Archive pour la Catégorie 'Super Héros'

Unfollowing et sentiments

Hier soir, après avoir fait n’importe quoi sur Twitter durant la diffusion de Spider-Man 3, je me suis interrogé sur l’agacement, la fureur, la consternation qu’ont pu susciter l’arrivée de mes âneries dans les Time Line de 25000 abonnés, 25000 innocents saturés, gorgés de conneries et qui n’avaient, les pauvres, rien demandé. J’ai d’ailleurs reçu un message intéressant de ce point de vue. Pas agressif, mais pas enthousiaste non plus. Voir ci-contre.

Et bien sûr, certains m’ont unfollowé, d’autres complaisants ou indulgents ont pris leur mal en patience. Ce matin, je pense surtout à ceux qui m’ont maudit, qui m’en ont voulu. Je ne leur ferai bien entendu aucune excuse, je veux en revanche essayer auprès d’eux un exercice d’empathie et d’analyse.

Cette fureur de voir sa TL envahie de messages intrusifs est-elle comparable à celle qui nous prend lorsque nous recevons des spams, quand des prospectus remplissent notre boite à lettres ? Est-elle la même que lorsque Belinda Jackson nous écrit de Gambie pour nous proposer 3 millions de dollars parce que son oncle, respectable ministre des douanes, vient de mourir ?

Quel est finalement le statut de ces nouvelles colères numériques ? Je me souviens qu’à l’arrivée des téléphones mobiles dans les trains, nous avions tous découvert un sentiment inédit : [...] Lire la suite

Comme ils disent…

C’est un secret avec lequel j’ai longtemps vécu. Je n’en ai jamais parlé publiquement. En fait, j’ai su très jeune que j’étais différent. Je ne jouais pas au foot avec les garçons. Je m’évanouissais  quand ma mère m’emmenait chez Décathlon. Ca s’est accentué à l’adolescence, je n’étais pas très cavaleur. Mes parents ne comprenaient pas.

Bref l’an dernier à Noël j’ai annoncé à mon entourage la vérité. Ma voix tremblait. « Maman, Papa, jamais je ne pourrais aimer le sport ». Ca a été la consternation. Mon père rugbyman a refusé de me parler pendant plusieurs jours. Ma mère haltérophile, s’est demandé ce qu’elle avait pu rater dans mon éducation.

C’est vrai, tout petit déjà, je refusais d’habiller mes poupées avec des survêtements ! La vue d’une paire de tennis me révulsait ! Je me souviens ! Un jour je suis tombé sur des raquettes de ping pong, j’ai cru que c’était des couverts à salade.

Non, moi, ce que je préférais, c’était manger, fumer, accumuler des graisses, regarder la télévision en buvant des sodas, faire l’amour à des filles obèses, plus faciles à attraper !

Et ca fait 40 ans que je vis avec ma différence ! Et on me le fait sentir. L’autre jour mon beau-frère m’a blessé, il a parlé de son entrainement pour le [...] Lire la suite

Daniel Lévy, le garçon qui ressemblait à Charles Denner

J’ai rencontré Daniel Lévy à l’automne 1987. Nous préparions Sciences Po ensemble. Je me souviens assez précisément du premier contact. Le prof faisait l’appel, Daniel a entendu mon nom et m’a fait un signe entendu du fond de la classe ; nous avions une connaissance en commun avec laquelle il était parti en colonie de vacances. On a sympathisé à l’évocation de cette connaissance commune. Si vous me demandez qui est Daniel Lévy, je vous répondrai que c’est un garçon qui ressemble à Charles Denner, qui est incollable sur la musique pop, qui collectionne les Stranges et les Titans depuis 25 ans, qui m’engueulerait s’il lisait ce billet en précisant qu’il collectionne les comics originaux et pas les merdes traduites en français. Daniel c’est le type plus branché que vous qui vous explique que le producteur du groupe machin a également travaillé avec le groupe truc, tout ça avant 1967, parce qu’après 1967, tout a foiré parce que le batteur a couché avec la belle-sœur du guitariste lequel buvait trop et a fini noyé dans son vomi, etc.

Daniel est un puits de sciences pop-rock. Je le vois comme ça mais c’est aussi un excellent camarade mais ça, ça nous regarde. Je pourrais en dire autant de son frère Alexandre que je connais moins, mais comme [...] Lire la suite

De l’hyper-président au super-premier-ministre

On avait parlé d’hyper-président. Cette pratique sarkosiste des institutions qui faisait du premier ministre un collaborateur du chef de l’Etat. Il y en avait eu la marque formelle avec une modification constitutionnelle autorisant symboliquement le Président de la République à intervenir devant le Parlement ; il y en avait eu la preuve informelle avec la gestion en direct de certains ministres comme durant cette phase où se réunissaient à l’Elysée les favoris de Nicolas Sarkozy. Le remaniement annoncé au printemps et concrétisé hier marque-t-il la fin de l’hyper-présidence voulue et mise en scène par le chef de l’Etat ? Le maintien de François Fillon à Matignon pouvait en être le signe sans pour autant en être la preuve sauf que… Sauf que Fillon a pu rester à son poste fort du soutien du Parlement et notamment des parlementaires UMP qui siègent à l’Assemblée Nationale. Dans Petit Stream Entre Amis, Dominique Paillé justifiait la semaine dernière la maîtrise et la légitimité du calendrier du remaniement par la pratique hyper-présidentielle de Nicolas Sarkozy. C’était un vœu pieux car à l’arrivée, le Président a été dépouillé sur sa droite de la plénitude de son choix par des députés Umpistes qui ne font plus désormais confiance qu’à François Fillon et qui ont fait le forcing pour le renouvellement du CDD. Sur [...] Lire la suite

La gâteau-entrepreneuse qui change la GRH…

Dans ce billet consacré à Marie, j’ai évoqué rapidement l’histoire d’une jeune femme qui voulait dessiner un sac pour une grande marque. Aujourd’hui j’aimerais vous parler de Lauriane V. Lauriane V est l’assistante d’une personnalité du PAF. Elle a bossé dans le passé dans une multinationale agro-alimentaire. Elle est heureuse dans son nouveau job mais a conservé une passion qu’elle a transformée en auto-entreprise.  La semaine elle est donc le bras droit de son patron mais le week-end, elle gère une micro-entreprise dont son blog est la vitrine.

Que fait Lauriane V ? Elle fait des cup cakes, ces petits gâteaux américains à base de génoise et de nappage. Sur son blog, Lauriane se présente ainsi : La Succulente est une auto petite entreprise qui propose des cupcakes salés et sucrés et qui fait ça avec amour dans sa petite cuisine. Si vous souhaitez commander, demander des informations, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à mon adresse. Non seulement Lauriane cuisine ses pâtisseries mais en plus elle les livre à vélo.

Je ne crois pas que Lauriane ait besoin de vendre ses gâteaux pour vivre mais d’après ce qu’elle m’a expliqué, elle adore sa vie de pâtissière du dimanche. Il ne s’agit pas d’un simple commerce en ligne. Sur La Succulente, elle publie ses [...] Lire la suite

Ce que veulent les jeunes

Je discutais il y a quinze jours avec Abiker Sénior. Il me suit du coin de l’œil depuis une quarantaine d’année, j’imagine qu’il a été jeune et que son sens de l’observation vaut bien le mien ou celui du voisin. Nous évoquions justement les mouvements sociaux et ces jeunes rassemblés dans la rue. Nous avons passé en revue leurs motivations les unes pouvant être exclusives des autres, évidemment :

-       Angoisse de l’avenir,

-       Solidarité intergénérationnelle,

-       Volonté hypothétique d’avoir pour eux une retraite tout en pensant à celle de leurs parents,

-       Foutre le bordel,

-       Etre jeune,

-       Faire changer les choses,

-       Etre considérés,

-       Faire leurs premières armes politiques avant de devenir membres du PS (pour l’UMP, faudra m’en trouver),

-       Se soucier de l’intérêt général,

-       Faire démissionner le chef de l’Etat,

-       Ne pas aller en cour,

-       Vivre mieux,

-       Avoir du boulot.

Toutes ces propositions sont vraies mais aucune ne saurait définir globalement ce que veulent les jeunes. Car il n’y a pas les jeunes, comme il n’y a pas le jeune. Il y a certains jeunes issus de milieux divers et aux aspirations différentes. C’est là que mon interlocuteur, du haut de ses certitudes, [...] Lire la suite

Vuitton ignore encore qui est Marie, dommage…

J’aime bien les choses simples et les belles histoires.

J’ai reçu un mail d’une fille que je ne connais pas et qui a une copine qui rêve de faire un sac pour Louis Vuitton. La copine en question s’appelle  Maritchu (Marie en pays basque si j’ai bien compris) et s’est organisée. Elle a créé un groupe Facebook où elle fédère 200 copains autour de sa création. Le sac est un ballon de basket siglé Vuitton. Il est rond. Je ne suis pas un spécialiste mais c’est amusant et assez chouette. Je relate ici la chose parce que dans le film The Social Network, le boss de Harvard explique à deux étudiants qu’après s’être fait piquer l’idée de Facebook par un plus malin, ils n’ont qu’à inventer leur job. Je crois assez fort à l’invention de son job, un jour, après-demain. En attendant, une certaine jeunesse se débrouille, elle est salariée, au chomdu, et à côté, elle rêve, elle se projette, elle s’invente un autre Je sur le web et qui sait si peut-être un jour, ce Je-là, n’aura pas créé sa marque, son style, son affaire.

Finalement, en me prenant pour Spider-Man, je me suis trouvé un job de Spider-Man et ouvrir un blog n’est-ce pas se rêver en épicier, en Batman, Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.