quand elle faisait la leçon, je devenais super-lèche-cul, mon amour d’elle se confondait avec l’amour de cette antiquité dont j’ai tout oublié. Il reste, en revanche, le souvenir de cette femme-matière que j’ai tant aimée. J’imagine que vous aussi, vous avez aimé un homme ou une femme-matière. Un sentiment fort qui mélange le savoir et celui qui le porte et le transmet. Vous avez certainement vécu cette histoire d’amour. Et vous vous en souvenez. On a tous un prof dans le cœur. Celui qui vous lançait la craie pour vous faire taire, celui dont vous attendiez l’enseignement en piaffant, celui qui vous a expliqué le roman français comme personne, celui qui vous a libéré de la terreur des maths.

Vous connaissez la série On Revient Vers Vous, depuis le début de l’année, [...] Lire la suite

Que du son dans un monde de vidéos

La semaine dernière, je me suis amusé à écrire 3 petites bande-annonces pour ce livre, Les Perles de Femmes, aux éditions J.C. Gawsewitch, avec la bénédiction d’Europe1 qui parraine, et le concours précieux d’une comédienne, des ingénieurs et techniciens de nos studios. Ca donne un exemple de publicités pour ce petit livre. Trois mini promos radio. Que du son dans un monde de vidéo bâties sous forme de quiz entre la comédienne et la voix masculine… Je vous les laisse écouter.

Sisyphe ou le secret de DDV de dos

Cette photo est formidable parue hier dans Le Monde. Pour une fois on reconnaît parfaitement Domi Gueule d’Amour. Epaules larges, crinière d’argent, il pousse. Déterminé. Que pousse-t-il ? Pourquoi est-il dans cette position.

Donc c’est un quiz

1/ Il attend une fouille au corps ?

2/ Il a pris une cuite et dégueule trippes et boyaux ?

3/ Il obéit au photographe ?

4/ Il a été photographié en pleine cogitation sur l’avenir du monde et la géopolitique hugolienne de l’espace ?

Une fois qu’on a « quizé », on lit la légende de la photo publiée hier dans Le Monde, on cherche le nom du photographe, on trouve son site, on découvre ses états de service et ensuite on appelle le photographe. Il s’appelle Olivier Laban-Mattei. Et il raconte. Il raconte qu’arrivé chez Villepin, il a patienté. L’ancien Premier Ministre et candidat à la magistrature suprême finit par se pointer. Il est d’une merveilleuse humeur, plaisante dans le style fleuri qu’on lui connaît ou pas (OFF). Quand le moment du portrait et de la pause arrive, Villepin toujours goguenard et on ne saura pas pourquoi, regrette les photos souvent trop sérieuses du Monde. Il est un original, il veut faire bouger les lignes. Lui. Et c’est vrai qu’à le voir, on le [...] Lire la suite

La claque.com

C’est une vieille histoire d’avant Internet. C’était en 1990. Olivier Stirn, qui fut de tous les gouvernements, de Pompidou à Mitterrand, était alors Ministre du tourisme de Rocard. Il avait organisé des Etats Généraux du Progrès où des édiles du PS devaient prendre la parole. Le premier jour, malgré 5000 invitations lancées, Bernard Kouchner causa devant trois pelés-un tondu et quitta la salle dépité. Pour éviter la même chose le deuxième jour, l’entourage du ministre eut l’idée maladroite d’embaucher des chômeurs pour remplir ces états généreux. Cette location de « claque » fut ébruitée, fit scandale et provoqua la démission du Ministre(1).

20 ans plus tard, Olivier Stirn pourrait sourire en observant qu’Internet est devenu une immense machine à fabriquer de l’audience fictive pour des personnalités ou des marques. Car on peut désormais acheter des fans Facebook et des followers Twitter sans faire scandale ni rendre son tablier. La tendance, émergente il y a trois ans, se confirme aujourd’hui au moins pour les marques. Alors qu’autrefois on payait cher des fichiers pour toucher sa cible, le numérique permet désormais d’acheter cette cible sans avoir à la séduire. Nadine Morano, accroc à Twitter, a récemment démenti avoir gonflé son compte en achetant des « suiveurs ». Dont acte. François Hollande et Nicolas Sarkozy n’ont évidemment pas [...] Lire la suite

Souffrez comme vous aimez, pourquoi ça touche

Pourquoi la pietà islamique de Samuel Aranda nous touche-t-elle ? Parce que cette photo, outre son actualité, s’inscrit dans le temps et les symboles. Elle nous touche parce qu’elle nous a déjà touchés.

Et Patatrakis…

Elle a fait causer toute la journée sur Internet l’affiche du Président-Candidat-Capitaine du vaisseau France qui ne quittera pas le navire en pleine tempête économique. Elle a été parodiée et détournée mais elle a surtout été décortiquée et le premier à s’interroger sur l’horizon marin qui fait la singularité de la photo c’est un utilisateur de Twitter, un dénommé Jean Saurien alias @schloren. Et qu’a fait Jean, il a vu que le Figaro.fr fournissait sous la photo le crédit de l’image. Et Jean Saurien qu’a-t-il fait ? Il a cherché dans la banque d’image d’où provenait la photo de cette mer calme et d’apparence française et qu’a-t-il découvert, il a découvert que la prise de vue avait été réalisée en Grèce, sur les bords de la mer Egée pour être exact.

Alors évidemment, une photo de président qui remplace le village français avec clocher par une vue de l’horizon, ça fait déjà réagir mais si en plus la mer est grecque, en pleine crise européenne, ça fait danser le Sirtaki sur les réseaux sociaux.

La leçon de cet épisode microscopique de la campagne qui commence, c’est qu’une affiche de campagne électorale doit montrer un paysage 100 % made in France, le deuxième enseignement c’est que non seulement les politiques sont auscultés [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.