L’anonymat sur le net : dis moi qui tu n’es pas, je te dirai comment je te vois…

L’anonymat je n’aime pas : lettres, com’ racistes, blog fachos, sectarisme politique outrancier, bref…. Mais sur internet, cet anonymat est plus qu’un masque grimaçant que d’aucun rêverait de lever pour mettre un  nom sur les poursuites judiciaires qu’ils rêvent d’engager. L’anonymat,  c’est une série de valeurs que beaucoup de bloggeurs et de commentateurs ont inventé. L’anonymat c’est la protection pour celui qui poste de pouvoir émettre des opinions sans risquer de déplaire, à un employeur par exemple. L’anonymat, c’est aussi une liberté, celle d’être en plusieurs endroits à la fois sur le net en multipliant les identités. L’anonymat c’est encore le droit de s’inventer une personnalité virtuelle. L’anonymat c’est aussi un moyen d’anticiper la mise sous contrôle du net en ne laissant pas sur la toile des traces trop personnelles. L’anonymat peut aussi faire partie d’une stratégie de personal branding… ou d’une stratégie politique… L’anonymat c’est aussi le moyen de partager ses fantasmes sans risquer d’être jugé(e). L’anonymat est une culture qui ne me met pas toujours à l’aise mais que je respecte. Je vois œuvrer sur internet chaque jour des milliers d’anonymes – pas les anonymes du journal de 20 heures qui se pressent derrières les barrières métalliques à l’enterrement des stars… Je parle des anonymes qui font les débats, qui font les forums, qui font les commentaires. Cet anonymat fait partie de la culture du web comme la pudeur ferait partie d’une religion ou les peintures de guerre d’une tribu indienne. C’est une tradition née dans le web et j’ai beau avoir du mal avec les anonymes je préfèrerais qu’on les laisse dans la brume électronique qu’ils se sont choisie, qu’on ne perturbe pas trop leur ecosystème, lequel est finalement bien connu de ceux qui pratiquent internet. Et puis j’ajoute qu’il y a des anonymes dont la constance dans le secret a fini par forgé la personnalité. Car un pseudo, un ton, un style finissent par vous rendre plus présent et vivant qu’un nom et qu’un prénom. Je prends pour finir l’exemple de mon troll. Il se reconnaitra autant que je le reconnais comme tel. Mon troll m’adresse des messages cryptés parfois incompréhensibles, parfois allusifs, parfois poétiques. Je valide ou pas en fonction de mon humeur. Il m‘a agacé au départ et finalement, je me suis habitué à ses mots, à ses impasses et à son mystère, à mon propre scepticisme. A force de se cacher derrière son écriture, j’ai fini, dans un coin de mon imaginaire par lui donner un visage, celui qu’il dessine avec ses mots, à travers les surprises qu’il me réserve et sa conviction pas toujours confirmée que ses posts finiront dans ma corbeille. Le temps passé ensemble a fini par sortir de l’anonymat où je pensais le cantonner. L’anonymat n’existe que dans la tête de ceux qui le combattent M. Jean-Louis Masson.

12 Réponses à “L’anonymat sur le net : dis moi qui tu n’es pas, je te dirai comment je te vois…”


  • Je viens de placer votre billet dans le pearltree dédié à la proposition du sénateur Masson : http://www.pearltrees.com/yannsavidan/6003316/

  • La possibilité de l’anonymat de l’opinion est aussi un fondement de la démocratie. On appelle ça par exemple le « secret de l’isoloir ».
    Dans certains régimes, en revanche, on aime faire voter à main levée sans laisser d’autre choix possible.

  • « Car un pseudo, un ton, un style finissent par vous rendre plus présent et vivant qu’un nom et qu’un prénom. »

    J’aime beaucoup.

    L’anonymat libère l’auteur des contraintes morales, il permet une opinion libre et authentique, sans l’impact du jugement sur la vie personnelle.
    Pour le lecteur il fait vite partie du jeu et finit souvent pas représenter un attrait.

  • Ça y est j’ai lu. Toute ma vie j’aurai la certitude que David Abiker est un affreux menteur mais que c’est un gentil Monsieur.

    Vous savez, d’Artagnan est mort écrasé sous la mitraille ennemie. Comme ça, vieux et courageux, rayé en une phrase. Aprés des pages et des pages d’aventure. Aramis reste le plus mysterieux des 4.

    Robert pareil.

    Mais pourtant toujours présent. Aramis a t’il vraiment existé? Je devrais faire des recherches là dessus.

    Et vous savez quoi? Elle a libé la veille au soir. Elle me nargue avec. Et bien moi je préfère le Monde. Mais c’est vrai que dans le bus c’est mieux Libé. Vous savez avec qui elle était à Roland Garros? Vous l’étudiez elle aussi.

    Pour Mathilde je suis rassuré, Melanie la chapeaute un peu. C’est vrai qu’elle a l’air nigaude et peste. Elle devait sucer son pouce quand elle était petite et n’a pas eue la chance de connaitre l’orthodontie. Sûrement ses parents écolos-catho. Ils ont dû se moquer d’elle à Cannes. Heureusement Mélanie était là pour la rassurer.

    Avec Mélissa il faut faire pareil parcequ’elle parle du nez quand elle prend la parole en public. En plus elle a l’air triste alors elle se déguise en Panda.

    C’est bizarre une femme non? Pourtant c’est attachant.

  • Je n’avais pas saisi la raison de ce post, avant de vous entendre sur France Infos.

    Ai-je mal entendu? Obliger les blogueurs à réveler et bloguer sous leur vrai nom? J’ai failli m’étouffer en entendant M. Masson expliquer les raisons motivant sa proposition.

    J’en perds mes mots également.

    Merci en tout cas pour cette information!

  • Je pense que l’anonymat sur le Net est à relier à la question de la protection de la vie privée sur Internet et pas seulement sur les réseaux sociaux. Supprimer l’anonymat sur Internet serait purement et simplement une abrogation d’une forme de liberté, et de l’instauration d’une flicage et d’une censure déjà assez présente sur la Toile. Le délit d’opinion serait généralisé. Moi ça m’inquiète…
    Après tout, les super héros gardent leur anonymat sous leurs collants, alors pourquoi pas nous sur Internet ?

  • Qui a dit qu’on est anonyme sur Internet ? Sûrement pas quelqu’un qui sait utiliser Internet…

  • Bonjour. Les Jean-Louis Masson de tout poil ne peuvent rien espérer de mieux que des articles tels que celui-ci, qui dans sa tentative de nier l’évidence va jusqu’à énoncer : « L’anonymat n’existe que dans la tête de ceux qui le combattent M. Jean-Louis Masson ». Mais on ne nous fera pas si facilement croire, que deux et deux ont toujours fait cinq : 90% (au bas mot) des dérives constatées ont pour cause le fait que des salopards ont su trouver dans Internet -et l’anonymat qui l’accompagne- un instrument à la mesure de leur lâcheté.
    Pour le reste il n’y a pas sur Internet que du mauvais, dieu merci… Et de toutes façons il est clair qu’un tas de gens, qui ont des choses intéressantes à dire, et qui les disent, y renonceraient si l’obligation de liver son identité était instituée.
    Mais ce n’est pas une raison pour avaler le bébé avec l’eau du bain et nier le problème que constitue le fait qu’Internet est effectivement en son état actuel, comme les disent les gens-de-droite (à qui cela peut arriver d’arriver raison, de même qu’une pendule arrêtée a raison deux fois par jour) : un ESPACE DE NON-DROIT ; avec tout ce qui en découle, notamment sur le terrain de la diffamation. Elle est interdite dans la presse imprimée : on voit mal au nom de quelle rhétorique elle devrait avoir droit de cité, sous le prétexte qu’elle sévit sur Internet.

  • j’espère qu’il n’y aura pas eu de doute quant à mon soutien au droit à l’anonymat (et j’ai le souvenir d’avoir moi-même été « simplet », j’ai celui d’avoir été la mère Denis). Le problème précis -et strictement délimité- que je soulève est celui : de l’irresponsabilité pénale.

  • le sénateur Masson n’a « rien » fait d’autre, lui aussi, que de soulever le problème de l’irresponsabilité pénale. A ceci près… que c’est un fauderche, qui derrière la défense-du-pauvre-citoyen-contre-la-diffamation vise en réalité : le droit à l’anonymat sur Internet. Mon point de vue est que c’est cela qu’il faudrait dénoncer (bref, ne pas avoir une fois de plus peur-de-faire-de-la-politique, tout en criant très fort pour le masquer) ; et non, s’enfermer dans une position négativiste -par rapport à son propos formulé-, qui me paraît ici difficilement tenable.

  • L’anonymat permet de déplacer l’objet de la conversation sur l’idée et non sur l’homme, ce qui m’intéresse est ce qui est dit et non qui le dit !

    ll est vrai qu’avec le développement de la blogosphère se pose la question de la congruence pour les médiatisés du moment… Certains en ont fait les frais.

    Quand à la proposition de JL Masson, il est dommage qu’il n’est pas préféré d’autres sujets pour se faire connaitre du grand public et donner ainsi une image de Metz si médiocre…

  • @M.Sébastien

    Si on vous suit : « L’anonymat permet de déplacer l’objet de la conversation sur l’idée et non sur l’homme ». Voilà qui est bien dit. L’ennui est que vous oubliez qu’il n’y a pas réciprocité : les salopards qui s’abritent derrière l’anonymat ne se gênent pas, eux, pour se livrer à des attaques contre des personnes…

    Pour le reste je maintiens (cf. 27/05) qu’on est en train de commettre ici et à epsilon près la même erreur qu’au moment de la loi Hadopi. Alors qu’il y avait moyen et plus que jamais de s’entendre sur une position commune face aux étronfumants-UMP on a réussi l’exploit de se diviser, à cause de la mise en avant de revendications pour le moins discutables -qui équivalaient à la spoliation du droit des auteurs. Et on refait ici la… même chose, en défendant l’irresponsabilité pénale des propriétaires de blogs.

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Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

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Le Mur des lamentations, tous victimes…

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