La pochette du 45 tours a traîné chez mes parents jusqu’à notre déménagement de 1987. Après, ne m’est resté dans la tête qu’une partie des paroles. « You’re romantic, i’m a man », j’ai tapé ce que j’en avais retenu dans google ce soir et j’ai retrouvé ça. Je ne regrette pas. Le garçon a aujourd’hui 64 ans.
Archive mensuelle de août 2011
Je poursuis ma lecture de Splendeurs et misères des courtisanes. On a vu dans Balzac un sociologue de son temps, un romancier historien génial. On pourrait aussi relire le Balzac des clichés sexistes et racistes. Évidemment, il faut toujours remettre les généralités balzaciennes sur le genre et les races dans leur contexte, n’empêche… Je tombe, entre autres, sur cette description psycho-morphologique du caractère corse. Nul doute que s’il écrivait ça aujourd’hui, Honoré se mettrait à dos les insulaires et pourquoi pas les associations de lutte contre le racisme.
« Théodore Calvi, jeune homme au teint pâle et olivâtre, à cheveux blonds, aux yeux caves et d’un bleu trouble, très bien proportionné d’ailleurs, d’une prodigieuse force musculaire cachée sous cette apparence lymphatique que présentent parfois les Méridionaux, aurait eu la plus charmante physionomie sans des sourcils arqués, sans un front déprimé, qui lui donnaient quelque chose de sinistre, sans des lèvres rouges d’une cruauté sauvage, et sans un mouvement de muscles qui dénote cette faculté d’irritation particulière aux Corses, et qui les rend si prompts à l’assassinat dans une querelle soudaine ».
“Sur la plage abandonnée / Coquillages et crustacés / Qui l’eût cru déplorent la perte de l’été / Qui depuis s’en est allé…” Brigitte Bardot l’a bien théorisé dans La Madrague, la fin des vacances est un moment d’une infinie tristesse. Pour être plus précis, il s’agit de cet instant où le vacancier qui sait ses jours comptés scrute l’horizon ou le paysage et prend conscience du temps qui passe et du caractère précaire des beautés de ce monde. Seul face à la mer, les mains dans les poches de son pantacourt, il sent monter dans sa gorge deux boules de nostalgie qui annoncent de grands retours de bâton, des embouteillages de sentiments gris et la conviction que ce qui a été ne sera plus. C’est le paradoxe des vacances. Quand on va les prendre on ne les a pas mais on est heureux et quand on les a prises on les a eues mais on est frustré. Et c’est en cet instant précis que les vacances sont les plus belles. Lorsqu’une fois rendues les clés de la location, nous contemplons le paysage que nous laisserons demain derrière nous. Michel Eltchaninoff (1) à qui je téléphone mon désespoir m’explique que nous sommes les « inventeurs» des paysages qui nous rendent tristes. [...] Lire la suite
Finalement on part très loin pour se dépayser mais on est toujours rattrapé par les livres. Je me dis ça face à la mer, devant un paysage de rêve dont il ne restera pas grand-chose au retour des vacances. Je sais en revanche que chacun des livres emportés avec moi est un élément du décor estival autrement plus puissant que le bleu du ciel ou le vert des cocotiers. Pour moi les vacances ont toujours un goût de beignets, de glace, de niniches et de livres. Il faut sans doute tout ça pour faire de belles et grandes vacances. Ainsi, de cet été 2011, je me souviendrai certainement de Solaire de Ian Mc Ewan, d’un James Hadley Chase déjà oublié, d’Eugénie Grandet, de La femme de trente ans et de Splendeurs et misères des courtisanes (Balzac), de Proies de Mo Hayder et enfin de La cliente de Pierre Assouline. Voilà où j’en suis. A ceux qui sont déjà dépassés par les centaines de romans qui sortiront en septembre, je recommande Solaire. C’est un livre drôle, intelligent, magnifique sur le temps présent, sur le rapport des hommes à la science, au bien, au mal, à la morale. Délicieusement incorrect. Solaire pourrait aussi s’intituler : Les prix Nobel sont des hommes comme les autres…
J’aime cette boulimie [...] Lire la suite
En lisant Splendeurs et misères des courtisanes, je tombe sur ce passage que je soumets aux critiques actuels des médias. Visiblement, Balzac ne les a pas attendus pour croquer la profession, mieux, il les a devancés.
« Quiconque a trempé dans le journalisme, ou y trempe encore, est dans la nécessité cruelle de saluer les hommes qu’il méprise, de sourire à son meilleur ennemi, de pactiser avec les plus fétides bassesses, de se salir les doigts en voulant payer ses agresseurs avec leur monnaie. On s’habitue à voir faire le mal, à le laisser passer ; on commence par l’approuver, on finit par le commettre. À la longue, l’âme, sans cesse maculée par de honteuses et continuelles transactions, s’amoindrit, le ressort des pensées nobles se rouille, les gonds de la banalité s’usent et tournent d’eux-mêmes. Les Alcestes deviennent des Philintes, les caractères se détrempent, les talents s’abâtardissent, la foi dans les belles œuvres s’envole. Tel qui voulait s’enorgueillir de ses pages se dépense en de tristes articles que sa conscience lui signale tôt ou tard comme autant de mauvaises actions. On était venu, comme Lousteau, comme Vernou, pour être un grand écrivain, on se trouve un impuissant folliculaire. Aussi ne saurait-on trop honorer les gens chez qui le caractère est à la hauteur du talent, [...] Lire la suite
« Mon mari ne fait aucun sport ». C’est en ces termes souvent que ma femme use de sa liberté d’expression pour résumer d’un trait – et d’un regret – ma défiance vis-à-vis du jogging, du tennis ou du football. Je ne fais pas de sport. Du fond de mon hamac, j’en fais l’aveu, clope au bec. Et je ne suis pas le seul. N’empêche, dans une société de précaution pour qui l’impératif catégorique se résume aujourd’hui à rester en forme, l’homme est un animal sportif avant d’être social. Je me sais en dehors des clous comme un abstentionniste et pris d’un sentiment de culpabilité, je me mets donc en mouvement. Mais, au lieu de courir chez Décathlon, je vais consulter mes philosophes pour leur poser la question métaphysique de base : pourquoi faire du sport plutôt que rien ?
Bernard Chambaz(1) à qui je demande à quoi il pense quand sur son vélo il pédale me répond « A tout et à rien ». Voilà de quoi cogiter sur le zéro et l’infini. Pour autant, je peux penser « à tout et à rien » sans me mettre en selle. Mais avec Bernard j’ai compris une chose, le sport est une façon de grandir, de se confronter à soi et aux autres tout en [...] Lire la suite
Que faire de nos ados en vacances ? Comment les occuper sagement ? Je me pose la question à l’heure de l’Ouzo quand, relisant Platon sous mon figuier, l’idée me vient de fonder le temps d’un été une école de philosophie pour ados. Souvenons-nous que vers – 387 avant Jésus Christ, Platon ouvrit dans les faubourgs d’Athènes une académie qui forma la crème des philosophes pendant des siècles. Je n’ai devant moi que quelques semaines mais déjà un programme qui devrait leur plaire sachant qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Pour eux la philo sera ludique, musicale et techno : séries donc, rocks et jeux vidéo.
Car si Platon n’a rien publié depuis 22 siècles, je peux compter en revanche sur trois jeunes quadras bien vivants dont j’ai apporté avec moi des œuvres récentes. Francis Métivier et son Rock’n Philo(1), Thibaut de Saint-Maurice et les deux tomes de sa Philosophie en séries(2) – américaines, les séries – et enfin Mathieu Triclot et sa Philosophie des jeux vidéos (3). Ces trois-là me fournissent le socle pédagogique de ma Philo Académie. Ils incarnent une nouvelle génération de philosophes qui trouvent à réfléchir sur Kant, Hegel ou Spinoza devant un épisode de Docteur House, une chanson des Doors ou une partie de Lara Croft.
Avec [...] Lire la suite






























Vengeurs, X-Men, etc.
23 h 31 min - 20 février 2012 par Chris
17 h 41 min - 20 février 2012 par VeCh
20 h 17 min - 19 février 2012 par Isabelle
18 h 38 min - 19 février 2012 par poisson
15 h 34 min - 19 février 2012 par Martin