Archive pour la Catégorie 'Lectures'

Paris pour les hommes, autobiographie ouverte de Thierry Richard

Thierry Richard, auteur des Chroniques du plaisir vient de publier un Paris pour les hommes. les esthètes, les gourmands, les lecteurs, les élégants, les fureteurs, les buveurs, les amoureux et les promeneurs.

Tous ceux qui connaissent Thierry se retrouveront dans ce Paris de jouisseurs discrets, ils retrouveront aussi la personnalité généreuse de l’auteur. ceux qui ne le connaissent pas auront le plaisir de feuilleter plus qu’un recueil de bonnes adresses, plutôt un carnet de voyage citadin et viril. Car Paris pour les hommes en dit plus sur la gente masculine que n’importe quel monographie sur l’empire masculin. De ce point de vue les filles seront bien inspirées d’y jeter un oeil. Elles y apprendront peut-être un moyen d’y perfectionner leur art de nous foutre la paix. Paris pour les hommes est aussi un essai sur la solitude et la disparition.

Que font les hommes quand ils disparaissent ? De ce point de vue, l’auteur apporte une réponse sophistiquée, complexe à travers des lieux, des saveurs, des désirs que les hommes ne savent pas toujours partager avec les femmes. Là encore, le beau sexe trouvera matière à s’instruire. Thierry Richard est un amateur de petits plaisirs et de détails. C’est dans les détails que se niche pour lui le bonheur et il n’a pas [...] Lire la suite

Himmler, DRH

C’est un livre point Godwin et pour cause. Ressources Inhumaines de Fabrice d’Almeida (mon camarade de Semaine Critique) raconte le management des ressources humaines dans les camps de concentration. Qui l’eût cru ? Comment imaginer qu’Himmler grand chef et DRH improvisé des SS se soit soucié de manager les ressources humaines d’un côté des barbelés quand de l’autre il organisait ce massacre de millions de prisonniers qui allait devenir un crime contre l’humanité.

Le nazisme n’a jamais été à un paradoxe près mais celui que décortique mon ami historien Fabrice d’Almeida est de taille. Au début de la guerre, une inspection conduit Himmler à assister  une exécution de masse (à l’arme à feu, donc rudimentaire, longue, pénible) ; le patron des camps constate que les plus zélés tueurs sont parfois écoeurés par la mission qui leur est confiée (voir Les Bienveillantes, Jonathan Littell).

Himmler décide alors de remettre l’homme au cœur de l’économie concentrationnaire. Mais pas n’importe lequel. Pas le juif, pas l’homosexuel, pas le communiste et moins encore le tzigane. Non, Himmler fait du gardien ou de la gardienne de camps l’objet de toutes ses attentions. C’est en manageant ces gardiens, véritables soldats du front arrière, véritables combattants de la révolution nationale socialiste que se gagnera la bataille contre les asociaux et les ennemis [...] Lire la suite

Balzac, cliché corsé

Je poursuis ma lecture de Splendeurs et misères des courtisanes. On a vu dans Balzac un sociologue de son temps, un romancier historien génial. On pourrait aussi relire le Balzac des clichés sexistes et racistes. Évidemment, il faut toujours remettre les généralités balzaciennes sur le genre et les races dans leur contexte, n’empêche…  Je tombe, entre autres, sur cette description psycho-morphologique du caractère corse. Nul doute que s’il écrivait ça aujourd’hui, Honoré se mettrait à dos les insulaires et pourquoi pas les associations de lutte contre le racisme.

« Théodore Calvi, jeune homme au teint pâle et olivâtre, à cheveux blonds, aux yeux caves et d’un bleu trouble, très bien proportionné d’ailleurs, d’une prodigieuse force musculaire cachée sous cette apparence lymphatique que présentent parfois les Méridionaux, aurait eu la plus charmante physionomie sans des sourcils arqués, sans un front déprimé, qui lui donnaient quelque chose de sinistre, sans des lèvres rouges d’une cruauté sauvage, et sans un mouvement de muscles qui dénote cette faculté d’irritation particulière aux Corses, et qui les rend si prompts à l’assassinat dans une querelle soudaine ».

Lectures d’été, lectures solaires

Finalement on part très loin pour se dépayser mais on est toujours rattrapé par les livres. Je me dis ça face à la mer, devant un paysage de rêve dont il ne restera pas grand-chose au retour des vacances. Je sais en revanche que chacun des livres emportés avec moi est un élément du décor estival autrement plus puissant que le bleu du ciel ou le vert des cocotiers. Pour moi les vacances ont toujours un goût de beignets, de glace, de niniches et de livres. Il faut sans doute tout ça pour faire de belles et grandes vacances. Ainsi, de cet été 2011, je me souviendrai certainement de Solaire de Ian Mc Ewan, d’un James Hadley Chase déjà oublié, d’Eugénie Grandet, de La femme de trente ans et de Splendeurs et misères des courtisanes (Balzac), de Proies de Mo Hayder et enfin de La cliente de Pierre Assouline. Voilà où j’en suis. A ceux qui sont déjà dépassés par les centaines de romans qui sortiront en septembre, je recommande Solaire. C’est un livre drôle, intelligent, magnifique sur le temps présent, sur le rapport des hommes à la science, au bien, au mal, à la morale. Délicieusement incorrect. Solaire pourrait aussi s’intituler : Les prix Nobel sont des hommes comme les autres…

J’aime cette boulimie [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.