Archive mensuelle de octobre 2011

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Les 10 leçons des primaires…

  1. Une machine électorale même à gaz peut finir par décoller
  2. Le naufrage politique de DSK n’a pas fait couler le navire socialiste
  3. Les journalistes racontaient n’importe quoi sur les primaires il y a 12 mois
  4. 6 socialistes peuvent faire de l’audience
  5. La pub c’est cher, mais le brand content socialiste c’est gratuit
  6. La redevance télé a financé une belle campagne de recrutement de sympathisants PS : gratos
  7. Montebourg concepteur des primaires en sortira gagnant même s’il les perd
  8. Terra Nova est le vainqueur discret des primaires
  9. Les primaires ont fait oublier les courants
  10. Les Français sont sympas et ont donné leur chance aux socialistes
  11. Le vote en ligne c’est pas pour demain
  12. Charles Pasqua a eu raison avant tout le monde
  13. Je sais, j’avais annoncé 10 résultats

La nuit, je sauce et autres petits textes sur Paris-parus

Mon ami Thierry Richard vient de publier un Paris pour les Hommes, un faux guide en forme d’autobiographie du goût. Il m’a gentiment demandé de lui donner mes adresses, je lui ai rendu « La nuit je sauce » et j’ai repensé à ce moment au temps où je pigeais pour Paris Obs. Je rendais chaque moi 1500 signes sur un Paris de carte postale un peu bobo-pénible.

La nuit je sauce. J’ai toujours eu la frayeur des « adresses », des bons plans, des bars et des restaurants dans le coup. Sans doute la peur panique de n’y être pas à ma place, de n’y être pas attendu où de ne pas ressembler assez à la clientèle. Angoisse de ne pas en être avant même d’y être. C’est plus fort que moi, un restaurant, un bistrot, c’est un lieu qu’on ne cherche pas, qu’on ne repère pas. Ca ne peut pas se trouver sur un plan ou sur internet. Pour être bien quelque part, il me faut juste pousser la porte et cuisiner mon habitude. Je commence à être un vieux chat. Pour moi « Comme d’habitude » n’aurait jamais dû être une chanson triste. Les habitudes, c’est ce qui habille un homme, c’est ce qui patine son cuir ; elles sont des « adresses à soi-même », des choix heureux [...] Lire la suite

5 fruits et légumes contre la télé qui tue : que fait l’Etat ?

Il n’avait donc pas tort le candidat primaire Montebourg quand il déclarait à Libération la semaine dernière : « Les cahiers des charges de TF1 seront durcis au niveau culturel, en termes de pluralisme, la télé-réalité sera interdite… »

Interdire la télé-réalité ! La formule a été souvent reçue comme une outrance. Pourtant vendredi, Le Monde n’a pas hésité à titrer en une que la télé tue. Elle tue par l’exercice physique auquel elle se substitue, elle tue par la violence qu’elle peut contribuer à banaliser, elle tue parce qu’on s’engraisse en la regardant. Elle tue l’esprit quand elle ne nous demande pas un effort en proposant des programmes ambitieux. La télé s’occupait de notre temps de cerveau disponible, si on en croit Le Monde, elle réduirait l’espérance de vie disponible aussi.

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics et l’Union Européenne nous prescrivent d’arrêter de fumer, de manger 5 fruits et légumes par jour, de faire du sport, de ne pas maltraiter notre prochaine, de respecter la nature, de ramasser les crottes de chiens sur le trottoir.

Nous trouvons ça naturel, souvent nécessaire.

Bizarrement, il n’y a aucune campagne pour nous prescrire d’être moins cons. Quand je dis moins cons, je veux dire que les pouvoirs publics n’ont jamais osé nous inciter à faire travailler nos méninges, [...] Lire la suite

Steve Jobs, le service et le soft power

L’an dernier, j’ai laissé tomber mon IPhone et sa vitre s’est brisée. J’ai fait alors une expérience qui peut rappeler la Divine Comédie de Dante. Une divine comédie du service.

L’Enfer. J’ai commencé par appeler des revendeurs et autres réparateurs d’IPhone plus ou moins agréés. Là, on me disait qu’il m’en coûterait 175 euros de réparation si j’apportais ma machine. J’étais sceptique.

Le Purgatoire. Je me souviens m’être rendu ce jour-là chez l’opérateur téléphonique qui m’avait vendu le téléphone. Un premier vendeur m’avait expliqué que le téléphone serait changé dans l’heure si je contactais ce numéro : 0 800 etc. J’avais appelé, personne ne répondait, le service n’existait pas, le vendeur affabulait. J’étais revenu un quart d’heure plus tard. Un second vendeur – l’autre était en pause – m’avait cette fois expliqué qu’il n’y avait rien à faire et que pour être dépanné, il me faudrait attendre. En revanche, le téléphone me serait remplacé si je déclarais que j’avais été bousculé par un tiers et que le téléphone était cassé. Une escroquerie à l’assurance, tout simplement. J’hésitais encore.

Le Paradis. Je pris enfin le parti d’appeler la Hotline du fabricant. Je dû patienter une minute avant le décroché et une proposition de rendez-vous dans la foulée. 14 heures à l’Apple Store du Louvre. J’arrivais [...] Lire la suite

Mentir ou rester soi-même pour réussir sa période d’essai…

Sur internet il y a des milliers de sites qui vous expliquent comment réussir votre période d’essai et plus généralement votre vie professionnelle. Il y a tellement de sites et tant de conseils pour réussir qu’on se demande vraiment comment il est possible qu’il y ait autant de chômage.

Le conseil qui revient souvent, comme une sorte d’injonction étonnante et redondante, ce conseil, c’est « restez vous-même ». Comment réussir son entretien d’évaluation ? Restez soi-même. Comment se comporter pendant la période d’essai avec vos ex-futurs collègues ? Rester soi-même. Comment prendre la parole en réunion ? Rester soi-même.

Ce conseil d’ami est exactement le même que celui qui est adressé aux candidats dans les émissions de télé réalité : surtout Jennifer, tu restes toi-même, surtout tu restes comme tu es, tu restes « vraie » et spontanée. Surtout tu n’hésites pas à parler sans réfléchir, surtout si une connerie te passe par la tête, tu la dis et tu articules… Car la devise c’est plutôt crever que de faire un effort sur soi, plutôt mourir que d’être fausse, que d’être une autre. Il faut être authentique.

Dans un monde où tout le monde ment par le truchement d’artifices divers et variés qui vont du silicone au fard en passant par Photoshop et la propagande, « Rester soi-même » relève de ce [...] Lire la suite

Himmler, DRH

C’est un livre point Godwin et pour cause. Ressources Inhumaines de Fabrice d’Almeida (mon camarade de Semaine Critique) raconte le management des ressources humaines dans les camps de concentration. Qui l’eût cru ? Comment imaginer qu’Himmler grand chef et DRH improvisé des SS se soit soucié de manager les ressources humaines d’un côté des barbelés quand de l’autre il organisait ce massacre de millions de prisonniers qui allait devenir un crime contre l’humanité.

Le nazisme n’a jamais été à un paradoxe près mais celui que décortique mon ami historien Fabrice d’Almeida est de taille. Au début de la guerre, une inspection conduit Himmler à assister  une exécution de masse (à l’arme à feu, donc rudimentaire, longue, pénible) ; le patron des camps constate que les plus zélés tueurs sont parfois écoeurés par la mission qui leur est confiée (voir Les Bienveillantes, Jonathan Littell).

Himmler décide alors de remettre l’homme au cœur de l’économie concentrationnaire. Mais pas n’importe lequel. Pas le juif, pas l’homosexuel, pas le communiste et moins encore le tzigane. Non, Himmler fait du gardien ou de la gardienne de camps l’objet de toutes ses attentions. C’est en manageant ces gardiens, véritables soldats du front arrière, véritables combattants de la révolution nationale socialiste que se gagnera la bataille contre les asociaux et les ennemis [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.