Racontées dans Libération ce matin les coulisses de l’enregistrement des débats qui suivront la diffusion ce soir du Jeu de la mort, diffusé sur France2, un documentaire de Christophe Nick. Comme j’y ai participé, je vous raconte ma version du coup de sang de Christophe Hondelatte, elle diffère un peu de ce qui est rapporté dans Libération. Au tout début de l’enregistrement Christophe Hondelatte l’animateur de cette soirée interroge donc l’un des deux candidats sur son parcours, son métier et ce qu’il est dans la vie. L’idée du présentateur, c’est de montrer qu’on peut être quelqu’un de bien et électrocuter son prochain sur instruction d’une présentatrice de jeu de real-TV.
Et pour montrer que ce candidat, un homme, a par le passé eu du courage, il l’engage à évoquer un aspect de sa vie privée – son coming out – pour montrer qu’il a déjà fait preuve de courage. Le candidat se fait prier. Lui et Hondelatte ont pourtant évoqué la veille cet aspect de sa vie privé et il a accepté d’en parler. Devant les hésitations du candidat à revenir sur le sujet, je glisse malicieusement…
- Vous pouvez refuser !
Je réagis à ce moment-là, histoire de montrer que n’importe quel dispositif télévisé peut, s’il n’y prend garde, contraindre ses participants et les influencer. Eclat de rire collectif, Christophe Hondelatte compris qui reprend ensuite l’interview en précisant que le candidat est libre de répondre, évidemment.
Le premier débat s’engage ensuite très courtoisement. Lorsqu’il est invité à prendre la parole Alexandre Lacroix, redchef de PhiloMag fait remarquer que l’émission où nous débattons du documentaire de Christophe Nick n’échappe pas elle-même aux reproches qui sont adressés à la télévision puisque Christophe Hondelatte vient d’y forcer l’intimité du candidat. Il ignore comme nous tous que la veille, le garçon en question a indiqué à la production pouvoir évoquer sa vie privée.
L’animateur de l’émission estimant que sa manière d’interroger le candidat est remise en cause par Alexandre Lacroix lui rétorque en substance que ce qu’il fait s’appelle du journalisme, qu’il ne le laissera pas neutraliser le débat et qu’en fin de compte c’est un peu facile de critiquer la télé quand on est venu y causer. Une discussion s’engage au point que Christophe Hondelatte exige une explication avec Alexandre Lacroix hors plateau.
Et c’est là que nous nous retrouvons non pas dans la situation des participants au « Jeu de la mort » de Christophe Nick mais dans une configuration où nous nous demandons si Christophe Hondelatte, que je découvre soupe au lait comme pas permis, peut légitimement demander à l’un des débatteurs de quitter le plateau pour avoir une explication.
Alexandre Lacroix refuse cette explication à l’écart et signifie qu’il entend rester en plateau alors que l’animateur indique qu’il ne reprendra pas le tournage si les choses ne sont pas mises au point. S’en suit un moment de flottement où Christophe Hondelatte rappelle que la question « intime » posée au candidat lui a été soumise la veille, ce que ce dernier admettra très volontiers, estimant qu’il était d’accord. Les choses se calment et le tournage interrompu reprend.
J’ai parlé d’un coup de sang de Christophe Hondelatte mais j’aurais aussi pu parler d’un rappel ultra ferme aux règles du débat ce soir-là. C’est l’animateur le patron des débats et il interroge ses invités selon un dispositif communément admis.
Je ne suis pas sûr que vous verrez un jour les images de cette scène d’autant plus intéressante que la discussion portait sur la soumission à l’autorité. Elle n’a évidemment pas fait plaisir aux gens qui fabriquent la télévision et veulent livrer des produits bien léchés mais elle a sans doute fait jubiler quelques unes des personnes présentes et moi le premier, nous faisant toucher du doigt la question de ce qu’est ou pas une autorité légitime, sur un plateau télé ou ailleurs.
Libération a suivi l’angle révolté d’Alexandre Lacroix qui peut légitimement reprocher au dispositif ses défauts classiques et à l’animateur la vivacité excessive de sa réaction. Lacroix peut ici invoquer une autre autorité, celle de la parole bourdieusienne en matière de spectacle télévisuel. Dès lors, il faut s’y tenir et ne plus participer à un enregistrement qui ne soit pas en direct et, le cas échéant, ne pas être partenaire d’une telle émission : c’est le cas de Philosophie Magazine. Alexandre Lacroix omet de dire que le candidat avait préalablement donné son accord pour qu’on lui pose la question sur son coming out et que Christophe Hondelatte l’a dit en plateau à plusieurs reprises. Je comprends aussi qu’Hondelatte ait voulu défendre son autorité, son travail et la pérennité du débat mais « l’engagement » et le ton qu’il y a mis n’ont pas servi cet objectif.
Quant au film de Christophe Nick, je l’ai trouvé très effiace et très pertinent tant qu’il se limite à la réactualisation de l’expérience de Milgram dans un cadre de télé-réalité (voir aussi la séquence d’I comme Icare de H. Verneuil dans la vidéo jointe). Ca permet de faire passer le message de notre soumission à l’autorité d’une façon nouvelle. En revanche, dès lors que le documentariste se risque à faire de l’institution télévisuelle un totalitarisme mou, sa démonstration se perd dans un charabia difficile à suivre.
PS : je suis tombé par hasard sur un extrait du jeu de la mort, mais celui de Bruce Lee, c’est autre chose que Chantal Jouanno…






























Pensez vous qu’un équivalent « jeu de la mort »/Internet se justifierait ? (cf les vidéos adolescentes qui font des millions de vues au détriment parfois de leurs auteurs)
L’expérience de Milgram met en relief la soumission à l’autorité.
Refaire cette expérience dans un cadre télévisuel et dire qu’elle met en lumière le pouvoir de ladite télé est un mensonge, une escroquerie intellectuelle. Les caméras et la perspective d’un jeu télévisé exercent un pouvoir qui n’est pas différent de celui asséné par une autre autorité, quelle qu’elle soit.
En la matière, la télévision ne possède aucune spécificité.
Par voie de conséquence, cette émission est une grosse bouse qu’il est inutile de regarder.
Bruce Lee, en revanche, ah oui alors !
Hondelatte, soupe au lait ?
il y a des précedents …
Je crois qu’un débat sur Internet : dictature ou démocratie collective ferait une jolie suite mais attention, je ne ferais pas un docu à charge comme Nick avec la télé, je ferai la thèse et l’anti-thèse et je conclurerais en questionnant la responsabilité individuelle. Et puis surtout, j’éviterais la musique anxiogène…
ce n’est pas la telé qui perturbe les gens ce sont eux qui sont perturber, je regarde la tele depuis toujours j’ai 63 ans et je ne me suis jamais amuse a aler dans des jeux aussi stupide ,j’ai traverser des moments plus que très pénible ou pas mal de stupides internautes n’auraient surement pas résister et je ne me suis jamais trouver dans des situations aussi stupide que celle de ce jeux de débiles , alors messieurs ci vous allez dans ce genre de jeux débile c’est que en vous même vous aviez envie d’essayer ce genre imbécilité
Vous avez raison. En métaphore littéraire, je suivrais presque un chemin allant de « Sa majesté des mouches » aux écrits des Lumières. Ou comment, d’une amorce d’existence sur le net, qui se doit prudente et à tatons, durant laquelle on estime peu à peu les contours de ses « alliés » potentiels, on peut, une fois son identité numérique et le cercle qui l’entoure définis, abandonner cette carapace de défense pour profiter d’une position établie. D’où, selon moi, le jeu ‘mortel’ de ceux qui se lancent tête baissée dans des vidéos fulgurantes à des millions de vues.
Mais il ne s’agit là que de l’opinion peut être erronée d’un spectateur, lui-même, non musicien.
J’adhère assez au commentaire de M.Martin.
J’ai un ami, pourtant d’âge mûr qui a fait les frais d’une approche « Sa majesté des Mouches » du net. Résultat désastreux pour lui, son entourage, et même sa vie professionnelle.
Une fois le mal fait, aucune chance de rattraper les choses. Trop tard pour lui, mais je serais assez pour une émission sur le thème. Un « Parlons net »?
Il me semble qu’on peut donner son accord un jour et le reprendre le lendemain, une fois confronté au dispositif télévisuel. C’est facile pour Hondelatte de poser sa question, ça l’est moins pour le candidat de dire qu’il est gay devant des millions de gens… Entre le placard et le coming-out universel, le droit à la rétraction, ça existe, non;)?
Est-ce que M.David Abiker sera présent à l’émission d’arrêt sur image consacré au documentaire de C.Nick ?
ma petite analyse du panel et le précédent avec Montand sur mon blog pour les curieux
http://elek.over-blog.com/article-m-comme-manipulation-46852971.html
« Justification » de Hondelatte:
« Je n’avais pas envie que ce débat soit un débat anti-télé pour dire les choses. Et je crois que France 2 ne le souhaitait pas non plus, je suis garant de ça aussi. On a les mains dans la cambouis, on fait des compromis tous les jours, mais je ne veux pas qu’on dise à la télé que la télé c’est de la merde du sol au plafond. »
A écouter sur: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2837
J’ai bien senti que vous étiez prêts à balancer une chiée de megawatts au jeu de la Mor Andini et de la Mor Ini-Bosc. Sans rire j’en étais tout accablé de leur connerie.
« Justification » de Hondelatte:
« Je n’avais pas envie que ce débat soit un débat anti-télé pour dire les choses. Et je crois que France 2 ne le souhaitait pas non plus, je suis garant de ça aussi. On a les mains dans la cambouis, on fait des compromis tous les jours, mais je ne veux pas qu’on dise à la télé que la télé c’est de la m… du sol au plafond. »
A écouter sur: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2837
Délicieuse structure en abyme des médias; c’est sur France-Info que j’ai entendu David parler de l’émission de ce soir et du dérapage entre Alexandre Lacroix et Hondelatte,’ai traversé le miroir en regardant l’émission, le débat, avant de me faufiler dans le cyberspace et de vous retrouver.
Ces circonvolutions me donnent, à moi, internaute, auditrice et spectatrice, une illusion d’autonomie, de « V-Effket » Brechtien, j’ai mon libre-arbitre depuis ce matin, j’ai choisi par curiosité de regarder la télévision ce soir-ce que je fais rarement-quoique je ne dédaigne pas Dereck dans Grey’s Anatomie ou quelque énième redif de Ghost- et de regarder le débat en m’orientant sur VOS réactions, David, sachantq ue j’irai ensuite à la recherche de votre blog perdu-et retrouvé.
C’est là, je pense, le souci essentiel, et je le retrouve chez mes élèves de lycée et de collège: ce manque de discernement lié au manque de choix, au formatage, à la pensée unique véhiculée par quelques médias privilégiés…
Cette pensée unique, je l’ai évoqué avec mon fiston de 11 ans, qui, doté de 3 grands-parents allemands et d’une précocité souvent invalidante, me démontrait dès l’âge de 3 ans que, si quelqu’un traversait au rouge il serait « normal » de l’écraser…Ne ous inquiétez pas, il a évolué depuis, mais est toujours pétrifié de terreur devant toute autorité, en particulier devant celle de son père, protestant rigoriste. Le conflit de loyauté que ce père impose à notre petit prince, la première lecture du Journal d’Anne Franck, et les questions, les premières questions: « Dis, maman, la famille de ta maman, en Allemagne, ils étaient tous des résistants, hein? »
Non, mon chéri, pas tous.
Alors je voulais qu’il voit cette émission, et qu’il comprenne pourquoi je suis souvent plus caustique qu’obéissante, pourquoi je lui parle souvent de ses choix, de ses libertés. Et aux élèves, aussi…
Tenez, cher David, mon petit texte sur le film « La rafle », bien intéressant, lui aussi…
« Choisir, c’est apprendre à grandir »…
http://www.terredisrael.com/wordpress/?p=18713
Bien à vous,
Sabine.
Comme tout documentaire, il a ses faiblesses. Cela dit, vouloir mesurer l’autorité télévisuelle est une expérience vraiment intéressante. Il démontre effectivement qu’elle influence nos choix dans le cadre déterminé d’un jeu.
)
Je suis plus intrigué par l’attitude du public en plateau dont aucun membre ne semble lui non plus protester.
Vraiment intéressant de voir l’autorité remise en cause durant le tournage du débat. Je ne l’ai pas regardé, justement parce qu’il n’était pas en direct. Tiens, c’est ça aussi refuser l’autorité : choisir d’éteindre le poste !
)
je souhaitais juste intervenir sur votre blog qui sans aucun doute se devait d’exister pour assouvir votre narcissisme étouffant pour vous signaler que l’on peut être long et inintéressant et vous l’êtes souvent.Je ferai court vous êtes insupportable est ce l’effet systématiquement recherché ?
Je m’interroge sur le choix des invités de Christophe Hondelatte : qu’ont apporté Jean-marc Morandini et Isabelle Morini-Bosc à ce débat ? Pour moi, rien, ils étaient complètement à côté de la plaque, dommage !
T’es pas copain avec Morandini David?
Étonnant…
Bien remis à sa place, j’ai aimé. Beaucoup moins le débat (??) d’Hondelatte par contre. Ça ressemblait au merdier hebdomadaire de Denisot avec Macé-Scaron, Duhamel, Legrand.
Ma mère qui t’adorait à ASI t’embrasse
J’ai trouvé vraiment super l’intervention d’Alexandre LACROIX dans le débat : calme, posé, précis dans ses analyses.
Bravo!
D’accord avec Korkos…Pourquoi me suis je laissée aller à regarder cette émission..plutôt qu’aller finir mon bouquin de Craig Davidson ?!?! .mais puisque je l’ai fait… Je reste perplexe sur le fait qu’on ait pu manipuler des malheureux prêts à tout pour se montrer à la « télé » (mais ils n’ont rien d’autre à faire?) en espérant prouver ou démontrer un quelconque pouvoir de la télé (bon sang, ce n’est quand même pas tout le monde qui a envie de se montrer à l’écran dans des situations de figurants où il n’y a, en plus, rien à gagner! (ça dépasse l’entendement!) – ; je trouve ce documentaire(?), film(?) aussi indécent que la téléréalité, aussi bidon, aussi méprisant pour les participants. Bref, rien de nouveau sous le soleil cathodique ou numérique..(d’accord avec David sur toute la ligne et merci pour ses honnêtes et brillantes interventions)
Oh!
Ah! oui… pas d’accord sur un seul point avec David; la musique de Purcell n’est pas anxiogène, elle est seulement déplacée dans ce cadre… Elle est célébration de ce qui nous attend tous… la vraie réalité, en somme !
Le documentaire et l’émission qui s’ensuit devrait faire son auto critique dans la mesure où les participants sont manipulés et jetés en pâture aux biens pensants pour les besoins de la (bonne) cause et de la télé exactement de la même manière.
Il y a un aspect qui n’est pas abordé dans le documentaire c’est le caractère ou plutôt ce qu’on appelle la force de caractère c’est à dire la capacité à dire NON d’un point de vu émotionnel et non pas seulement cérébrale. Tous les participants ont envie de dire NON mais une partie seulement sont capables de dire NON c’est à dire en ont la force de caractère ou « le courage ». Je ne pense pas que cela soit seulement le fruit d’une réflexion comme ont pu le dire les philosophes mais aussi d’une force émotionnel. Combien de fois n’a-t-on pas osé dire non au quotidien par convenance social, « pour ne pas froisser autrui »?
Par ailleurs les observateurs n’appuient pas assez sur la cascade d’engagement qui conduit les cobayes à se retrouver dans cette situation là, être capable de se remettre en cause d’accepter d’être faillible de s’est trompé c’est ce qui permet de mettre fin au processus dans lequel ils se sont engagés et dans lesquels nous pouvons nous retrouver engagé.
Il manquait au film une analyse plus poussée du profil des candidats. Démontrer le pouvoir de la télé est à mon avis moins intéressant que de se demander ce qui fait que certains y résistent et d’autres pas… le sujet n’a été qu’effleuré.
Après avoir vu ce film, je pense que tout le monde se pose la question « et moi qu’aurais-je fait ? » et la soirée manquait cruellement de clefs de décryptage.
Je découvre ce documentaire et votre intervention, M Abiker et vous remercie pour les propos que vous avez essayé de tenir. Ce ne sera pas de la flagornerie que de vous dire que vous avez apporté un argumentaire qui aurait gagné à être davantage développé et repris par vos détracteurs.
En ce qui me concerne, ce n’est pas tant la télé que je vise, je la regarde parfois, et je trouve des émissions formidables.
Mais bon, si ce n’est malheureusement plus un topos mais/ou de la condescendance de dire que « je suis souvent dépité et décontenancé par ces quantités d’émissions débilisantes exaltant et encourageant le plaisir, la facilité, la superficialité » (ce qui est encore acceptable tant que la simplicité ne nous fait pas avaler des couleuvres), je reste malgré tout encore plus affligé, aterré de constater ce dont est encore capable la majorité des hommes (60 à 80% de torturer, tuer !) alors qu’il est sensé être devenu plus sage !
Cela aura été même mesquin qu’on ait proposé que 20000 € !
Ce n’est pas tant la télévision qui m’inquiète, en fin de comptes… mais bien l’homme ! Avant, je vomissais d’être de la même espèce que les tortionnaires qu’on ne doit pas citer (car c’est dangereux de les banaliser et les citer à tort et à travers), avec ce reportage, cela confirme encore ce que je craignais : ces actes ne sont pas forcément le fait d’une minorité…
Enfin, je demeure optimiste, car avec moins d’oppression, avec un peu de liberté pour apprendre à voir plus loin que les évidences, on arrive encore à dire non et s’affranchir des « ordres », usages et coutumes…
Je suis entièrement d’accord avec Alain Korkos. Pour moi, la transposition de l’expérience de Milgram dans le cadre d’un jeu télévisé n’est absolument pas convaincante. L’animatrice Tania Young y est d’ailleurs pour beaucoup, répétant à la manière monocorde d’un automate des phrases figées et absurdes (« Vous devez continuer », « le jeu exige que vous continuiez », « ne vous laissez pas impressionner », etc.), de même que le public complice, parfaitement mécanique et béat. Comment peut-on être dupe de cette pseudo- »autorité » ? Par ailleurs, tout le monde se prend beaucoup trop au sérieux pendant ce jeu : c’est complètement invraisemblable. Ce ne sont pas les candidats qui ont été testés lors de cette émission, mais bel et bien les téléspectateurs, pris une fois de plus pour des idiots.
Diffuser « I comme Icare » eût été bien plus pédagogique.
Tout de même, s’abaisser jusqu’à débattre avec Morandini, ça prouve bien que la télé a un pouvoir de coercition énorme.
Bonjour David,
J’ai apprécié vos interventions, et tout particulièrement lorsque vous avez mouché Morandini, qui ne manquait pas de couper la parole pour ne rien apporter au débat !
Satires amusées sur le sujet sur :
http://douillon.canalblog.com/
Bons Sourires
JEAN PATRICK
La responsabilité individuelle est certainement en cause. Mais le point de départ c’est un abus de pouvoir. Que les participants devraient démasquer, et qu’ils ne voient pas, la faute à l’autorité. L’autorité s’est construite sur une confiance que l’individu a accordé, soit d’emblée grâce à des subterfuges (uniforme, etc., plus nets dans l’expérience de Milgram) soit par l’expérience (c’est plus le cas de l’autorité de la « télé » montré ici, qui peut soupçonner qu’une émission de télé torture à mort des participants, a priori?).
Les gens impliqués dans l’expérience télé sont dans de l’inédit, l’esprit critique n’est pas en éveil car la télé n’est pas perçue comme malveillante a priori par des participants qui s’inscrivent à un jeu. Est-ce cela qu’il faut changer? Est-ce la finalité de l’émission? Casser la confiance? Moi je trouve qu’elle est normale cette confiance, ce qui est socialement pathologique c’est d’en profiter outrageusement.
Pour certains participants au débat, il s’agissait de parler de l’effet sur le téléspectateur (Claude Almos qui dit que les ados trouvent dans le spectacle de la télé réalité une initiation à la perversité qui va guider leur comportement dans leur vie) mais l’expérience présentée ne démontre rien de tel… Pour dire que le débat n’était pas cadré.
Cette émission, qui semble se vouloir une mise en garde, n’est pas très convaincante car tout est mélangé, c’est brouillon. De la télé qui ne nous manipule pas mais sème la confusion dans nos têtes. Ça finit par être nocif aussi : la télé soap, avec des ingrédients moulinés ou la télé réalité, what is the pire and the meilleur? Le meilleur c’est que le téléspectateur voit tout, sait tout, et n’est jamais aussi dupe qu’on le croit intellectuellement.
Le problème c’est notre inconscient, que n’encaisse-t-il pas, le pauvre, si vulnérable.
poisson (dans le sens poisseux, collante, qui déboule par ici)
Je voulais absoulument regarder hier soir documentaire et débat sur « le jeu de la mort », jeu fictif qui aurait pû décourager les participants dès la signature du contrat lorsqu’on leur révélait en amont la nature de la punition réservée au candidat répondant mal à une question::::: Je peux affirmer sans conteste qu’à ce moment, j’aurais décliné toute implication dans ce genre d’aventure télévisuelle:::immédiatement mes pensées se seraient tournées vers orwell, l’Algérie, la torture etc::: Ce que ne dit pas le reportage c’est le nombre de personnes qui ont refusé de signer le contrat avant de se lancer dans cette expérience::: le courage et le refus d’obéir se situaient précisément là ::::: l’image du comédien venant consoler le candidat qui se révolte et quitte le jeu juste avant de délivrer une décharge de 300 volts me révulse::: »vous avez été courageuse » dit le faux candidat qui a hurlé plus que de raison pour qu’on arrête de l’électrocuter:::: point de courage ici, il me semble:::le courage et le refus d’obéir n’existait, à mon sens qu’ en amont:::::Encore une fois, je serais curieuse de connaître le pourcentage de personnes sélectionnées dans ce panel qui a refusé de signer::: une information importante qui aurait changé la donne, sans aucun doute::::
Il reste heureusement dans le PAF des types brillants comme vous, Eric Zemmour et Naulleau pour justifier son existence et contrebalancer la lucrative nullité des Morandini, Arthur, Fogiel, Castaldi et consorts
Connaissez vous le travail d’Alice Miller qui à montré comme cette obéissance vient de l’enfance ou l’on apprend depuis notre naissance (et même avant) à obéir à nos parents parce qu’on en a besoin pour survivre, ce qui nous apprend à obéir ensuite a toute autorité rappelant les parents.
http://alice-miller.com/index_fr.php
Son livre « c’est pour ton bien » sur le nazisme qui est la reproduction de l’éducation extrémement stricte des enfants devenus adultes à cette époque est très intéressant, malheureusement, les médias et la société en général se contentent de montrer comme dans ces expériences les effets de l’obéissance sans en rechercher les causes, sans vouloir savoir d’ou ça vient par peur d’accuser les parents qu’il était interdit d’accuser pour l’enfant que nous étions sans risquer d’en mourir en étant privés de notre seul moyen de survie.
Cher David, chers tous
Je suis ressorti de cette émission avec une impression bizarre. J’avais bien compris que le débat avait été nettoyé au montage mais je n’avais pas encore lu ce Libération qui était resté dans ma boîte aux lettres.
Le film :
Dramatisant à fond, effets de zoom lents, musique inquiétante et pour le coup pas vraiment originale (avec un tel budget il était trop cher de faire composer un petit quelque chose ?), voix off grave et lourde, omniprésente…le dispositif était pour le moins épais et fatigant, mais bon, un documentaire est aussi un point de vue d’auteur, donc pourquoi pas.
Les scientifiques sont me semble-t-il tout aussi lourdement mis en scène.
Installés dans un bâtiment d’architecte aux lignes épurées (dont je doute qu’il soit leur siège réel, où alors le dire), portent le beau rôle de la caution scientifique irrévocable. Mais ce qui fonderait leur légitimité n’est pas soumise au spectateur, on ne sait pas vraiment qui sont ces gens, pourquoi sont-ils rassemblés là, quels sont leurs buts, font-ils partie d’un laboratoire de recherche, d’une institution ? etc….
Ils sont bien plus que l’habituel interviewé à qui on demande de donner son éclairage, posé à son bureau et sur fond de bibliothèque.
On les voit dans cet antre, en coulisses du plateau, ils sont partout tout le temps. Ils sont le fil rouge-caution scientifique et les porteurs du message engagé de l’auteur de ce film. Le dispositif alourdit considérablement cette caution. Le bâtiment, mais aussi la lumière, cette ambiance nocturne, le parti pris esthétique de la photo, jusqu’aux images du jeu projetées dans le décor de manière presque oppressante). Je n’ai pu m’empêcher de mettre en doute cette caution faute de légitimité évidente (et on sait que ce mot est important dans cette soirée).
Autre fil rouge est cette animatrice TV dont le point de vue est passé sous silence. Je m’explique :
Elle joue un rôle sur le plateau, celui qu’on lui a donné, le même que celui du scientifique qui donne les consignes dans l’expérience de Milgram. Elle est utilisée pour l’esthétique de ce qu’elle représente, la belle animatrice de télévision dotée d’un super-pouvoir (le plateau, le public, les caméras, la lumière…) et qui va dévoyer le candidat en lui mettant une pression folle. Cette expérience montre que sans elle les candidats n’iraient jamais aussi loin.
Cantonnée dans ce rôle, elle n’est pas mise à contribution pour le reste du film à part celui d’écouter les conclusions-vérités qu’assènera le vieux chercheur barbu à la fin.
Sauf erreur de ma part, nous n’entendrons pas son point de vue, elle ne donnera pas son impression et son vécu du jeu, ni expliquer pourquoi on lui a demandé de rabâcher sans cesse les mêmes phrases répétitives comme un robot, pourquoi elle parait si tendue, pourquoi ce dispositif « scientifique » ne lui laisse aucune initiative, etc.
Je la trouve donc malheureusement réduite à un rôle de potiche.
Elle n’est même pas conviée sur le plateau…
Pas de doutes possibles, nous sommes bien à la télévision.
Dans la construction du film, on ne comprend pas clairement que c’est un pilote de jeu, il y a confusion entre le fait que le faux producteur présente le jeu sans enjeux et le début du jeu où on apprend qu’il y a (aurait) 1 million d’euros à gagner.
Autre point gênant, la réalisation du jeu est sacrifiée à la réalisation du film. Je veux dire par là qu’au début, en voyant cette image télé (avec sa netteté outrancière, ses couleurs saturées de bleu) je me suis attendu à une vraie émission dans son rendu (graphique, rythmique, cadrages…) dans laquelle le film s’inviterait par un parti pris esthétique différencié.
Gilles Amado que l’on voit à l’œuvre dans la régie (et qui est lui-même mis en scène), n’est-il pas un grand réalisateur de télévision ?
Las, les deux «programmes» était entremêlés et cela m’a gêné, alors que le cumul entre l’immersion dans l’image télé et la prise de recul documentaire aurait pu avoir une force supplémentaire et donner un surplus de crédibilité. Je finis là dessus en disant que Gilles Amado est crédité au générique en réalisateur aux côtés de Christophe Nick, alors que pour moi il a joué un rôle d’acteur. C’est certainement une histoire de droits par rapport à son travail de réalisateur du plateau, mais cette réalisation est tronquée dans le film et qui plus est, cette émission est une fiction, il est donc comédien.
Tiens revoici un vieux débat… mais je le dis haut et fort : oui un documentariste peut fictionnaliser un film documentaire, pour peu qu’il serve son point de vue, et ce même s’il ne représente pas vraiment la réalité, car qu’est-ce donc un point de vue sinon une déformation de la réalité ?
Fermez la parenthèse.
Pour le positif, le début avec la parallèle entre les images actuelles et les images de Milgram est intéressant, dommage qu’il ne perdure pas plus longtemps.
Pour finir sur le film, le côté «dénouement» du candidat, pardon, de la victime (on le sort du plateau et donc de son cauchemar, on lui révèle la supercherie, on recueille sa réaction à chaud alors qu’il est sous le coup d’une émotion intense…) me rappelle le dispositif d’une bien mauvaise caméra cachée.
On vous a fait croire que vous avez infligé un réel supplice à un innocent par des techniques comportementales basiques (l’inoculation par le faux producteur, le contrat, la persévérance du candidat dans son engagement, le dispositif technique et scénique…), c’est donc un peu la honte d’atterrir d’un coup devant tout le monde, devant une telle machination.
Le meilleur moyen de s’en sortir mentalement est de se laisser convaincre par les personnes et le comédien qui viennent vous «désamorcer» à la fin que tout cela n’était qu’une expérience scientifique, pour la bonne cause.
Christophe Nick ne cessera de se justifier en plateau pour essayer d’aplanir les répercussions psychologiques de ce jeu sur ces candidats-cobayes. Il n’empêche. Une épreuve comme celle-ci laisse des traces, comme l’a suggéré à demi-mots le candidat «460 volts». En saura-t-on plus ?
Justement, voyons maintenant ce fameux «débat» :
Pour commencer, quelle est cette émission qui se permet de reprendre en plateau avant la fin du générique ?
Aucun respect pour le personnel, désolé de le dire, même si le générique de fin de la soirée semble reprendre le tout, c’est pour moi le symptôme que ce plateau est à prendre comme partie du film…le confusion règne.
Ensuite, posons-nous encore quelques questions…auxquelles je me bornerai à ne pas répondre :
-Pourquoi Christophe Ondelatte et ses sourires forcés ?
-Pourquoi pas un direct ?
-Pourquoi ce montage partisan visant à réduire toute polémique ? (et surtout le coup de sang de l’animateur, pris sur le fait d’autoritarisme télévisuel et de violence verbale)
-Pourquoi cette caricature de décor sur fond de mire de barre et de répétition d’écrans tout autour des invités ?
-Pourquoi Ondelatte est-il mieux éclairé et mis en valeur que les autres invités ? (et je pèse mes mots)
-Pourquoi Morandini ?
-Pourquoi Tania Young est-elle absente ?
-et où sont donc ces fameux chercheurs ?
-et où sont les spécialistes en psycho-socio ?
-Et Géraldine Muhlman, a-t-on entendu tout ce qu’elle avait à dire ?
-Et Abiker, n’aurait-il pas mieux fait de se lever et partir ?
-Ce candidat «460 volts», s’est-il senti contraint de rester sur ce plateau comme il s’est senti contraint d’infliger ces décharges ?
Désolé Debord avait raison, pas de débat sans direct, c’est une base.
Quelle bonne démonstration, c’est la télévision qui se mord la queue et se donne bonne conscience.
Je dirais même plus, c’est le service public qui s’achète une conduite :
«Nous n’avons plus de pub alors l’audience on s’en fout, la chaîne généraliste de qualité, c’est nous !»
Foutaises.
L’audience règne en maître, comme toujours, rien n’a changé.
Il ne s’agit là de rien de plus qu’un baroud d’honneur avant le changement de dirigeants à France télévision, et d’un coup pour vendre DVDs et bouquins…
Tout pour ne pas parler de ce qui se passe vraiment dans cette société et dont la télévision n’est qu’un pâle reflet bleuté.
Bon j’arrête, faut que j’aille bosser…
Bonne journée et merci de m’avoir lu jusqu’au bout.
Plusieurs questions me trottent dans la tête:
- quel serait le résultat de l’expérience si la personne qui reçoit les décharges électriques était une femme? Serions-nous toujours à 81 % de candidats qui vont jusqu’au bout de l’expérience?
- quel est le ressenti du public? Pas une seule personne ne donne son approche du jeu en tant que spectateur sur le plateau…
- le débat: on retrouve les enjeux de consentement (contrat et contrainte) / domination / aliénation….
- Quant au forcing du sujet sur l’outing de l’homosexualité d’un des candidats: le rapprochement orientation sexuelle / infliger des punitions (sous la forme d’impulsions électriques)me gène profondément dans le contexte des échanges. Le sous-entendu de la perversion n’est pas loin….bcp pourrait se dire: « Ah ouai, pas étonnant qu’il fasse cela, vu qu’il est pervers! » (et encore je reste poli dans le choix des termes!). le contexte du débat est vraiment en terrain glissant…
- Enfin sur les candidats en général: quel est leur suivi après le tournage? Certain-e-s semblent dans un profond malaise, comment vont-ils par la suite vivre (seuls) cette expérience?
Lorsque le sujet de la qualité du média télé est au centre des débats, il est toujours étonnant que seules les chaînes qui font le plus d’audience soient les seules évoqués (mais en fait est-ce finalement vraiment étonnant?). Rien sur la qualité (et la liberté) d’ARTE (Oui vivons curieux!) ni de France 5 pour ne citer qu’elles. Cela me rappelle le nombrilisme télévisuel de la remise des « 7 d’or » qui ne gratifiait (très majoritairement)le petit écran qu’en fonction de l’audience des programmes. Triste constat!
Je tenais juste à vous remercier pour l’éclairage intéressant que vous avez apporté lors de l’émission diffusée hier soir. C’est bien la seule chose qui m’a permis de tenir devant la télé après le docu. Ce débat n’a, il me semble, pas du tout été à la hauteur. Entre les interventions pour ne rien dire(Merci M. Morandini) et les différents protagonistes se coupant la parole sans s’écouter (en premier lieu le présentateur), on n’a rien appris de plus.
C’est très dommageable car beaucoup de sujets auraient pu être développés à la suite d’un tel film.
Surement trop long pour une émission d’1h…
J’aurai aimé entendre parler de l’obéissance en règle générale dans la société avec ces dérives dans certaines entreprises françaises, ou du pouvoir de propagande des médias sur les populations (exemple avec les appels radiophoniques menant aux génocides rwandais).
Bref, on reste sur sa faim…et on en vient à regretter encore plus la disparition d’Arrêt Sur Images qui, je suis sur, se serait régalé à la suite de cette émission.
En ce qui me concerne, ce qui me pose probleme lors de cette soirée de mise en accusation de la télé réalité, c’est que j’ai quand meme la sensation que France television derriere cette mise en accusation, a fini par elle même faire de la « télé sensation »
Meme si chacun se rend bien compte qu’il y a un pas enorme entre les executeurs de la solution finale et ces candidats ayant cru infliger ces chatiments physiques, Le documentaire n’en laisse pas moins l’idée que ces candidats « ne valent pas mieux » que les nazis (attention, je precise bien ici que ce n’est pas ce que je penses apres le visionnage de ce documentaire, mais bien l’idée qu’il laisse !)
En faisant le procés de ces emission humiliante, Christophe Nick et France Television ont humiliés publiquement ces candidats. Pourquoi ne pas les avoir floutés ??
Ce documentaire a clairement viré du côté de la tv rélaité même si certains aspect de ce program étaient interessant et instructifs.
Monsieur,
Dommage qu’on vous ait fait débattre avec une XXXX et un YYYYY !
Plus sérieusement, j’aimerais connaître votre opinion sur la question suivante: ne croyez-vous pas que l’expérience souffrait d’un problème méthodologique flagrant. Le pouvoir de la télé s’exerçait sur des candidats placés en situation très nouvelle et inhabituelle (sur un plateau télé avec, en plus, le rôle de « maître de jeu ») et devant prendre des décisions cruciales sans temps de réflexion. Ce n’est pas de cette façon que nous recevons l’influence de la télé dans la vie de tous les jours…
Bonjour David,
J’ai suivi l’émission avec beaucoup d’intérêt, mais malheureusement en cours de route.
J’ai écouté avec plaisir et attention l’ensemble des analyses et des débats proposés. Je me suis demandée si la question de l’appât du gain avait été évoqué ? Il me semble qu’en dehors du phénomène d’agentisation, parfaitement expliqué, le gain proposé au candidat n’était pas si ridicule. Suis-je la seule à avoir été troublée ?
Bonjour M. Abiker
La question qui revient est : peut on critiquer la TV à la TV ?
La réponse est évidemment non.
Je trouve votre papier bien écrit, et que votre intervention dans le débat d’hier soir était de loin la plus pertinente. Je m’interroge cependant sur la présence de M. Morandini : un des initiateurs de la TV poubelle en France, avec son émission racoleuse « Tout est possible ». Mais il est vrai qu’il se refait actuellement une virginité en se faisant passer pour un critique de la TV, alors que son émission n’est que racolage et colportage…
Pour en revenir à la question « peut on critiquer la TV à la TV ? », vous-même remettez en cause le documentaire dans cette conclusion là. Je me demande alors si le fait que vous être un « ancien » de la TV vous empêche de faire cette critique. Vous parlez de la « parole bourdieusienne » : il est vrai qu’en terme de critique de la TV, P. Bourdieu n’y est pas allé avec le dos de la cuillère.
Je prendrai plutôt comme exemple des documentaires de Pierre Carles, « Pas vu, pas pris » ou « Enfin pris ». Le terme « parole bourdieusienne » prend alors tout son sens. Pierre Carles montre que tout ne peut pas être dit (ou montrer) à la TV, surtout lorsqu’il s’agit de critique. Quelques exemples notoires :
- censure d’un documentaire de P. Carles sur Canal +
- censure du reportage de la fausse interview de Castro par PPDA sur Antenne 2, puis diffusion, mais P. Carles est viré !
- Daniel Schneiderman qui change les règles de Arrêt sur Image en fonction de l’invité. Cf comparaison entre le traitement de Jean-Marie Messier et Pierre Bourdieu.
Et cette critique bourdieusienne, a fait l’objet de contre-critique par les gens de TV. Tout cela est également une histoire de domination, car ce sont les dirigeants, les producteurs, les diffuseurs qui décident ce qui peut (doit) être diffusés.
Pour en revenir à l’émission d’hier soir.
Tout m’a paru bien claire : le décor, l’animatrice, le public symbolisaient pour les candidats le TV et le pouvoir de persuasion qu’elle a sur nous. Et ce sont bien les injonctions répétées et de plus en plus violentes de l’animatrice qui incitaient les candidats à continuer. Donc, il apparaît que la TV à un réel pouvoir. Car si ce n’était pas le cas, il faudrait m’expliquer pourquoi les publicitaires (qui ne sont pas des philanthropes) dépenseraient des sommes aussi folles alors que ça ne servirait à rien ? Nos cerveaux ne seraient-ils pas aussi disponibles que cela pour les sodas ?
Dernières remarques : je ne comprends pas le terme de « totalitarisme mou » que vous utilisez. Si on fait le parallèle avec les conclusions de l’expérience de Milgram, ce dernier disait que dans une société libre et démocratique (et non totalitaire) deux tiers de la population pouvaient obéir à n’importe quel ordre.
Malgré tous, bon papier et bonne intervention hier soir.
Cordialement
Gauthier
Pardonnez moi, mais quand on pose la question en trin et qu’avant la fin de la ligne, on y ajoute un « évidemment », j’ai du mal à attaquer la lecture de ce qui suit. J’ai lu Bourdieu à 18 ans, j’admire, j’aime, mais je n’ai pas signé 15 ans…
Pas suffisamment mouché le Morandini. Dommage.
Quand on se souvient de ce qu’il a osé faire à la télé, on a du mal à comprendre qu’il la ramène encore.
Bravo de ne pas l’avoir laissé vous couper la parole.
david,
j’ai regardé hier soir l’expérience et le débat qui en a suivi.
bravo, je vous ai trouvé trés bon façe aux attaques et arguments banals et vides de morandini et de sa consoeur, et le tout avec une pointe d’autorité et d’humour,
quoiqu’il en soit, l’intérêt de cette émission réside, à mon sens, dans la réussite d’une matérialisation de l’autorité sur un plateau télé, avec des candidats que nous pouvons tous être, une présentatrice qui agissait sans sentiments,
il y avait dans l’attitude de tania young le même rapport d’autorité envers son producteur qu’il pouvait y avoir entre elle et son candidat,
Bravo pour votre prestation d’hier soir et la clarté de vos propos et de votre analyse ! Merci !
@David Baiker «Je ne suis pas sûr que vous verrez un jour les images de cette scène»
Et bien, Remedia2010 a reconstitué la scène…
En l’absence d’image d’origine (caméras coupées…) c’est une manière de « rendre compte » subjectivement.
http://www.youtube.com/watch?v=WO8KMSc5hp4
commentaires bienvenues sur cette version !!
Bonjour,
« Bomorrr… Cut Top ! »
VRABO !!!
Alexandre Lacroix est allé se plaindre sur le blog du psychanalyste (mais aussi son copain…) Karim Sarroub
http://karimsarroub.blog.lemonde.fr/
je viens de parcourir le blog de karim sarroub, je vous invite à aller jeter un oeil, vous ne serez pas déçus.
Regardez plutôt les autres articles, pas seulement celui sur le jeu de la mort.
Expérience : on n’a donc pas toutes les données, ce n’est pas scientifique, pas une expérience, juste un jeu qui joue à jouer à l’expérience. (un pourcentage est fondé si l’échantillon est d’au moins 800 à 1000 individus, selon les variations recherchées H/F, âge, domicile, diplômes, etc.)
Ce qui peut être scientifique, c’est l’entretien individuel, en conditions neutres, analysé, et comparé. Rien de tout ça.
On est dans le jeu du jeu de la mort, et aucune conclusion n’est valide.
Pour le débat, beaucoup de choses ont été dites. Ce qui laisse la place à l’écrit, pour les uns et les autres, et donne de l’air à la presse (Libé, Télérama, et même Philosophie magazine, pas neutre dans l’affaire : « la télé, mieux vaut ne pas la regarder… »).
et si, comme vous le suggérez, dans la reprise de la séquence oui-non au C.O., on le transcrivait intégralement ? On aurait peut-être une autre vision des visionneurs de téléviseurs ?
Ils se connaissent apparemment depuis longtemps, ils avaient crée une revue ensemble
http://www.entrevues.org/revue_extrait.php?id=2099
http://www.alexandrelacroix.com/contacts.htm
Scandaleux!
Le contrat n’est pas valide pour cause de dol, viciant leur consentement. Il ne s’agissait pas d’un jeu de télé-réalité mais d’une expérience pseudo-scientifique dont les candidats étaient les cobayes, pour finir affublés d’une image (prétendument partagée) de nazi en puissance. Scandaleux! Ils doivent faire un procès et se faire payer le fric qu’ils auraient dû gagner s’il s’était agi d’un vrai jeu !! Pourquoi personne ne s’insurge contre la première flagrante injustice, avec toutes les preuves matérielles disponibles, déroulée sous les yeux de 14% de parts de marché! Honteux.
Et personne ne va leur dire!!!! Non, on fait semblant de regarder poliment cette télévision toute-puissante faire sa soit-disante auto-critique pour nous détourner du guet apens, pire le normaliser, le banaliser. Le monsieur aux 460 volts n’avait pas l’air très à l’aise ; peut-être a-t-il survécu à la fraude très réelle dont il a fait l’objet et tenté de ne pas bousiller en plus son droit à la vie privée! Enfin c’est dingue. Et c’est leur consentement que l’on juge impunément après l’avoir vicié! Quelle perversité! Qui sont donc les tortionnaires? Qui est objectivement victime dans cette affaire?
Vu le soin avec lequel on dédouane les candidats à l’antenne, les avocats de la production ne devaient pas être très rassurés…
Sur le fond
La question n’est pas de se demander si la télé peut faire faire des horreurs à de pauvres gens, il suffit de constater que le jeu a eu lieu. Même « pour de faux », c’est bien le propre de la télévision.
En vérité, elle a déjà fait pire : en piégeant ces candidats juste pour prouver qu’elle peut les pousser à ces extremités! Sous nos yeux ahuris de téléspectateurs qui croient à une étude scientifique plus que douteuse. Car si l’autorité illégitime de la télévision est tolérée par les candidats, seule l’autorité scientifique dont se pare cette émission nous fait rater la cible réelle de nos critiques. Réveillons-nous! La Télévision se moque de nous, elle menace! Elle nous dit qu’elle peut nous faire occulter même ce que nous voyons et vilipendons! Tantôt sujet, tantôt objet, toute puissante, elle s’enroule dans la critique : nous sommes les derniers candidats piégés. Peut-elle nous rendre nazis? Elle nous ment pour le prouver. Mieux encore, elle en fabrique à l’image pour qu’on croie que cela ne se produira jamais réellement, que ce sera toujours sans conséquence ou qu’elle avait prévenue. L’affront à notre esprit critique est total, son pouvoir d’illusion aussi ; et demain, le prochain jeu de télé-réalité s’appellera Shutter Island.
Car le but de la Télévision n’est pas de tuer quelqu’un dans la souffrance extreme, mais d’assurer sa toute-puissance sur nos esprits. La télévision gouverne l’adhésion et la critique. Voilà ce que prouve ce programme : l’autorité est subsidiaire, ce n’est pas seulement notre soumission qu’elle recherche mais toutes les formes de notre consentement : « cochez, signez, applaudissez, critiquez ; merci, dès lors je ne meurs pas car, du bout du tunnel, je vous aveugle ». Il s’agissait de la mise en abîme du processus d’auto-légitimation de la Bête Média. Manipulation de candidats, corruption morale, agentisation, culpabilisation : tant de moyens utilisés pour convaincre de la médiocrité des candidats-téléspectateurs (on rajoute en temps normal voyeurisme, appât du gain, appel à dénonciation, calomnie…) qui servent à masquer la manipulation principale : notre consentement permanent quelle que soit sa forme à l’imprégnation d’un système de valeurs auto-légitimant son activité perverse de transgression. La Télévision ne se veut que le reflet de la société? Les horreurs sont-elles offertes parce que la demande est trop forte ? Toute auto-critique des médias vise en biais la critique du télespectateur. Tant que l’on n’a pas compris qu’adhérer à cet état de fait, c’est-à-dire ne pas anéantir ce schéma, conduira à toutes les transgressions auto-légitimées par la « démocratisation de l’audimat », on subira le joug de notre faux consentement seul reconnu par les médias puisque conditionnant leur survie.
Le jeu de la mort, c’est la thèse du meurtre, l’antithèse du suicide, et la victime est toujours notre esprit critique des médias ! Juger la Télévision est le piège dans lequel elle veut nous enfermer : toute critique des medias sur le plan moral est renvoyée à l’auto-critique de chacun de ses consommateurs. Comme si les médias étaient une institution tellement libre et naturelle, livrée à elle-même ou à nous-mêmes ; comme si les télespectateurs devaient accepter les extremités auxquelles pousse la recherche de l’audimat, calqué sur les pulsions animales et inconscientes des AUTEURS DES PROGRAMMES bien avant de devenir celles des télespectateurs! La poutre est dans l’OEIL des medias qui nous projettent une paille grossière et la projection l’ultime moyen de défense du manipulateur.
Je trouve étonnant de voir à quel point les candidats qui « n’obéissaient » pas étaient affublés de jugements moraux comme « courageux ».
Je ne vois dans cette nouvelle version de l’expérience de Milgram que la recherche d’un point de rupture entre la morale ou l’empathie et le sentiment de devoir.
J’ai trouvé cette émission bien intéressante avec en prime la jubilation de vous voir moucher Jean Marc Morandini avec le brio qui vous caractérise.
Encore Bravo.
Cher D.A.,
J’adore vous écouter tous les matins sur France Info avec votre confrère Nicolas Poincare dès 7h20; Vous apportez ensemble de la fraicheur et un supplément de dynamisme à une radio qui, à mon humble avis en manquait terriblement depuis quelques temps. Cette radio était en perte de vitesse, à la recherche d’un 2nd souffle et d’une nouvelle identité et je trouve que la nouvelle orientation et stratégie de la radio est une bonne chose (je suis un inconditionnel de France Info depuis que je suis enfant).
Concernant le débat de mercredi, j’ai trouvé le spectacle désolant. Le montage était très mauvais, décousu; le thème du débat n’a été que trop peu exploité. (trop d’intervenant sur le plateau).
J’ai bien aimé votre référence à « arrêt sur image » en introduction. Votre face 2 face avec Morrandinie manquait de matière. La faute au format de l’émission (pas en direct et sur un format 50min);
Plein d’intervenants aux discours différents (Géraldine Muhlmann: elle est trop classe dans ses déclarations; je l’écoute sur RTL de temps en temps, elle est génial!).
Concernant Lacroix, il n’a pas tord quand il dit que la TV manque d’intérêt (pour faire court).
Le pouvoir que peut avoir la télévision sur la poignée d’inadaptés sociaux qui participent aux émissions de télé-réalité n’est pas un sujet bien passionnant. Si l’on veut parler de pouvoir de la télé, il faut se pencher sur l’influence quelle exerce sur les téléspectateurs. Voilà qui serait passionnant.
Tout comme il me semblerait intéressant d’analyser pourquoi cette influence de la télévision est sous estimée alors que celle d’Internet est à ce point gonflée ?
Je n’ai pas regardé l’émission et je m’en félicite.
J’ai trouvé ce documentaire et le débat qui le suivait méritants.
Le b-a-ba d’un questionnement intellectuel honnête, qui implique donc qu’on y applique toujours un aspect circonspect, a fait que j’ai pu émettre quelques réserves ici ou là.
Mais j’ai surtout déploré qu’on passe sous silence le film Icare de Verneuil, parce qu’il date déjà et que son omission escamote le fait par conséquent que toute volonté pédagogique ( car là il y en a partout )semble dans nos sociétés vouée à l’échec, au DESIR PUISSANT d’amnésie collective. Il y a un échec de la culture,initié essentiellement – et même si ce n’est pas la seule cause – par le monde de l’argent-roi et voué de façon perverse à son entretien débilitant. Il y a là un véritable tabou, d’importance capitale.
A ce sujet – ce n’est qu’un exemple qui me vient à l’esprit – Antonin Artaud a eu beau s’échiner à remettre en cause la pratique du théâtre, ses efforts ont eu beau atteindre beaucoup de notoriété,… le théâtre, en gros, reste ce qu’il était avant Artaud, un spectacle bourgeois. Et, dans tous les domaines de la culture, le tout à l’avenant !
» La crevaison pour le monde qui va. En avant, route » ( A. Rimbaud – Démocratie ).
Merci d’être intervenu de manière pertinente pour dénoncer le raccourci incongru entre l’expérience menée et l’hypothétique totalitarisme télévisuel.
En revanche, je trouve qu’à un autre moment dans le débat, un lien plus fort entre la télévision et le problème de l’obéissance-adhésion aveugle aurait pu être fait. Lorsqu’il a été question de la différence entre chaînes publiques et privées, il a été dit que ces dernières étaient confrontées à des enjeux commerciaux et d’audience justifiant une attitude mois regardante vis à vis des contenus. Il s’agit donc d’une adaptation à un système et à des règles qui justifie le mépris de la morale… n’était-ce pas précisément le sujet de l’expérience?
Consternant ! du documentaire ou du débat, je ne sais lequel était le plus attristant ?
Malhonnête un dispositif qui livre en pâture aux téléspectateurs des cobayes tétanisés par le fait d’être sur un plateau de télé et qui sont prêts à torturer. Doit t on s’en étonner puisqu’ils avaient accepté sans broncher le principe d’un « jeu » consistant à administrer des volts en guise de punition ! (Comme l’a très justement fait remarquer pendant le débat Claude Almos, beaucoup de choses se jouaient là, dans le bureau du producteur; je serai curieuse de savoir si des personnes ont, en apprenant la nature du châtiment, refusé d’aller plus loin).J’aurais aussi aimé connaître les critères de sélection des cobayes. On nous a assuré qu’il n’y avait aucun sadisme là dedans, l’état agentique auquel ils étaient soumis expliquant les comportements des bourreaux .J’ai le sentiment que la démonstration était au service d’une intention de Christophe Nick,qui, et cela part d’une bonne intention veut alerter sur les dérives de la télé réalité et pour celà en utilise les méthodes. Malgré le terme scientifique employé pour qualifier l »expérience » qui nous fût asséné moult fois , tout cela sentait le coup médiatique. En suite voir comment ont été consolées les personnes qui sortaient du jeu bouleversées m’a écœurée : notamment la jeune femme qui n’arrivait pas à s’arrêter de pleurer bien que le comédien ex -fausse- victime la félicite en lui pétrissant la main de son courage d’être sortie du jeu ; et si ELLE, n’arrivait pas à se remettre du fait qu’elle ait attendu si longtemps (jusqu’à 365 volts je crois )ne serait ce pas une prise de conscience salutaire ? Quant au public sur le plateau, personne n’en a parlé , il assiste tranquillement à tout ça et personne ne bronche ? dans le débat il n’est évoqué que comme un élément de pression supplémentaire pour les cobayes , mais personne ne semble s’attendre à ce que quelqu’un réagisse .Le comportement du public n’est pas analysé, quantité négligeable ? comme s’il n’était pas composé d’êtres humains capables de penser de ressentir une émotion, c’est une masse informe juste bonne à obéir aux injonction du chauffeur de salle ? ..Le premier plateau d’invités met l’accent sur l’obéissance, ah bon personne n’ose désobéir à l’autorité ? c’est drôle moi je croyais en regardant ce qui se passe à l’école ou sur la route qu’elle en avait pris un sacré coup l’autorité et qu’ils étaient nombreux ceux qui transgressaient la règle,Alors sur un plateau télé , pourquoi est ce différent ? Le fait de passer à la télé, ça produit ça ? Quant aux membres du deuxième plateau ,Morandini and consoeur (mis à part vous David) ne semblaient pas prêts à critiquer la profession, tout va bien dans le meilleur des mondes ! mais pouvait on s’ attendre qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis .?..
Après l’article de libé c’est intéressant d’avoir une source différente au sujet du clash pendant le débat.
Je pensais que beaucoup de personnes connaissaient l’expérience de Milgram. Apparemment cela n’est pas le cas.
J’ai découvert « la soumission à l’autorité » avec le film I comme Icare et l’émission de France 2 réactualise cette expérience.
Je n’ai entendu que très peu de commentaires sur le comportement du public.
Le public croyait qu’il s’agissait d’un jeu et aucun SPECTATEUR n’a réagit ?
Est ce que l’expérience du « jeu de la mort » n’a pas été biaisée par le fait que les participants étaient motivés pour participer à un jeu télévisé ?
Personnellement je pense que je serais allé TRÈS LOIN dans l’expérience de Milgram mais que je n’aurais pas été intéressé si j’avais été sollicité pour participer à ce (un)jeu TV (quelconque).
Et Mr Lacroix, en révélant cet incident, a fait ce qu’il reprochait à Mr Hondelatte : révéler l’homosexualité du candidat contre son gré.
Tout ça pour se faire mousser un peu (« j’ai résisté à Hondelatte »)
Vraiment c’est Hondelatte qui a forçé le candidat!
Devant les invités au débat, les techniciens, le public etc. Ce n’est que « après » la reaction de M. Lacroix qu’ils ont coupé pour le grand public de téléspectateurs (sinon ils auraient surement laissé la sequence pour faire de l’audience…).
Heuresement qu’il y en a encore qui reagissent et resistent!
»
Devant les hésitations du candidat à revenir sur le sujet, je glisse malicieusement…
- Vous pouvez refuser !
Je réagis à ce moment-là, histoire de montrer que n’importe quel dispositif télévisé peut, s’il n’y prend garde, contraindre ses participants et les influencer. Eclat de rire collectif, Christophe Hondelatte compris qui reprend ensuite l’interview en précisant que le candidat est libre de répondre, évidemment.
»
Prendre comme excuse l’ambiance qu’il y avait sur le plateau à ce moment là, c’est exactement comme si le candidat au jeu de la mort disait « oui mais le public était chaud, la présentatrice avait l’air sérieuse, ils m’avaient dit qu’il y avait des médecins au cas où le type ferait un arrêt cardiaque,… etc ». C’est bien cela que Lacroix dénonçait. On se permet de révéler la vie privée d’un type, mais on s’en fout tant que c’est dans une ambiance bon enfant. Au final, le type dont on révèle l’homosexualité se retrouve à nouveau seul contre tous, contre la « bonne ambiance ».
Un peu comme torturer pendant la guerre d’algérie, tout le monde le faisait, c’est « l’ambiance qui voulait ça ». Tous les génocides sont pardonnés, tant que tout le monde y prend part et que ça se fait dans la bonne ambiance. « Hé oui, mais vous savez, c’était la guerre, c’était comme ça, la vie avait peu de valeur — Oooh, dans ce cas, si le cours de la vie baisse, c’est bon, on peu génocider tout ce qu’on veut… »
C’est exactement cela le problème que le documentaire est sensé soulever : les gens attendent que ce soit l’ambiance ou l’opinion générale qui leur dicte si leur conduite est bonne ou pas.
Mais franchement qu’est ce qu’on s’en fiche de l’ambiance. Le sens moral il est dans l’individu, dans son cerveau seul, pas dans l’effet de groupe, dans le sourire de ses potes qui participent à la même connerie.
Heureusement Hondelatte a été pris sur le fait. Qui sait ce qui se serait passé si David Abiker n’avait pas fait cette remarque.
« L’animateur de l’émission estimant que sa manière d’interroger le candidat est remise en cause par Alexandre Lacroix lui rétorque en substance que ce qu’il fait s’appelle du journalisme, qu’il ne le laissera pas neutraliser le débat et qu’en fin de compte c’est un peu facile de critiquer la télé quand on est venu y causer. »
« c’est un peu facile de critiquer la télé quand on est venu y causer. »
Là on croit vraiment rêver…
Les nazis qui torturaient des gens n’auraient du rien dire contre le régime nazi, simplement sous prétexte que c’est le régime nazi qui leur donnait leur salaire et nourrissait leur famille, et que donc ça aurait été « un peu facile » ?
Pareil pour le jeu de la mort, un participant qui se serait rebellé et aurait critiqué le principe du jeu aurait très bien pu se voir répondre « c’est un peu facile de critiquer notre jeu quand c’est nous qui vous invitons et vous donnons gratuitement de la notoriété ». Hondelatte n’a visiblement pas compris ça. Il n’a visiblement même pas compris ce qu’il prétend dénoncer.
Dans la version de Hondelatte, il dit qu’il ne veut pas laisser quelqu’un critiquer l’ensemble de la télé, mais qui critique l’ensemble de la télé ? Pour l’instant on le critique lui et seulement lui, mais monsieur se sent peut être représentatif de ce qui se fait de mieux en matière de télé. L’insulter lui revient donc à insulter toute la télé, ceux qui lui sont inférieurs, ou au mieux égaux.
Cela dit, l’ensemble de la télé EST une honte.