Quitter un travail pour en prendre un autre, finalement c’est un processus assez intime, assez personnel et assez courant. Je lis en substance sur internet que les « chassés » du « mercato » rejoignent radio ou télé comme on comploterait à Florence ou entre clubs de foot, tout cela aurait le goût d’un bonbon acidulé, des allures de mauvais coups portés les uns aux autres et entre concurrents. Evidemment, ce théâtre d’ombres se jouerait avec beaucoup d’argent à la clé et d’horribles compromissions politiques. On peut voir les choses comme ça mais je ne suis pas très convaincu… Je crois que les candidats aux départs, ceux qui bougent, le font souvent pour de bonnes raisons, des raisons liées à leur progression professionnelle. Je crois davantage à une réflexion personnelle de celui qui bouge sur le fait d’apprendre et de progresser dans son métier. C’est ma logique au moment où je quitte Info avec de la reconnaissance mais également le sentiment de ne pas pouvoir demander davantage à la station et au groupe qui m’ont déjà beaucoup apporté et réciproquement. Progresser dans le métier, et particulièrement en radio, ce n’est pas gagner plus ou gagner en visibilité. C’est essayer des exercices différents, dans des horaires différents et des formats qui ne ressemblent pas aux précédents. Cette interrogation sur ce que l’on sait faire et ce que l’on voudrait apprendre à faire concerne tous les métiers et toutes les carrières. Et c’est une interrogation et une ambition légitimes pour chacun. Il y a alors deux façons de progresser. Faire en sorte de trouver en interne des marches à monter ou des cases à remplir pour s’approcher du but, ou laisser la concurrence vous aider à préciser votre projet professionnel. Dans mon cas, c’est le concurrent qui m’aide à changer. C’est avec lui que j’évoque mes objectifs, mon envie de faire autre chose. C’est un processus assez courant. Dans certaines sociétés, au contraire, les DRH mettent en place une gestion prévisionnelle (plus ou moins chaotique) qui permet de faire régulièrement le point sur ce que l’on sait faire et ce que l’on voudrait faire. Dans d’autres configurations, ce type de rendez-vous est rare car la procédure n’existe pas ou n’est pas utilisée, question de culture d’entreprise et de faisabilité. Alors la mobilité ou le bilan de compétences (ou d’incompétence) – comme on dit – s’effectue à l’occasion de la construction des grilles par les chaines et les stations, ce qui explique le jeu des chaises musicales qui se déroule au printemps et parfois à l’été. Il ne montre, au passage, qu’une toute petite partie de ce qui se déroule dans le secteur où journalistes et techniciens, notamment dans les sociétés de production, sont habitués sans grand plaisir à voir leurs contrats remis en cause chaque année. J’ai dû le dire ici, le marché des emplois dans l’audiovisuel est un marché à ciel ouvert mais il cache l’économie de tout un secteur.






























Une chronique de France Info qui va me manquer.
En tout cas, bonne continuation!
Billet en forme de plaidoyer pour ne pas apparaître comme le traître qui quitte un navire qui semble prendre l’eau de toutes parts. Il y a peut-être un timing qui pourrait laisser penser que…mais qui s’explique simplement par une période estivale bien frachouillarde où le farniente est érigée en règle absolue. S’il y a une période propice au mercato, c’est bien celle-là.
Ce que vous dîtes concernant l’évolution d’une carrière qu’elle soit dans le journalisme ou ailleurs est trés juste. Si votre employeur n’est pas capable ou n’a pas la possibilité de vous faire évoluer, d’exploiter de façon optimale vos compétences, de vous faire croître et embellir alors ses concurrents le feront. Et quand on connaît le talent de sélectionneur de Mr Bompard, il est difficile de s’étonner de vous voir arriver chez Europe.
Je vous souhaite de vous réaliser encore plus, de relever les nouveaux défis qui vous attendent et d’être tout simplement heureux.
Je vous suivrai.
Quoi, il n’y a pas de GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) en mode collectif pour les faces visibles des grilles de la radio / tv ? Quelle surprise ;o)) Le principe théorique de la GPEC vise notamment à repérer les postes éjectables dits sensibles et à l’inverse les postes en tension, où l’on a besoin de candidatures. On part du principe que les personnes positionnés sur des postes sensibles n’ont pas vu le vent tourner. Dans le cas des faces visibles des grilles, l’anticipation des trajectoires est de mise depuis bien avant l’été. Pour le coup c’est de la gestion prévisionnelle mais 100% personnelle, sans aucun cadre collectif. A TCHAOum
Le problème, cher David, c’est qu’aucune radio chez moi n’a de pré-réglage sur Europe 1, et que je ne prévois pas de modifier pour l’instant cet état de fait !
Je regretterai donc vos interventions sur Info, les « Parlons Net » toujours intéressants.
Pour le reste, ce n’est pas moi qui, à une encâblure de la retraite, ai connu plus de 10 employeurs au cours de ma vie professionnelle, qui vous jetterai la pierre ni même une poignée de sable.
Mes amitiés à Nicolas, qui me manquera aussi à la rentrée prochaine, évidemment!
Ce qui me chagrine le plus dans votre départ, c’est de donner l’impression d’aller servir la soupe à des sarkozystes. Car j’espère pour vous que vous avez écouté Europe. C’est haro sur le PS et la gauche avec bien sur des invitations alibis aux dirigeants du PS pour ne pas se faire taper sur les doigts par le CSA. Il faut écouter la matinale d’Europe pour se demander si ça n’est pas la version radio du Figaro qui est devenu une véritable Pravda.
Et que dire de la forme, où chaque phrase est saucissonnée par de la publicité.
Et le pauvre Demorand qui se vantait il y a peu d’être content de travailler sur le service public. Il est possible, finalement que le travailler plus pour gagner plus ait « percolé » même chez les âmes les plus pures.
La mobilité c’est formidable, Radio France en fait une belle promotion, mais c’est encore assez rare qu’elle aboutisse vraiment ; on a tendance a confondre mobilité et remplacement ponctuel pour ne pas avoir à recruter un CDD. Alors oui à la mobilité mais pas pour tous les métiers ! J’aurais du être journalistes et avoir un bon réseau, plutôt qu’une petite documentaliste qui rame pour s’en sortir ! c’est sûr les documentalistes ne voient pas leur contrat remis en cause chaque année ; mais quel ennui par ailleurs !
Encore un de mes journalistes préférés sur Europe 1!! Très bon choix David!!
Bravo, David. A tous les grognons : il suffit de tourner un peu la molette du poste pour changer. C’est un tout petit mouvement. Un petit pas pour l’auditeur, un grand pas pour la radio !
Vous devriez essayer le roux vous savez.
On fait comment tous les deux maintenant David?
Dommage, je n’aime pas la pub. Je vous podcasterais donc !
Au risque de paraitre désagreable, je suis bien désolé de dire que ce n’est pas ce petit départ qui changera ma façon d’écouter france info …
Deja plus de 15 ans que j’écoute france info… je ne vais pas changer pour un pauvre départ d’animateur !
C’est juste dommage, une chronique sympa qui disparait (tout du moins dans sa forme actuelle) et un animateur qu’on regrettera mais qui sera vite remplacé par une autre voix qui deviendra bien vite familière.
Allez, je ferais peut etre un effort si les émissions sont disponibles ailleurs en podcast …
Et bien très bonne continuation à vous, vos raisons me paraissent parfaitement légitimes. Espérons qu’Europe soit une station où vous puissiez vous épanouir professionnellement. Cordialement.
Explications peu convaincantes sur les raisons de votre départ. Même si je ne connais pas votre milieu professionnel, gagner plus et en visibilité me semblent des arguments décisifs, au moins vu de l’extérieur.
Et pour cela, certains sont prêts pour faire carrière à marcher sur la tête de collaborateurs, surtout si ces derniers sont humoristes et s’ils dérangent le pouvoir. Mais c’est un autre sujet.
Je vous suivrai peut-être pour votre style et votre pertinence, mais sur Radio Sarkozy, vous êtes dur …
Et voilà, un de plus qui passe au privé…
Je suis désolé mais je n’arrive pas à croire que vous puissiez vous « épanouir » sur une radio dont la principale motivation est soit d’encenser la sarkozie, soit de gagner un maximum de fric avec les pubs.
J’ai déjà essayé Europe, les jours de grève sur le service public. Je n’ai pas pu y rester, le saucissonnage par la pub étant tout simplement insupportable, sans parler des a priori éditoriaux qui le sont tout autant.
C’est sûr qu’à Radio France, avec Hess et Val, on peut imaginer que l’ambiance à du en prendre un coup, mais ca sera (je l’espère) toujours « moins pire » que sur Europe et RTL.
En résumé, je ne vous suivrai pas sur Europe, ce qui vous fait probablement une belle jambe, mais c’est pas grave, je tenais simplement à vous le faire savoir…
C’est vrai Alain, les animateurs de France Inter ont l’air d’être vraiment épanouis. Pas d’à priori éditoriaux (sic!), pas de pubs (juste des mutuelles mais qui ne pensent pas qu’au fric), pas de pression, bref, le paradis du service public. Tous maso ces animateurs … Respectent même plus l’avant garde idéologique du prolétariat radiophonique.
Non David, c’est une simple allégorie car il est bien question d’êtres supérieurs et inférieurs. De ceux qui manipulent l’histoire et les inconscients. ça énnerve Philippe?
Dommage que les Parlons Net cessent d’exister (je les ai tous suivis)…