DSK sur TF1 autrement

Il y avait dimanche soir deux façons de regarder Dominique Strauss-Kahn venir livrer à Claire Chazal « sa part de vérité » sur TF1. A/ On pouvait regarder la première chaine française et sa présentatrice vedette interroger gravement l’ancien directeur général du FMI. B/ On pouvait aussi être à cet instant connecté au réseau social Twitter et lire les commentaires de ceux qui regardaient la première chaine française et sa présentatrice vedette interroger gravement l’ancien directeur général du FMI.

Dans le premier cas, on avait affaire à une réalité, dans le second à une réalité augmentée des centaines de questions, d’objections, de commentaires ou de sarcasmes suscités par la prestation de l’ex-présidentiable.

Paradoxalement, ce n’est pas un match entre l’intervieweuse Claire Chazal et Dominique Strauss-Kahn qui a eu lieu dimanche soir sur TF1 mais un combat d’influence entre la vieille télévision et une nouvelle façon de la regarder ; un combat entre les anciens et les nouveaux usages.

Face à la prestation médiatique de l’homme qui confessait une « faute morale » à des millions de téléspectateurs passifs selon un dispositif classique, la communauté des utilisateurs de Twitter a tendu un miroir enrichi de centaines de points de vues mutualisés et partagés sur Internet.

Autant le dire, le modèle de prise de parole du haut vers le bas qu’autorise la télévision depuis le bon vieux temps de l’ORTF est mort. Certes, sa puissance de feu reste importante, certes le 20H fait l’événement, mais la forteresse est fissurée.

Les chaînes ont beau faire le dos rond devant une technologie qui leur permet déjà de diffuser à l’image les centaines de commentaires d’Internet (ce qu’elles ne font pas), les internautes continueront à s’exprimer. Ils coproduiront sur les réseaux sociaux des émissions de télévision alternatives par la seule force du commentaire. France 2 avouait la semaine dernière ne pas avoir pu trouver une place adaptée aux questions des internautes dans le débat télévisé des primaires. Qu’on ne s’inquiète pas, ces internautes multitâches se font leur petite cuisine devant leurs écrans, jonglant sans discontinuer entre leur tablette, leur mobile et la télécommande de la télé.

Demain, la technologie permettra de diviser l’écran de télévision en deux. A droite, DSK sur TF1 répondra (ou pas) aux questions de Claire Chazal, à gauche, des centaines de messages échangés sur les réseaux sociaux assureront le commentaire impitoyable de la prestation de l’intervieweuse et de l’interviewé.

Ce jour-là, l’influence aura changé de camp.

16 Réponses à “DSK sur TF1 autrement”


  • et ce sera la guerre.

  • Depuis quand le commentaire est une info? Deja que les talk shows des chaines d’actu continue sont une variante a peine plus valide que le cafe du commerce. Ce n’est pas parce que c’est en direct qu’un tweet a une quelconque valeur d’analyse.
    Les opinions c’est comme le trou du cul tout le monde en a un ;)

  • il y avait beaucoup beaucoup de tweets ce soir pendant l’émission !
    à ce détails près je ne peu qu’être d’accord.

  • L’influence n’a-t-elle déjà pas commencé à changer de camp ?

  • pour m’infliger régulièrement la lecture des commentaires des lecteurs dans les pages du Monde de Libé et d’ailleurs, je ne suis pas sûr que la raison trouve son compte à tendre un porte voix à des propos le plus souvent médiocres (brièveté de l’analyse -mais combien de ces points de vue aspirent-ils à être une analyse- agitation, humeur de l’instant contre le respects des faits, réduction de dissonances cognitives etc)

    Mais David Abikr, pense peut être au twitt des « gens qui comptent » : journalistes, blogger… Pour ma part, je suis comme la plupart des français : je ne leur accorde que l’importance que mérite leurs analyses quant elles s’expriment ailleurs. Et pour le coup, le dépit me tombe dessus bien trop souvent devant tant d’approximation, de précipitation. Les personnes qui font une presse médiocre, ne font pas des twitt miraculeux. Ils ne font que renforcer un système ou réfléchir est devenu une tare.

    L’affaire DSK aurait été pour moi une occasion de voir tant de personnes présentes ds les médias perdre une large part de leur crédit en instrumentalisant cette affaire pour des causes qui s’en trouve certainements affaiblies.

  • Il est vrai que depuis que je me suis lancer sur Facebook( je suis un papi)
    ça me permet sinon de me défouler,de donner mon point de vue,et mes critiques sur tout ce qui ce dit sur le petit écran, et je ne m’en prive pas, ce qui me donne à tort l’impression de participer; Mais bon,

  • Très belle démonstration du fossé entre la vérité que nous sert TF1 et la réalité perçue par les utilisateurs de Twitter. Mais au final, bien que la télévision ne sache pas se renouveler, que va t-il rester de la prestation de DSK ? À mon avis, c’est la version de TF1 qui fera date et tous les commentaires seront relégués au range de vulgaires quolibets partiront aux oubliettes. Les sentiments de masse ne s’embarrassent jamais de détails, c’est le plus fort, le plus puissant, le plus influent, qui l’emporte toujours. Dans trois mois, un an, cinq ans, l’affaire sera presque oubliée et les commentaires de l’époque encore plus.

  • La seule chose qui ait vraiment changée, c’est le rendu public de l’opinion et sa mise en commun. On peut aujourd’hui à peu près s’exprimer sur tout et trouver des personnes qui pensent comme nous.

    Je n’ai pas regardé DSK. Je trouve son intervention totalement déplacée par les temps qui courent. Une autre façon de s’offrir à nouveau un super pénis au mépris des petites françaises.

  • Depuis plus de cinq ans je ne regarde plus la télé qu’au travers des réactions que certaines émissions suscitent sur l’internet, lesquelles sont souvent pertinentes (je sais choisir mes sources) et au moins drôles. Je ne crois pas faire particulièrement partie d’un lot de pionniers. Trop contrôlée, verrouillée (pour les infos), bétifiante, la télé c’est dépassé !
    (restent certaines séries américaines de qualité et pour les passionnés les retransmissions sportives mais pour le reste à quoi bon ?)

  • Quand on regarde la télé, parfois, on a envie de faire un commentaire sarcastique à son voisin de canapé. C’est pas nouveau, c’est juste la taille du canapé qui a grandi.

  • @Passant44

    Vous êtes trop aimable d’avoir laissé un commentaire. Vous aussi vous abusez de ce plaisir si simple qui donne à tous citoyens, la parole. Voyez-vous je m’intéresse à vos propos et je les juge dignes d’intérêt.

    C’est vrai que dans la mélasse des gens pauvres, pauvres d’esprit, pauvres de culture, qui ne passent jamais à la télé, qui ne comptent pas, peu se trouvent le droit d’avoir une opinion…. Nous ferions tous mieux de retourner à notre inconséquence, à notre existence méprisable et méprisée, à nos bouches muettes d’avis sensés.
    Mais que le bas peuple se taise ENFIN !

  • Bonjour,

    Je ne suis pas sûr que le pourcentage d’internautes à twitter devant un direct est une activité importante aujourd’hui et demain.
    En tant qu’utilisateur de réseaux sociaux, je reste à penser qu’il est plus enrichissant et plus humains d’échanger avec ses voisins de canapé qu’avec des personnes sur twitter.
    Regardez, c’est un peu comme quand vous êtes en diner avec des amis et qu’une personne regarde son téléphone pour répondre à un sms. Personnellement, je trouve ca ni poli, ni convivial.
    Peut-être que je me trompe sur l’intérêt de twitter mais ce besoin de se sentir obliger d’échanger avec d’autres personnes ne me donne pas une vision humaine de notre « société privée ».
    David, au plaisir d’avoir un retour de votre part et bonne continuation sur #dcdc ;-)

  • Vous David Abiker qui avez de l’humour, avez vous vu la vidéo de BFM TV :
    « L’intervention Télévisée de DSK sera analysée », publiée le 18/09/ 11 à 13h 13 Auteur Thomas Paulmyer. regardez la jusqu’au bout ….
    Et le journaliste qui l’interviewait n’a pas osé lui dire que c’était déjà fait?

  • Peros, j’ai pas regardé l’émission, mais j’ai entendu son analyse sur France Culture le lendemain – une pluie d’éloges s’abbattait sur Strauss Khan, sa stature internationale, on sentait les yeux se mouiller là derrière – et ça, ça m’a fait bondir… Sur mon blog… Parce que twitter, franchement, c’est bien trop condensé pour exprimer une pensée qui se tienne un minimum !

  • Quelle que soit la façon de regarder DSK le 18 septembre dernier, cela ne nous dit pas pour quel autre candidat opter désormais. A moins que…
    http://vivre-en-islande.blogspot.com/2011/06/who-else.html

  • Et voila quelques mois après toute cette histoire sombre peu à peu dans l’oubli, et encore, la campagne présidentielle n’a pas encore commencée !

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Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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