Archive pour la Catégorie 'Images'

520 vue pour Védrine, ce serait dommage


Discours d'Hubert Védrine à Jarnac par PartiSocialiste

C’est curieux comme la parole se perd là où elle devrait être recueillie. Curieux comme l’arbre cache toujours la forêt. C’était ce week-end. Alors que tous se ruaient vers la Hollande, alors que tous analysaient l’hommage, le mimétisme entre le candidat et François Mitterrand jusque dans la tenue, la mise et les attitudes, le PS avait la bonne idée de filmer le discours d’Hubert Védrine, écharpe rouge autour du cou. Un bel exercice d’analyse pour l’ancien ministre des affaires étrangères du président décédé en 1996. 520 vues ce matin sur Dailymotion pour cette analyse de l’héritage, de l’exception et du modèle mitterrandien dont beaucoup se réclament, que beaucoup s’accaparent. Védrine y montre que la nostalgie Mitterrand est un piège. Un piège car il sera difficile de la dépasser, difficile d’égaler le modèle et que l’avenir de la gauche réside sans doute dans sa capacité à s’en délivrer. La gauche a changé, les attentes aussi. Seule l’élection d’un homme de gauche périmera la statut du commandeur. Sans cela, la mitterrandolatrie a de beaux jours devant elle. Je recommande entre autres le passage sur les ambiguïtés du Président socialiste. Une partie de la gauche, les lui a reprochées. Védrine y voit une force, celle d’éviter le sectarisme et d’embrasser le pays complètement. 520 vue, c’est pas beaucoup [...] Lire la suite

DSK des SMS au CNRS

Il le fallait.  Après nous avoir déçus, irrités, amusés, consternés, indignés, abasourdis, l’affaire DSK devait un jour ou l’autre finir par nous rendre plus savant. Le 18 novembre prochain ce sera chose faite puisque l’affaire politique la plus médiatisée de ces dernières années aura les honneurs de la Sorbonne et du laboratoire de « Communication et politique » du CNRS qui lui consacrera une journée entière. Les universitaires sont des gens formidables et n’ont pas leur pareil pour mettre de l’ordre dans un sujet : ils savent le découper et le disséquer. Il manquera bien sûr dans le programme de cette rencontre les développements récents de l’affaire. Je veux parler de ce qui a été découvert dans le cadre de l’enquête sur les « clients » du Carlton de Lille et qui donne une dimension plus profonde à ce que certains ont qualifié de simple fait divers. Car s’il s’avère que les largesses dont a bénéficié DSK débouchent au fil des enquêtes sur une affaire politico-économique de plus grande envergure, il faudra sans doute un autre colloque l’année prochaine. Mais je suis certain qu’à froid, la recherche en sciences sociales apportera déjà, dès vendredi prochain, un regard inédit sur les splendeurs et les misères de l’ex directeur général du FMI. Venez nombreux.

Journée d’étude du Laboratoire Communication et Politique [...] Lire la suite

Google a-t-il usurpé mon identité physique ?

On me dit souvent que j’ai des sosies : ça va d’Henri Guibet à Jeff Goldblum en passant pas Eric Besson et Michel Boujenah. Jamais Brad Pitt. On me dit aussi, tiens, j’ai croisé un type qui a tes lunettes. Bref, j’ai la gueule de l’autre, de Monsieur tout le monde et ça ne m’a jamais dérangé car je ne compte pas faire de la chanson. Jusqu’à présent il s’agissait d’un faux-air. Mais cette fois, il y a malaise. Le même que dans les films de sciences fiction. Quand le héros rencontre son clone. J’ai aussi pensé à Monsieur Klein, à ce roman intitulé Le Riche et le pauvre, au Masque de fer, à Dupont et Dupont. J’ai pensé également que nous sommes 6 milliards et que la technologie va nous permettre demain d’identifier notre sosie le plus réussi sur des places de marché du genre Ebay : on mettra sa photo et on trouvera son répliquant. Ca doit exister déjà d’ailleurs. Bref, visionnez cette vidéo, j’ose à peine l’envoyer à mes parents car ils vont s’imaginer que j’ai fait des progrès. Visionnez donc, et dites moi si en poursuivant Google en contrefaçon, j’ai des chances de vivre sans travailler jusqu’à la fin de mes jours…

Hélène de Yougoslavie, princesse de l’automne

L’actu est drôle et elle a ses personnages pittoresques. Il y a les noms passe-partout et puis il y a ceux qui créent une ambiance, qui suggèrent des images. Je me souviens que dans l’affaire L’Oréal, c’était le majordome qui fabriquait de l’imaginaire, avec son enregistreur et sa livrée. On pensait à Nestor, à Figaro, bref, on rêvait. Dans l’affaire Karachi, c’est le nom de la belle Hélène qui nous emmène dans les contrées inattendues d’une affaire où jusqu’ici on n’avait en tête que la douleur des familles des victimes de l’attentat, la campagne ratée de Balladur et bien sûr les fantômes qui hantent le financement des partis politiques depuis des années. Hélène de Yougoslavie apporte dans cette affaire son nom, sa particule, du glam et un peu d’aristocratie. En témoigne cette une de Point de vue qui en faisait il y a 20 ans, une princesse de charme. Aujourd’hui Hélène est devenue la princesse de ce début d’automne et elle apporte plus que son sourire. Elle apporte des précisions.

Je vous présente ma famille

Je parle rarement de ma vie privée, mais j’aime beaucoup cette photo prise au mariage de ma sœur. C’était l’an dernier à la campagne. On était, je ne sais pas, 250 ou 300. Ma sœur est quelqu’un d’assez vaniteux et elle a donc voulu que je fasse un très long éloge d’elle et son mari. Je lui ai dit, je veux faire court, sinon les gens vont s’ennuyer, je lui ai dit à ma sœur. Elle m’a dit « non, je veux que tu parles au moins 45 minutes ». La photo a été prise par le père de mon beau-frère pendant que je causais devant les invités. Heureusement qu’il a pris la photo au début. Ma petite cousine Betty est au centre, sur les épaules de ma cousine germaine, Hélène, qu’on ne voit pas bien et qui s’est laissé pousser les cheveux. Devant à droite, c’est un autre de mes cousins, il est flou car il était déjà bourré ce jour-là, Eric le tonneau on l’appelle. Sinon à droite au 4e rang, il y a un type blond qui baille. Ca c’est un des mes oncles, Jean-Réné, qui ne supporte pas les mariages. Globalement, les gens s’ennuient pendant les discours d’où notre idée de faire le discours avant de servir le dîner, comme ça on n’entendait pas [...] Lire la suite

J’ai testé la plage de demain

Quand j’arrive sur la plage, un panneau électrique m’annonce la température du sable et m’indique si je dois porter ou pas des tongs pour ne pas me brûler les pieds. Un autre panneau indique aux religieux la partie de la plage interdite aux seins nus. Je vais dans le sens contraire. Piqué dans le sable, tous les trente mètres, ce qu’on appelle un arbre de tri permet de me débarrasser de mes canettes, peaux de banane et autres détritus en pensant à la planète. Je m’installe sur le sable après avoir étendu ma serviette en fibre de coton sans OGM. Le soleil est au zénith et voilà que surgit une hôtesse balnéaire grâce aux emplois jeunes redéployés par le nouveau gouvernement sorti des urnes de l’élection de 2022. Elle me distribue un flacon de crème protectrice indice 100 et me tend une brochure sur le cancer de la peau. Son job est cofinancé par l’agence locale pour le tourisme et l’environnement et la marque qui figure sur le flacon. En raison d’un durcissement de la législation sur le harcèlement sexuel, elle m’explique qu’elle n’est pas autorisée à m’étaler la crème mais me montre les gestes « bonnes pratiques » qui permettront de sauvegarder mon derme. Elle s’éloigne après m’avoir expliqué qu’un médecin sillonne la plage [...] Lire la suite

Le Pays Basque et la jeune fille au poisson

Je suis tombé sur elle dans l’escalier. Elle est belle n’est-ce pas ? Il est rare que poisson et féminité fassent bon ménage. A part chez les sirènes, peut-être. Elle est basque et surveille un escalier dans l’hôtel où je suis descendu en Basse-Navarre . A quoi reconnaît-on un pays ? C’est compliqué. Pour le touriste amouraché que je suis, je dirais qu’on reconnaît un pays à ce qu’il est capable de transmettre non pas aux touristes justement, mais à ses propres habitants. Voilà pourquoi la France ressemble de moins en moins à un pays et voilà pourquoi le Pays Basque n’a jamais cessé de l’être. Ceux qui y vivent doivent savoir de quoi je parle quant à ceux qui y passent quelques jours de vacances, ils mesurent combien la pluie n’est pas vraiment un problème quand on visite une terre aussi particulière. Je ne vais pas vous faire l’article sur le Pays Basque. Juste fixer pour moi quelques impressions. Après tout, les blogs sont aussi des carnets de voyages. Ce soir, la patronne de l’hôtel qui surveille son monde comme un maître nageur ses baigneurs m’a fait quelques confidences sur l’endroit où je me trouve. Saint-Etienne de Baïgorry. En réservant ma chambre, j’ignorais qu’un jour je mettrais les pieds sur une de ces terres qui revendiquent [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.