Archive pour la Catégorie 'Nombril'

Ma chanson du dimanche emmerde les dimanche soirs

On s’est longtemps foutu de la gueule de Sacha Distel. Pourquoi ? Il souriait trop ? Il était trop heureux ? Il était trop beau ? C’est curieux qu’on ait tant moqué un garçon qui a chanté des choses aussi gentilles et aussi bonnes pour la santé mentale ? La belle vie est un sommet d’élégance et de simplicité. Tous les garçons percevront dans les paroles une parfaite description du bonheur au masculin. Et puis, évidemment, il y a la décontraction élégante de Sacha, sorte de James Bond inoffensif, le smoking impeccable et ce sourire tranquille. La belle vie est avec Summer Wind de Sinatra, l’un de ces titres qui racontent le mieux les joies du mâle lorsqu’il triomphe du spleen qui s’abat sur les soirées dominicales. Dimanche soirs, je vous emmerde. Sacha n’aurait jamais dit ça, mais il l’a chanté. Merci Monsieur Distel.

Mon modèle de lettre pour décliner une pendaison de crémaillère

Mon Cher Martin,

J’ai reçu hier un mail très aimable dans lequel tu m’invites avec mon épouse à la pendaison de crémaillère de ta nouvelle maison. Oui ta nouvelle maison que tu construis patiemment depuis deux ans en y mettant tout ton cœur, tout ton argent et tout ton temps.

Cher Martin, j’ai le regret de te dire que nous n’assisterons pas à cette pendaison et je te dois quelques explications. Sache d’abord que malgré notre amitié de 30 ans, je ne t’ai jamais apprécié. Tu as toujours été plus doué à l’école, notamment en travaux pratiques mais également dans toutes les autres matières. En 6e déjà tu étais champion de maquette d’avion, de Lego, de Mécano quand j’étais obligé pour ma part d’acheter des maisons Playmobil en préfabriqué.

Non Martin, je n’irai pas chez toi car depuis le début des travaux, que dis-je depuis que tu as tracé toi-même les plans de ton palais, ta femme et toi vous nous saoulez avec cette nouvelle maison. Dois-je te rappeler que cela fait deux ans que vous nous invitez  généreusement à dîner au milieu des gravats et que je n’en finis pas de t’offrir la même bouteille de vin que tu m’offres à chaque fois que j’ai le malheur de te recevoir dans ma pauvre location.

Oui Martin, je vous déteste, [...] Lire la suite

Unfollowing et sentiments

Hier soir, après avoir fait n’importe quoi sur Twitter durant la diffusion de Spider-Man 3, je me suis interrogé sur l’agacement, la fureur, la consternation qu’ont pu susciter l’arrivée de mes âneries dans les Time Line de 25000 abonnés, 25000 innocents saturés, gorgés de conneries et qui n’avaient, les pauvres, rien demandé. J’ai d’ailleurs reçu un message intéressant de ce point de vue. Pas agressif, mais pas enthousiaste non plus. Voir ci-contre.

Et bien sûr, certains m’ont unfollowé, d’autres complaisants ou indulgents ont pris leur mal en patience. Ce matin, je pense surtout à ceux qui m’ont maudit, qui m’en ont voulu. Je ne leur ferai bien entendu aucune excuse, je veux en revanche essayer auprès d’eux un exercice d’empathie et d’analyse.

Cette fureur de voir sa TL envahie de messages intrusifs est-elle comparable à celle qui nous prend lorsque nous recevons des spams, quand des prospectus remplissent notre boite à lettres ? Est-elle la même que lorsque Belinda Jackson nous écrit de Gambie pour nous proposer 3 millions de dollars parce que son oncle, respectable ministre des douanes, vient de mourir ?

Quel est finalement le statut de ces nouvelles colères numériques ? Je me souviens qu’à l’arrivée des téléphones mobiles dans les trains, nous avions tous découvert un sentiment inédit : [...] Lire la suite

Twitter, ma ligne de coke électorale

Oui, je me drogue. Je me drogue les soirs d’élections. Quand mes confrères de la télévision égrainent la litanie des résultats en régions, pour ne pas m’endormir, je me fais une ligne de commentaires déjantés sur ma TimeLine*. Sur le réseau social Twitter. Quand les invités de mes confrères caramélisent l’écran et déposent sur les plateaux une épaisse nappe de goudron soporifique, qu’ils distribuent des petites phrases à base de somnifères au point que j’anticipe ce qu’ils vont dire - qu’ils ont gagné, qu’ils n’ont pas perdu, que les électeurs n’appartiennent à personne -, je me tape un rail de micro-messages, acides, interactifs et transgressifs. Quand le Demyldooz et sa novlangue tournent à plein régime façon Ve finissante, je mets le nez sur le miroir de mon Smartphone et je me came à  l’autre politique, à l’autre blablabla, ceux de ma communauté.

La télé et Twitter, c’est le bon mélange, la bonne poudre aux yeux. Ca décuple les sensations les soirs de résultats. Et je ne suis pas seulement consommateur, je deal, aussi. J’envois sur internet ma propre analyse, mes propres sarcasmes, mes propres questions. Et mes clients se shootent à leur tour et je me shoote en retour avec leurs messages. Twitter dimanche dernier et dimanche qui vient, c’est ça. Un mélange pas très savant mais [...] Lire la suite

Paris pour les hommes, autobiographie ouverte de Thierry Richard

Thierry Richard, auteur des Chroniques du plaisir vient de publier un Paris pour les hommes. les esthètes, les gourmands, les lecteurs, les élégants, les fureteurs, les buveurs, les amoureux et les promeneurs.

Tous ceux qui connaissent Thierry se retrouveront dans ce Paris de jouisseurs discrets, ils retrouveront aussi la personnalité généreuse de l’auteur. ceux qui ne le connaissent pas auront le plaisir de feuilleter plus qu’un recueil de bonnes adresses, plutôt un carnet de voyage citadin et viril. Car Paris pour les hommes en dit plus sur la gente masculine que n’importe quel monographie sur l’empire masculin. De ce point de vue les filles seront bien inspirées d’y jeter un oeil. Elles y apprendront peut-être un moyen d’y perfectionner leur art de nous foutre la paix. Paris pour les hommes est aussi un essai sur la solitude et la disparition.

Que font les hommes quand ils disparaissent ? De ce point de vue, l’auteur apporte une réponse sophistiquée, complexe à travers des lieux, des saveurs, des désirs que les hommes ne savent pas toujours partager avec les femmes. Là encore, le beau sexe trouvera matière à s’instruire. Thierry Richard est un amateur de petits plaisirs et de détails. C’est dans les détails que se niche pour lui le bonheur et il n’a pas [...] Lire la suite

La nuit, je sauce et autres petits textes sur Paris-parus

Mon ami Thierry Richard vient de publier un Paris pour les Hommes, un faux guide en forme d’autobiographie du goût. Il m’a gentiment demandé de lui donner mes adresses, je lui ai rendu « La nuit je sauce » et j’ai repensé à ce moment au temps où je pigeais pour Paris Obs. Je rendais chaque moi 1500 signes sur un Paris de carte postale un peu bobo-pénible.

La nuit je sauce. J’ai toujours eu la frayeur des « adresses », des bons plans, des bars et des restaurants dans le coup. Sans doute la peur panique de n’y être pas à ma place, de n’y être pas attendu où de ne pas ressembler assez à la clientèle. Angoisse de ne pas en être avant même d’y être. C’est plus fort que moi, un restaurant, un bistrot, c’est un lieu qu’on ne cherche pas, qu’on ne repère pas. Ca ne peut pas se trouver sur un plan ou sur internet. Pour être bien quelque part, il me faut juste pousser la porte et cuisiner mon habitude. Je commence à être un vieux chat. Pour moi « Comme d’habitude » n’aurait jamais dû être une chanson triste. Les habitudes, c’est ce qui habille un homme, c’est ce qui patine son cuir ; elles sont des « adresses à soi-même », des choix heureux [...] Lire la suite

Au revoir Mademoiselle

Au revoir Mademoiselle. Mademoiselle dans les formulaires et dans les vieux films, c’était le dernier endroit où le mot pouvait se cacher pour sonner différemment. Car bien sûr, ça fait belle lurette que Mademoiselle est devenue mère célibataire, battante, indépendante, femme, etc. Bien sûr que Mademoiselle c’est désuet, bien sûr que Mademoiselle c’est un peu ringard. Ca fait pucelle, pas mariée, vieille fille, même. Ca fait libre dans les deux mauvais sens du terme : libre car pas prise, libre car pas prenable… Mademoiselle est un piège à fille. Alors Mademoiselle avec le temps s’est cachée en 12 lettres. Mademoiselle a mis les bouts dans les paperasses de la sécu, dans je ne sais quelle vieille chanson. C’est dommage parce que Mademoiselle était jolie. Jolie à prononcer, jolie peut-être à entendre. Evidemment, c’est relatif. Pour moi qui suis un Damoiseau mais qui n’ai jamais eu à en répondre. Pourtant Mademoiselle était doux et douce, c’était plein de promesses, c’était sucré comme un Jacques Brel qui vous apporte des bonbons. Avant d’être infamant dans le Code Civil napoléonien, Mademoiselle était paraît-il un titre de noblesse. Il est aujourd’hui devenu un titre de faiblesse, de vieillesse, de bassesse si j’en crois le collectif Oser le féminisme qui invitait les demoiselles et les autres il y a un [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

post thumbnail

C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

post thumbnail

L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

post thumbnail

C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

post thumbnail

C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

post thumbnail

Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

post thumbnail

C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

post thumbnail

Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.