Archive pour la Catégorie 'Fabrique de l’info'

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Et si LeWeb11 devenait LaChair11 ?

Et si la mode était à la charcuterie et à la boucherie et pas au numérique ? Et si sur Twitter, au lieu d’échanger sur le High Tech nos conversations et nos live tweets portaient sur le porc, les abats et la découpe de viande ? Et si la croissance française et la branchitude c’était la bidoche ? Voilà ce qu’aurait donné le papier de Sophian Fanen (à qui je présente des excuses immédiates) publié ce matin dans Libération.Pour entendre le vrai Loic parler du vrai LeWeb11, c’est là

On est venu à LaChair11 (l’attachée de presse a dit qu’il fallait mettre un « le ») en pirate. Pas d’accréditation négociée en amont : il faut donc trouver la faille pour entrer, au milieu des agents de sécurité plus ou moins souriants et aidants envers les visiteurs non-clochés, l’équivalent ici des intouchables en Inde. Une fois la précieuse cloche autour du cou (« provisoire » tout de même, pas moyen de revenir demain profiter des cafés gratuits), on peut enfin aller profiter de l’ambiance folklorique du lieu.

Avec tout ça, on a raté le début de « la plénière », ou plutôt « le comice» comme dit Loïc. Le boucher français, exilé aux États-Unis, a créé ce grand raout hyperprotéïné en [...] Lire la suite

Le deuil collectif à l’heure numérique

C’est un fait divers avec tout ce qu’il a de factuel, d’atroce et de tristement commun. Il interpelle les camarades, les amis et les proches d’Agnès Marin, il met en cause l’administration judiciaire et remet pour la énième fois sur la table la question de la récidive et de la prévention qui devrait aller avec. Il révèle aussi un aspect du deuil à l’époque médiatique. Qu’est-ce que le deuil, au fait ? Wikipédia en donne la définition suivante (extrait) : « C’est un processus actif : on dit « faire le deuil ». La personne en deuil peut sembler ataraxique, ou dépressive, mais un cheminement intérieur se fait. Dans un premier temps, il n’est donc pas simple de distinguer ce qui en est positif pour la personne ». Le deuil se décompose, selon les spécialistes, en 5 étapes : le choc, la colère, le marchandage, l’acceptation, la résilience.

Depuis plusieurs années, Internet a accéléré l’enchainement de ces 5 phases. A l’heure de la société du spectacle et de la médiatisation des sentiments, la technologie a permis l’organisation rapide de chapelles ardentes numériques ou le recueillement intime devient un recueillement extime, parfois touchant, parfois grossier et tapageur.

Très vite après la nouvelle de la mort d’Agnès Marin,  sera postée sur Youtube une vidéo illustrée de [...] Lire la suite

Godard « Nous devons mille milliards de droits d’auteur à la Grèce »

C’est marrant le surf, tu fais des recherches fiscales, et au hasard, tu découvres un entretien de Jean-Luc Godard sur son Film Socialisme, tu lis un peu et tu tombes sur ce que disais le cinéaste sur la crise grecque en mai 2010. Il faut le relire, c’était original, en avance, poétique aussi. Extrait repris sur les Inrocks.com

La crise grecque résonne fortement avec votre film…

On devrait remercier la Grèce. C’est l’Occident qui a une dette par rapport à la Grèce. La philosophie, la démocratie, la tragédie… On oublie toujours les liens entre tragédie et démocratie. Sans Sophocle pas de Périclès. Sans Périclès pas de Sophocle. Le monde technologique dans lequel nous vivons doit tout à la Grèce. Qui a inventé la logique ? Aristote. Si ceci et si cela, donc cela. Logique. C’est ce que les puissances dominantes utilisent toute la journée, faisant en sorte qu’il n’y ait surtout pas de contradiction, qu’on reste dans une même logique. Hannah Arendt avait bien dit que la logique induit le totalitarisme. Donc tout le monde doit de l’argent à la Grèce aujourd’hui. Elle pourrait demander mille milliards de droits d’auteur au monde contemporain et il serait logique de les lui donner. Tout [...] Lire la suite

10 observations sur l’affaire DSK et « la bête Internet »"

J’irai demain causer ici. J’ai pris des notes pour me préparer à ce que je crois pouvoir dire, je vous les livre. Il n’y a pas si longtemps, il se trouvait toujours quelques éditorialistes, un ou deux intellectuels et quelques politiques pour dénoncer la tyrannie de la transparence à laquelle « Internet » – je veux parler de cet animal comparable aux marché financiers, à la météo ou au destin – soumet désormais quiconque est pris dans la tourmente. Il m’a semblé que dans l’affaire DSK, paradoxalement, les internautes ont plutôt respecté la vie privée de l’intéressé.

1/ Quand l’affaire a éclaté, c’est certes un message twitté qui a mis le feu aux poudres mais il révélait, préfigurait une information bouleversante : l’arrestation de DSK.

2/ Quand l’affaire s’est immédiatement répandue, ce sont les médias du monde entier qui ont pris le pas sur Twitter ou Facebook, en premier lieu les chaînes d’information en continu qui ont relayé les images infamantes de l’homme menottes aux poignets.

3/ Quand les premières audiences ont eu lieu, ce sont des journalistes qui ont utilisé les réseaux sociaux, dans l’enceinte même de la salle d’audience, révélant le fonctionnement de la justice américaine en temps réel mais sans qu’on puisse leur reprocher un quelconque voyeurisme.

4/ Quand le choc [...] Lire la suite

DSK des SMS au CNRS

Il le fallait.  Après nous avoir déçus, irrités, amusés, consternés, indignés, abasourdis, l’affaire DSK devait un jour ou l’autre finir par nous rendre plus savant. Le 18 novembre prochain ce sera chose faite puisque l’affaire politique la plus médiatisée de ces dernières années aura les honneurs de la Sorbonne et du laboratoire de « Communication et politique » du CNRS qui lui consacrera une journée entière. Les universitaires sont des gens formidables et n’ont pas leur pareil pour mettre de l’ordre dans un sujet : ils savent le découper et le disséquer. Il manquera bien sûr dans le programme de cette rencontre les développements récents de l’affaire. Je veux parler de ce qui a été découvert dans le cadre de l’enquête sur les « clients » du Carlton de Lille et qui donne une dimension plus profonde à ce que certains ont qualifié de simple fait divers. Car s’il s’avère que les largesses dont a bénéficié DSK débouchent au fil des enquêtes sur une affaire politico-économique de plus grande envergure, il faudra sans doute un autre colloque l’année prochaine. Mais je suis certain qu’à froid, la recherche en sciences sociales apportera déjà, dès vendredi prochain, un regard inédit sur les splendeurs et les misères de l’ex directeur général du FMI. Venez nombreux.

Journée d’étude du Laboratoire Communication et Politique [...] Lire la suite

Baroin, l’effraction de 1997, dans le texte.

Hier « l’effraction parlementaire de 1997″ a conduit les députés socialistes à quitter l’hémicycle, insultés qu’ils s’estimaient par la formule. Comme souvent, faute de temps, faute de place, faute d’espace, la presse ne retient qu’un extrait. Je me suis amusé hier, casque sur les oreilles à dactylographier comme sous la dictée la sortie de François Baroin telle qu’elle apparaît dans cette vidéo. Ecrire la parole, c’est finalement la mastiquer mieux, c’est mieux la comprendre, non seulement pour la restituer en son contexte mais également pour comprendre que l’attaque était construite, certes, mais également violente en tout point. Il faut répérer ici les répétitions, les formules rhétoriques sous forme de fausses questions, la mise en cause du courage, bien entendu la fameuse effraction et enfin le coin de table. On notera également, qu’au moment d’évoquer les 35 heures, Baroin fait mine de croire que DSK est face à lui. Evidemment, il ne l’est pas, c’est une autre façon de renvoyer aux socialistes le nom de leur camarade maudit. Bref, le texte de la salve me paraît mériter une (re)lecture. Elle vous apportera je crois davantage que le simple visionnage de la vidéo ou l’écoute partielle de « l’effraction de 1997″.

« Monsieur Muet, vous posez la question du courage… Est-ce du courage, pour satisfaire quelques catégories soi-disant favorables sur le [...] Lire la suite

5 fruits et légumes contre la télé qui tue : que fait l’Etat ?

Il n’avait donc pas tort le candidat primaire Montebourg quand il déclarait à Libération la semaine dernière : « Les cahiers des charges de TF1 seront durcis au niveau culturel, en termes de pluralisme, la télé-réalité sera interdite… »

Interdire la télé-réalité ! La formule a été souvent reçue comme une outrance. Pourtant vendredi, Le Monde n’a pas hésité à titrer en une que la télé tue. Elle tue par l’exercice physique auquel elle se substitue, elle tue par la violence qu’elle peut contribuer à banaliser, elle tue parce qu’on s’engraisse en la regardant. Elle tue l’esprit quand elle ne nous demande pas un effort en proposant des programmes ambitieux. La télé s’occupait de notre temps de cerveau disponible, si on en croit Le Monde, elle réduirait l’espérance de vie disponible aussi.

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics et l’Union Européenne nous prescrivent d’arrêter de fumer, de manger 5 fruits et légumes par jour, de faire du sport, de ne pas maltraiter notre prochaine, de respecter la nature, de ramasser les crottes de chiens sur le trottoir.

Nous trouvons ça naturel, souvent nécessaire.

Bizarrement, il n’y a aucune campagne pour nous prescrire d’être moins cons. Quand je dis moins cons, je veux dire que les pouvoirs publics n’ont jamais osé nous inciter à faire travailler nos méninges, [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.