Le jour où la France a perdu son triple A

Ce qui suit est une fiction, toute ressemblance avec des personnages ou des événements ayant existé serait purement fortuite.

Le téléphone vient de sonner dans son bureau. Au bout de la ligne Christine Lagarde lui annonce la nouvelle.

-       On vient de m’annoncer la dégradation de la note de la France.

Au bout du fil un silence. La Ministre de l’Economie et des Finances lle devine dépiautant ce qui peut être un chocolat ou une confiserie. Elle l’entend mâcher lentement. Il ne dit rien, alors elle se risque à continuer. Sa voix est mal assurée.

-       Je viens de l’apprendre. Pour eux la réforme des retraites ne va pas assez loin. Ils estiment que les mesures prises ne vont pas dans le sens d’une résorption de la dette, que nous avons joué petit bras et qu’on pouvait aller jusqu’à 65 ans, voire 67. Ils voient se profiler la présidentielle, les rallonges budgétaires, les promesses que nous ferons, rien ne leur garantit plus que la signature de la France puisse rassurer les marchés.

A l’autre bout de la ligne, il respire toujours. Il semble avoir avalé 3 chocolats de plus.

-       Continue Christine l’invite-t-il à poursuivre dans un souffle. La voix est grave, légèrement éraillée. Il s’est exprimé devant les agriculteurs la veille pendant une heure et demie.

Alors elle lui rejoue le film à l’envers.

-       Vous vous souvenez qu’en août Moody’s nous avait mis en garde ?

Silence.

Elle embraye en lui relisant cet extrait d’un papier paru dans Le Point le 19 août.

« Au moment même où les marchés semblaient se jeter avec avidité sur la dette française – jugée peu risquée -, Moody’s ramène l’Hexagone à la dure réalité. Compte tenu « des défis liés aux ajustements budgétaires » nécessaires, « le chemin à parcourir avant un abaissement de sa note » Aaa – la meilleure possible – « s’est encore réduit », prévient l’agence de notation. Maigre consolation, l’avertissement ne concerne pas seulement la France. Il vise aussi les États-Unis, le Royaume-Uni et même l’Allemagne, pourtant vantée pour sa crédibilité budgétaire ».

Elle sait qu’il a compris. En septembre, alors que l’affaire Woerth-Bettencourt a fait les gorges chaudes tout l’été et que se précisait la menace de mouvements sociaux importants, elle lui a transmis une note rédigée par l’un de ses conseillers très inspirée du texte qui se trouve ici. Il connaît le mécanisme par cœur…

« Les Etats, en vertu des dispositions libérales de la construction européenne et des statuts de la Banque centrale européenne ne peuvent emprunter que sur les marchés financiers, à savoir les banques, les compagnies d’assurance, les grands fonds. Résultat, la spéculation sur la dette publique européenne prend une ampleur considérable. La Banque européenne, elle, s’interdit statutairement de prêter aux Etats à la différence de ce qui peut se pratiquer aux Etats-Unis où la puissance publique peut émettre de la monnaie pour financer une part de se dette. D’un point de vue doctrinal « les marchés » désirent que les Etat réduisent au plus vite leurs dettes en raison de la ponction que représentent leurs emprunts sur le marché mondial des refinancements, au détriment des emprunteurs privés. La bonne note va donc à ceux qui s’attaquent de la manière la plus vigoureuse à leur déficit et pour lesquels la capacité de remboursement aux échéances prévues ne pose pas de problème. Les agences de notation privées (trois dans le monde) y veillent ».

Il a repoussé la bonbonnière de crottes au chocolat d’un geste las. Il sait tout ça. Il sait qu’il n’a pas pu administrer le remède de cheval qu’espéraient les marchés financiers et les agences qui sont leurs serviles auxiliaires. Il était coincé sur sa droite par la finance et les marchés et sur sa gauche par la rue. Il a cru fin octobre s’en être tiré, mais la victoire a été de courte durée. Les places financières n’ont pas été dupes. Au-dessus de sa tête, comme une épée de Damoclès, il y a Bruxelles et Merkel en embuscade. Dans le doc, comme une baïonnette piquée entre ses omoplates, le calendrier électoral. Devant lui, la contrainte budgétaire est telle qu’il aura beau diminuer le nombre de fonctionnaires et augmenter les impôts, la cure sera socialement intenable et ça, les agences l’ont compris. Et ce populiste de Mélenchon qui continue à monter dans les sondages. Quel toupet, se pointer chez Drucker, franchement. Il reprend un chocolat.

-       Alors ? demande-t-il à la Ministre.

-       On perd un A, a-t-elle répondu si bas qu’elle en est inaudible.

Calmement, il lui a demandé de répéter.

-       On perd un A, Monsieur le Président, on passe de AAA à AA+.

Il sait ce que ça signifie. Les marchés vont refuser de prêter, la Banque Centrale Européenne pas davantage. C’est toute sa stratégie pour 2012 qui plante. Il avait prévu de faire du G20 la rampe de lancement de sa campagne. Il était chef du monde pendant 6 mois, le temps d’épater la galerie, de proposer un New Deal mondial, une aide au développement durable mondial, d’être sur la photo avec Obama, Lulla et pourquoi pas Bono. Peu à peu sa cote remontait dans les sondages, il apprenait à se taire, se montrait pondéré, la gauche toujours divisée lui facilitait la tâche en faisant de Fabius sont nouveau héros.

Mais aujourd’hui, il y a ce A en moins sur la signature française. Adieu veaux, vaches, sondages.

Si Chirac était là, il dirait, « le quinquennat a fait Pschiiit ».

Pas d’argent, pas de refinancement.

Il regarde le plafond de son bureau. Au bout de la ligne, elle a compris qu’il n’a plus qu’une chose à faire. Elle prétexte un rendez-vous téléphonique avec Trichet pour raccrocher la première.

Il lève les yeux au plafond et repense à l’autre. 3 mois après le Fouquet’s, ce type dérapait et couinait « les caisses sont vides ! »  en plein mois d’août… Il avait raison le mangeur de rillettes. Il pensait avoir trouvé un répit en nommant Bruno. Même pas. Et qui pour prêter à la France maintenant que les marchés ne font même plus confiance aux états ? La Grèce, l’Espagne, l’Italie, ont été dégradées et maintenant nous.

Pourquoi se mentir à soi-même. Il sait qu’il n’a pas d’alternative. Il sait qu’il est coincé entre une nouvelle cure d’austérité qui lui coutera sa réélection et cet acte fou qu’il sait maintenant inexorable. Le voilà dos au mur. Pas le choix. Une seule institution peut venir au secours de la France. Une seule. Il la connaît bien. Il ne connaît qu’elle. Il la connaît trop bien.

Soudain on frappe à la porte.

-       Oui ! grogne-t-il.

-       Chouchou ? Elle a passé sa longue silhouette dans l’entrebâillement de la porte.

-       Il y a Christian et Didier qui voulait te faire coucou minaude-t-elle accoudée au chambranle de la porte.

-       Pas maintenant Carlita, pas maintenant, excuse moi auprès d’eux.

Les minutes s’égrainent tandis qu’une pluie fine commence à tomber sur le jardin où ce matin il a fait son jogging. Et puis l’hypothèse arrive, que fera-t-il après s’il n’est pas réélu. Comme Blair, des conférences ? Parler devant des PDG et des parterres de décideurs économiques ? Plutôt crever, plutôt relire la Princesse de Clèves  enfermé dans un placard au CNRS que faire une carrière d’ex. Il voit déjà Villepin s’en humecter les lèvres quand il lira ça dans Les Echos. « La France perd son triple A »…

Il répète 3 fois enculé à voix basse mais personne n’est là pour l’entendre.

Non, il n’a pas d’alternative. Il va falloir le faire.

Il décroche le téléphone.

-       Claude, vous voulez bien arriver ?

Le grand Vizir sait déjà. Qui sait si il ne savait pas avant lui ? Il sait tout Claude. Il a déjà prévenu tout le monde. Henri, Raymond, Franck, Jean-David et tous les technos du Trésor. Il a besoin de tous ses collaborateurs en cet instant précis.

Quand il relève la tête après un instant qui lui a paru une éternité, il ne se rappelle déjà plus leur avoir dit « entrez ». Ils sont tous la debout devant lui, attendant qu’il les invite à s’asseoir.

-       On a le choix Claude ? demande-t-il dans un soupir.

Le Secrétaire Général esquisse un sourire gêné.

Il se tourne vers les autres. Silence.

-       Bon, dit-il avec un sourire étrange, le plus difficile c’est de prendre la décision. Ensuite, faut mettre les formes, hein ? Et puis le pognon, il faut aller le chercher là où il est, hein ?

Ils ne répondent pas. Ils sont épuisés. Il sait que la moitié d’entre eux n’en peut plus. Trois ans à prendre des coups, à essuyer ses colères, à subir ses revirements, à découvrir ses nouvelles idées au premier rang des meetings en province qu’il a continué de tenir malgré tout. Il sait qu’ils sont plus d’un à rêver d’un fromage bien tranquille en attendant la retraite, un siège à l’Institut, une nomination au tour extérieur au Conseil, à la Cour ou une ambassade.

« C’est pas à l’Académie Française qu’on trouvera la thune » pense-t-il pour lui-même.

Alors, après les avoir regardés un par un, droit dans les yeux, il rajuste sa veste dans un mouvement d’épaule moins rapide que d’habitude. Il se redresse. Sa main se dirige vers le clavier du téléphone. La secrétaire décroche. Sa bouche est sèche et il se met à articuler les mots, comme si chaque syllabe était un coup de couteau qu’il se donnait à lui-même. Et il y va, comme le condamné monte sur l’échafaud.

-       Chantal, vous voulez bien m’appeler Monsieur Strauss-Khan au FMI s’il vous plait ?

Dehors, la pluie à cessé mais la nuit vient de tomber. Il est 14h30 à Washington.

15 Réponses à “Le jour où la France a perdu son triple A”


  • - « Allo ? Ah oui bonjour Nicolas…. Oui je sais bien sûr… J’ai déjà tout préparé avec … Christine ».

  • J’attend la suite du roman!

  • Il aurait dit… : « Chantal, appelez moi au Dominique au FMI »…

  • Hélas pour la France, tout ceci est plausible sauf pour Fabius.

  • 3 fois bravo, monsieur!

  • Et si c’était DSK qui était obligé, en 2013 ou 2014, d’aller quémander de l’aide à son successeur au FMI ? Ou peut-être encore plus savoureux (je ne nous le souhaite pas quand même), et si DSK nouveau président se voyait imposer par le FMI une politique d’austérité, qu’il serait forcé de « vendre » à une France en colère et dans la rue, sauf à faire le grand écart consistant à refuser d’appliquer à son pays le « remède » qu’il avait imposé à d’autres… Mais bon, son talent d’anguille devrait lui permettre d’expliquer que la France n’est pas la Grèce ou l’Espagne…
    Question subsidiaire : Et si on déclassait tous les pays AAA? Les investisseurs cherchent toujours à placer leur argent; ils iront donc toujours en priorité vers les moins pires… donc si tous les pays « européens latins » passent en AA+, il n’y a plus de problème.

    Bon le vrai problème c’est de voir des acteurs économiques radicalement différents (en termes de structure financière, en termes d’objectifs, de missions) en concurrence sur le marché de l’argent… Est-il intégré dans la note de Moody que si toutes les banques de Wall Street classées AAA se ramassent, ce sont les Etats notés AA+ qui devront venir les sauver…

    Les Américains (les champions-du-libéralisme-économique-quand-ça-les arrange) ne s’emm.. pas avec ce genre de stupidité et utilisent la FED à leur guise… il faut vraiment être européen (à la mode UE actuelle) pour se tirer une balle dans le pied et vouloir faire la course avec les autres…

    En tout cas, merci David, je me suis bien amusé…

  • Très très bel article de fiction qui a malheureusement un arrière goût de réalité…
    http://loiccathelain.blogspot.com/

  • Vil flatteur que vous êtes. Le Président se fout du triple A de la France comme de sa première chaussette. Bouygues, Bolloré et les autres ont des réserves de Rolex… DSK aussi d’ailleurs, alors c’est vous dire.

    Quand bien même il deviendrait dictateur dans un pauvre pays d’Afrique, couvert d’or, il ne craindrait pas les dettes.

  • « Les marchés vont refuser de prêter, la Banque Centrale Européenne pas davantage »
    Une négation s’est glissée dans l’ellipse.

    Et puis la BCE ne va pas « refuser » de prêter. En vertu du Traité de Lisbonne, ça lui est totalement interdit.

  • Décidément, il n’y a rien de plus réel que la fiction !
    Ou comment le roman transmet parfois plus d’informations que le journalisme.
    Enfin, tout dépend bien sûr de la plume de l’auteur…

    J’explore ces mêmes territoires narratifs et je les trouve très puissants (plus que le lobby de l’Internet Ségo, oui)

    Bravo en tout cas, c’est lumineux.

    Cyrille

    PS : maintenant il faudrait montrer comment le marché, les agences ne s’attaquent qu’aux moyens/petits et ne peuvent saper leur propre système en dégradant les mastodontes, à commencer par les Etats-Unis. Tout comme ce dernier est d’une hypocrisie cynique quand il défend le libéralisme et protège son propre marché par des ruses protectionnistes diverses.

  • Cette fiction montre comment les gens qui nous gouvernent ont un manque de vision pour le pays. Ils se réclament d’héritiers du gaulliste mais je crois que le général de gaule se retournerait dans sa tombe si il voyait se spectacle affilgeant !

    Vous auriez d’ailleurs pu faire la même fiction mais avec le général de gaule pour voir ce qui ce serait passé (Cela aurait été trés intéressant connaissant l’histoire de l’homme voir ce qu’il aurait fait).

    Ce qui est assez délirant dans cette histoire de note c’est de constater que l’une des agence de notation est détenu par un français via une holding financière (L’agence Fitch est effectivement détenue par monsieur Marc Ladreit de lacharriere via la holding fimalac) et qu’il fait partie du réseau de premier ministre (Voir l’expansion http://www.lexpansion.com/economie/les-reseaux-de-francois-fillon_19546.html). Monsieur fillon serait bien inspiré de demander à son ami de ne pas baisser notre note :-)

    Il y a d’ailleurs une deuxième crise financière qui est en train de nous arriver sur le coin de la figure à coté de laquelle la crise de 2007 sera une petite vaguelette dans l’océan de la finance : Le « foreclosure gate » représenterais un trou de plus de 1600 milliards d’euros qui pourrait couler pas mal de banque américaines. Ce sont els agences de notations qui ont engendré cela (voir http://www.moneyweek.fr/20101041585/choix-redaction/immobilier-foreclosure-gate/)

    Voila

  • « la pluie à (!) cessé », ça fait mal. Surtout en période de sécheresse… Pardonnez-moi de mettre l’accent dessus, David !

    (et, pour faire pendant, je vous mets au défi de nous conter aussi plaisamment une tranche de la vie de Madeline Pelletot, femme de ménage au RSA, devant aller affronter la conseillère financière de la Poste. Mais si, mais si, bien sûr que vous allez y arriver…)

  • …-Chantal, vous voulez bien m’appeler Madame Lagarde au FMI s’il vous plait ?
    « Allo, c’est Nicolas »
    « Christine, fais péter les Pépettes ! »

    Effectivement c’est toujours d’actualité,
    A ce jour, c’est AAA…, mon commentaire va-t-il être bientôt périmé ?

  • en reponse a Loic CATHELAIN (UMP) ?

    une selection de sites pour le phenomene de la crise

    http://www.la-bas.org/recherche.php3?recherche=crise

Laisser un Commentaire

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

post thumbnail

C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

post thumbnail

L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

post thumbnail

C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

post thumbnail

C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

post thumbnail

Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

post thumbnail

C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

post thumbnail

Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.