Archive pour la Catégorie 'Technolife'

Vers le buzz tranquille ?

Quand mes petits-enfants, digital natives, me demanderont « Papy, raconte-nous le début des réseaux sociaux », il me faudra bien leur dire que leur essor a accompagné les années Sarkozy et que le prédécesseur de François Hollande fût celui des nouveaux médias comme le Général de Gaulle les début de la télévision.

J’ai rejoint Facebook en octobre 2007, le mois où le Président rendit public son divorce d’avec Cécilia lequel fut précédé sur la toile des rumeurs les plus folles. J’ai dû m’inscrire sur Twitter à l’automne 2009 au début de l’affaire de l’EPAD qui suscita en premier lieu la contestation des internautes avant d’affoler l’opinion.

Des centaines de milliers de Français comme moi ont expérimenté les nouveaux médias sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Ils ont cliqué sur son image, on visionné une vidéo de ses discours, on communiqué par mail à leurs proches le dérapage du salon de l’agriculture 2008 (Casse toi…). Leur utilisation d’internet s’est bien souvent confondue ces années-là avec leur « consommation » de Nicolas Sarkozy. Sarkozy comme un virus informatique qui parasitait les conversations, forums, images et commentaires. Sarkozy, Pentium de nos microprocesseurs… Sarkozy, Président du Buzz. Ce qu’il disait, ce qu’il montrait, ce qu’il ratait, tout ce qui était lui imprimait la toile à travers le [...] Lire la suite

Variations sur une passation

- Je vous passe les codes de la force de frappe nucléaire ou ça aussi vous allez arrêter, comme les centrales… ?

- Vous déformez les propos.

- Je plaisante.

- Sinon y’a ça.

- C’est quoi ?

- Ben là il y a le login et ça c’est le mot de passe.

- C’est pour Twitter ?

- Oui, c’est Nicolas Princen qui m’a installé ça. Je l’ai pas trop utilisé.

- Par contre avec l’autre, vous n’avez pas chômé.

- Oui, je dois dire qu’on crache pas sur  200 000 followers.

- J’en avais plus que vous.

- 308 406, Nadine les a comptés pour moi, vous avez fait fort, j’avoue. Bien joué.

- Bon, ben je crois qu’on a fait le tour.

- Oui, vous verrez, je suis sûr qu’ils seront plus tendres avec vous.

- Oh, ça, je suis pas sûr qu’il y ait un état de grâce sur les réseaux sociaux.

-  Le compte Facebook de l’Elysée ça vous intéresse ?

- Combien d’amis ?

- Oh pas grand chose, 20 000 à peine.

- Je me débrouillerai. Mais @elysée, je prends volontiers.

- [...] Lire la suite

A l’ère de l’autographe 2.0

Samedi dernier, nous regardions The Voice en famille sur TF1 quand mon ainée de 12 ans s’est mise à hurler.

- Papa, papa ! Y’a Nikos qui m’a fait un RT !

- Un quoi ?

- Un Retweet ! Il a renvoyé mon message à tous ses abonnés de Twitter ! Tu te rends compte un RT de Nikos ???

- Ah oui et tu lui avais envoyé quoi à Nikos ?

- Ben une photo de la télé !

Sur l’instant, je n’ai pas saisi l’état de surexcitation de ma fille ; et puis je me suis rappelé qu’après un quart de finale de l’Euro, en 2000, j’avais fait signer à Zidane un maillot bleu étoilé ; c’était juste après un match, lors d’une opération sponsorisée par un opérateur téléphonique. J’avais fait encadrer le maillot ensuite, je l’ai depuis conservé comme une relique.

Quel est alors le rapport entre un maillot signé par Zidane et un RT de Nikos Aliagas, animateur de l’émission star de TF1 ? Pour le comprendre, il faut interroger la notion d’autographe à l’heure des nouvelles technologies. Petit détour préalable par le VIe arrondissement de Paris. Il y a dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés plusieurs boutiques spécialisées dans les manuscrits de personnalités. On [...] Lire la suite

La petite trousse au rencard

C’est arrivé samedi. Je note la date car il y aura un avant et un après. Je me souviens de mon premier portable. Un appareil fabriqué pour Bouygues Télécom qui pesait dans ma poche le poids d’un âne mort. En ce temps là le Be-bop n’était même pas ridicule. J’avais 26 ans. Un bon bulletin, un voyage en car et la pression de la meilleure amie qui a déjà le sien et on a craqué. Je me souviens de mon premier coup de fil. C’était dans un bus. Un camarade s’amusait à faire sonner mon téléphone. Ca nous faisait rire. 26 ans. Ce qui nous amusait c’était la sonnerie et le regard des passagers du bus. Délire, samedi quand on lui a fait la surprise. A elle on n’a pas offert une sonnerie, ni une prouesse technologique de 400 grammes vintage, ni un moyen de nous dire où elle est quand on n’est pas avec elle (si un peu). Non, à elle nous avons offert la socialisation, la possibilité d’être « Ensemble » avec sa bande.

J’ai voulu être le premier à lui envoyer un SMS. On se console comme on peut du temps qui passe sur les papas. Il y a 15 ans, j’avais acheté chez Bouygues un talkie walkie, j’avais en tête la distance, le [...] Lire la suite

Encullé à vie ou comment limiter votre numéRisque

Hier, sur un forum, je me suis fait traiter d’encullé. Même avec une faute de frappe, la dernière fois qu’on m’a insulté ainsi, ce devait être en voiture et cela remonte à loin. J’avais sans doute grillé une priorité ; je fus mortifié sur l’instant mais vite rassuré car les insultes au volant sont comme les gaz d’échappement, elles se dissipent.

Mais sur ce forum internet, l’encullé va rester. Il va rester pour longtemps et si par malheur les internautes trouvaient amusant d’aller y jeter un œil à plusieurs, alors l’insulte se maintiendra dans les premiers résultats de Google et sera gravée sur le net plus durablement que sur une stèle de marbre. Je suis donc probablement un encullé pour la vie.

Mon désespoir en serait là si je n’avais trouvé au hasard de mes navigations une offre adaptée à ma détresse. Le service s’intitule SwissLife E-Réputation : la compagnie helvète assure mon risque numérique, appelons ça le numérisque*.

A l’instar des compagnies qui investissent dans la prévention routière, Axa publiait il y a quelques semaines un Guide du bon sens numérique à l’usage des imprudents de la toile. Les assureurs visent ainsi le grand marché de l’égo blessé, de l’e-réputation entachée. Ils assuraient déjà les risques des entreprises contre la perte de [...] Lire la suite

La claque.com

C’est une vieille histoire d’avant Internet. C’était en 1990. Olivier Stirn, qui fut de tous les gouvernements, de Pompidou à Mitterrand, était alors Ministre du tourisme de Rocard. Il avait organisé des Etats Généraux du Progrès où des édiles du PS devaient prendre la parole. Le premier jour, malgré 5000 invitations lancées, Bernard Kouchner causa devant trois pelés-un tondu et quitta la salle dépité. Pour éviter la même chose le deuxième jour, l’entourage du ministre eut l’idée maladroite d’embaucher des chômeurs pour remplir ces états généreux. Cette location de « claque » fut ébruitée, fit scandale et provoqua la démission du Ministre(1).

20 ans plus tard, Olivier Stirn pourrait sourire en observant qu’Internet est devenu une immense machine à fabriquer de l’audience fictive pour des personnalités ou des marques. Car on peut désormais acheter des fans Facebook et des followers Twitter sans faire scandale ni rendre son tablier. La tendance, émergente il y a trois ans, se confirme aujourd’hui au moins pour les marques. Alors qu’autrefois on payait cher des fichiers pour toucher sa cible, le numérique permet désormais d’acheter cette cible sans avoir à la séduire. Nadine Morano, accroc à Twitter, a récemment démenti avoir gonflé son compte en achetant des « suiveurs ». Dont acte. François Hollande et Nicolas Sarkozy n’ont évidemment pas [...] Lire la suite

Instagram, le réseau social sans paroles

Voilà, j’essaie Instagram depuis quelques semaines et c’est doux. Doux et sage comme une image. Sur Instagram, pas de blabla, pas de clash, juste du partage. On regarde si on veut, on montre ce que l’on peut. Une salade, la neige tombée sur le village, une expo, un enfant sur une plage, un feu de cheminée (#Froid), des crêpes, le portrait de ceux qu’on aime, un chat, une voiture, un graffiti.

Instagram c’est doux comme les choses de la vie. Comme si nous étions tous des « Claude Sautet aux petits pieds », des amateurs de quotidien et de choses tendres insignifiantes. Sur Instagram un sociologue se régalerait de l’uniformisation des points de vue. Peu importe. Instagram c’est doux, loin du fracas de l’info qui cavale. Instagram c’est la Première gorgée de bière en séries. C’est aussi 15 millions d’utilisateurs et 17 styles de photographies qui se ressemblent, qui transforment nos visions en clichés, qui confirment une vision mondialisée et individualiste de la vie, de la consommation et de l’art pour tous. Bref, à sa façon, Instagram est une puissante machine à fabriquer du très standard. N’est pas photographe qui veut… D’ailleurs, aujourd’hui nous sommes deux à avoir photographié la même voiture, c’est dire si on est original sur Instagram…

Mais n’empêche. Sur Instagram, celui qui [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.