L’Observatoire pour l’égalité a lancé la semaine dernière une campagne choc pour sensibiliser l’opinion aux progrès qui restent à faire en matière d’égalité homme-femme. Bien entendu la campagne est excellente, encensée, décalée, super et va challenger les candidats à l’élection présidentielle… Et après ? Jamais on a autant parlé d’égalité, autant causé parité, tenu colloque, manifesté même, et jamais on a autant pédalé dans la choucroute. Y’a qu’à ! En décembre, la commission sur l’image des femmes dans les médias rendait un rapport qui pointait « Le décalage entre les représentations stéréotypées des femmes et la réalité de leurs rôles dans la société ». Le rapport dit chaque année la même chose. Chaque semaine, une initiative pleine de bonne volonté interpelle l’opinion. Faut’qu’on ! Dans les médias, surgissent alors les débats pleins de bonne volonté, l’occasion de convier un peu plus de femmes que d’habitude. On tape du point sur la table, on donne des chiffres, on se lamente sur les écarts de salaire, on félicite les associations et zou, rendez-vous le 8 mars. Et puis ? Rien ou presque. En réalité, le seul espace où la parité se fait, c’est paradoxalement Internet, lieu de tous les vices, de toutes les insultes, de toutes les dérives modernes. Internet ! Où le cul, la violence et le [...] Lire la suite
Archive pour la Catégorie 'Débats'
Le 11 décembre dernier le site divorce.fr organisait à Lille une grande journée de coaching pour couples candidats à la séparation (conseils, calinothérapie, accompagnement). Le site répondait même à cette question : Qui garde le chien ?
Avant que n’intervienne le divorce online, on peut s’amuser à faire l’inventaire des séquences de la vie que nous pouvons aujourd’hui déléguer à des coachs en ligne. Faire connaissance sur serencontrer.com, améliorer son potentiel de séduction sur coachseduction.fr, préparer ses noces sur moncoachmariage.fr, réapprendre le cunnilingus sur sexualité-coaching.com, procréer sur coaching-grossesse.aujourdhui.com ou sa variante écolo lecoachgrossessebio.com. Le temps passant, on lavera son linge sale sur coach-famille.fr. Viendront les premiers soucis conjugaux à soumettre à couples.consultations-online.com ou sos-rupture.fr avant de nous résoudre à cliquer sur separationcoach.com et fatalement échouer sur divorce.fr.
Tous ces sites existent bel et bien. Ils racontent à la fois la vitalité commerciale d’Internet et l’étendue de notre détresse relationnelle et sentimentale. Ils disent également combien la société du coaching commercial, a remplacé plus ou moins avantageusement les référents et les hiérarchies d’autrefois. Qu’il s’agisse d’apprendre ou d’éduquer, de maigrir, de se soigner, de grandir, de mûrir ou de se confier, internet apporte un substitut automatisé dans un monde désintermédié. L’instituteur, le prêtre, l’ami de la famille, le médecin de campagne, le syndicaliste, l’employeur ou encore le chaperon, voilà [...] Lire la suite
Je vais faire court parce que je n’ai pas le temps d’aller pomper ce que j’ai à dire ailleurs. Les flagrants-délits de plagiats se succèdent et se ressemblent. Les détracteurs du net et de ses facilités y verront le fléau du copier-coller, le nouveau cauchemar du grand mix numérique qui favorise l’appropriation de la prose d’autrui par une génération d’écervelés. C’est effectivement si facile d’aller piquer des morceaux de billet, des extraits de Wikipédia. Tout ça c’est très Net. Sauf que la culture du Net est avant tout celle du lien, du partage, de la transmission. Une des valeurs constantes et montantes d’internet depuis que j’y navigue, ce n’est pas de s’asseoir sur une info, un texte et de se l’approprier, non, c’est de le diffuser. Il y a aujourd’hui un vrai choc de culture entre les passeurs et les copieurs. Entre ceux qui créent seuls ou font le lien et ceux qui piquent en lousdé. Entre les partageurs et les accapareurs. Je sais qu’on est pressé, que parfois on a lu et retenu si bien et qu’on copie sans faire exprès une formule tellement elle a imprimé l’esprit (Hier, j’ai cru trouvé un titre « La Sicav et la fourmi, et pas de bol, un Lire la suite
Au lieu de m’apprendre à préparer ma retraite, à l’école on m’a enseigné La cigale et la fourmi. Résultat, une génération qui n’a rien prévu, qui n’a pas anticipé le renversement de la pyramide des âges, le manque de jeunes actifs, les séniors qu’on met au rencard. Ma solution est d’enseigner très tôt aux enfants cette fable revisitée. Qu’ils l’apprennent par coeur, la récitent à leurs parents dispendieux, insouciants et la reprennent à leur compte.
Mon Papa ayant claqué
Toute sa vie,
Se trouva fort sur le cul
Quand le grand âge fut venu
Pas une SICAV, ni un PEA
Papa l’était dans l’caca.
Résultat chez les experts
Il alla crier misère,
« J’ai rien prévu, j’ai des dettes
J’ai négligé ma retraite
Foutu la répartition.
J’ai vraiment joué au couillon,
Ni épargne, ni capital ».
Mon père il vieillira mal.
Démographie renversée,
Couteuse solidarité !
Les pensions c’est quedal
Papa que s’est-il passé
A Europe1 kestafait ?
Hélas ma fille j’ai glandé.
T’as glandé ? J’en suis fort aise.
Ben maintenant t’es d’la baise.
D’après Jean de La Fontaine « La cigale et la fourmi ». Version radio ici demain vers 18h…
C’est un fait divers avec tout ce qu’il a de factuel, d’atroce et de tristement commun. Il interpelle les camarades, les amis et les proches d’Agnès Marin, il met en cause l’administration judiciaire et remet pour la énième fois sur la table la question de la récidive et de la prévention qui devrait aller avec. Il révèle aussi un aspect du deuil à l’époque médiatique. Qu’est-ce que le deuil, au fait ? Wikipédia en donne la définition suivante (extrait) : « C’est un processus actif : on dit « faire le deuil ». La personne en deuil peut sembler ataraxique, ou dépressive, mais un cheminement intérieur se fait. Dans un premier temps, il n’est donc pas simple de distinguer ce qui en est positif pour la personne ». Le deuil se décompose, selon les spécialistes, en 5 étapes : le choc, la colère, le marchandage, l’acceptation, la résilience.
Depuis plusieurs années, Internet a accéléré l’enchainement de ces 5 phases. A l’heure de la société du spectacle et de la médiatisation des sentiments, la technologie a permis l’organisation rapide de chapelles ardentes numériques ou le recueillement intime devient un recueillement extime, parfois touchant, parfois grossier et tapageur.
Très vite après la nouvelle de la mort d’Agnès Marin, sera postée sur Youtube une vidéo illustrée de [...] Lire la suite
J’irai demain causer ici. J’ai pris des notes pour me préparer à ce que je crois pouvoir dire, je vous les livre. Il n’y a pas si longtemps, il se trouvait toujours quelques éditorialistes, un ou deux intellectuels et quelques politiques pour dénoncer la tyrannie de la transparence à laquelle « Internet » – je veux parler de cet animal comparable aux marché financiers, à la météo ou au destin – soumet désormais quiconque est pris dans la tourmente. Il m’a semblé que dans l’affaire DSK, paradoxalement, les internautes ont plutôt respecté la vie privée de l’intéressé.
1/ Quand l’affaire a éclaté, c’est certes un message twitté qui a mis le feu aux poudres mais il révélait, préfigurait une information bouleversante : l’arrestation de DSK.
2/ Quand l’affaire s’est immédiatement répandue, ce sont les médias du monde entier qui ont pris le pas sur Twitter ou Facebook, en premier lieu les chaînes d’information en continu qui ont relayé les images infamantes de l’homme menottes aux poignets.
3/ Quand les premières audiences ont eu lieu, ce sont des journalistes qui ont utilisé les réseaux sociaux, dans l’enceinte même de la salle d’audience, révélant le fonctionnement de la justice américaine en temps réel mais sans qu’on puisse leur reprocher un quelconque voyeurisme.
4/ Quand le choc [...] Lire la suite
Hier « l’effraction parlementaire de 1997″ a conduit les députés socialistes à quitter l’hémicycle, insultés qu’ils s’estimaient par la formule. Comme souvent, faute de temps, faute de place, faute d’espace, la presse ne retient qu’un extrait. Je me suis amusé hier, casque sur les oreilles à dactylographier comme sous la dictée la sortie de François Baroin telle qu’elle apparaît dans cette vidéo. Ecrire la parole, c’est finalement la mastiquer mieux, c’est mieux la comprendre, non seulement pour la restituer en son contexte mais également pour comprendre que l’attaque était construite, certes, mais également violente en tout point. Il faut répérer ici les répétitions, les formules rhétoriques sous forme de fausses questions, la mise en cause du courage, bien entendu la fameuse effraction et enfin le coin de table. On notera également, qu’au moment d’évoquer les 35 heures, Baroin fait mine de croire que DSK est face à lui. Evidemment, il ne l’est pas, c’est une autre façon de renvoyer aux socialistes le nom de leur camarade maudit. Bref, le texte de la salve me paraît mériter une (re)lecture. Elle vous apportera je crois davantage que le simple visionnage de la vidéo ou l’écoute partielle de « l’effraction de 1997″.
« Monsieur Muet, vous posez la question du courage… Est-ce du courage, pour satisfaire quelques catégories soi-disant favorables sur le [...] Lire la suite
































Vengeurs, X-Men, etc.
9 h 25 min - 4 février 2012 par idigiwiz
22 h 21 min - 3 février 2012 par poisson
19 h 10 min - 3 février 2012 par Anne-ô-ni-mousse
13 h 14 min - 3 février 2012 par davidabiker
12 h 50 min - 3 février 2012 par Thibault F.