Quand j’arrive sur la plage, un panneau électrique m’annonce la température du sable et m’indique si je dois porter ou pas des tongs pour ne pas me brûler les pieds. Un autre panneau indique aux religieux la partie de la plage interdite aux seins nus. Je vais dans le sens contraire. Piqué dans le sable, tous les trente mètres, ce qu’on appelle un arbre de tri permet de me débarrasser de mes canettes, peaux de banane et autres détritus en pensant à la planète. Je m’installe sur le sable après avoir étendu ma serviette en fibre de coton sans OGM. Le soleil est au zénith et voilà que surgit une hôtesse balnéaire grâce aux emplois jeunes redéployés par le nouveau gouvernement sorti des urnes de l’élection de 2022. Elle me distribue un flacon de crème protectrice indice 100 et me tend une brochure sur le cancer de la peau. Son job est cofinancé par l’agence locale pour le tourisme et l’environnement et la marque qui figure sur le flacon. En raison d’un durcissement de la législation sur le harcèlement sexuel, elle m’explique qu’elle n’est pas autorisée à m’étaler la crème mais me montre les gestes « bonnes pratiques » qui permettront de sauvegarder mon derme. Elle s’éloigne après m’avoir expliqué qu’un médecin sillonne la plage [...] Lire la suite
Archive mensuelle de juillet 2011
J’ai reçu la semaine dernière un livre curieux signé d’un certain Lamar Queen. Il s’intitule « Entreprises, fuyez ! ». C’est un éditeur confidentiel et je ne connais pas le consultant (si c’en est un) qui a rédigé cet opuscule. En clair, l’auteur prend le contrepied de tout ce qui s’écrit ici où là sur la nécessité impérieuse pour les marques de s’investir sur internet. La thèse en bref est la suivante : au lieu d’investir le virtuel, investissez le réel et revenez créer de l’activité « au pays ». Malgré le ton critique, on reconnaît la réflexion pragmatique du prestataire de service, laquelle s’ordonne autour du triptyque : contexte, diagnostic, recommandation.
La partie 1 de l’ouvrage intitulée « Les prophètes professent en professionnels » se résume ainsi. Depuis l’émergence (j’adore le mot) des réseaux sociaux, une littérature abondante prescrit aux entreprises d’affirmer leur présence sur internet et particulièrement sur les réseaux sociaux au nom des intérêts du consommateur. Cette littérature est presque exclusivement produite par des prestataires de services ayant intérêt à développer l’activité commerciale en ligne. Lamar Queen décrit ainsi ce qu’il appelle une entreprise d’autolégitimation des firmes de conseil sur un secteur en friche. « En recommandant d’investir sur les réseaux sociaux, les littérateurs du secteur crée un besoin au nom d’une [...] Lire la suite
La musique met en ordre nos peines disait Alain. J’ajouterais qu’elle met aussi en ordre nos vacances. Il n’y a pas de vacances sans musique. Car après avoir contemplé la mer, la montagne ou la campagne, après s’être émerveillé devant un beau paysage, il faut quelque chose qui ramasse les émotions, les résume, bref, quelque chose qui transforme l’impression en souvenir. Souvent la musique assure cette finition. Je vous propose donc aujourd’hui une vingtaine de chansons qui résument, d’une certaine façon, l’esprit des vacances, du voyage et de l’évasion. 21 profils de vacanciers en chansons, pour être exact. Lequel êtes-vous ? C’est toute la question.
1. La juilletiste. Elle aurait pas dû partir en juillet.
2. Le couple bobo. Il vous casseront les c… avec l’huile d’olive bio ramenée de là-bas. Bobos de merde…
3. Le romantique. ca fait un bout de temps qu’il lui promet l’île de Ré. Elle attend toujours.
4. Le jet setter. Il passe [...] Lire la suite
Je suis tombé sur elle dans l’escalier. Elle est belle n’est-ce pas ? Il est rare que poisson et féminité fassent bon ménage. A part chez les sirènes, peut-être. Elle est basque et surveille un escalier dans l’hôtel où je suis descendu en Basse-Navarre . A quoi reconnaît-on un pays ? C’est compliqué. Pour le touriste amouraché que je suis, je dirais qu’on reconnaît un pays à ce qu’il est capable de transmettre non pas aux touristes justement, mais à ses propres habitants. Voilà pourquoi la France ressemble de moins en moins à un pays et voilà pourquoi le Pays Basque n’a jamais cessé de l’être. Ceux qui y vivent doivent savoir de quoi je parle quant à ceux qui y passent quelques jours de vacances, ils mesurent combien la pluie n’est pas vraiment un problème quand on visite une terre aussi particulière. Je ne vais pas vous faire l’article sur le Pays Basque. Juste fixer pour moi quelques impressions. Après tout, les blogs sont aussi des carnets de voyages. Ce soir, la patronne de l’hôtel qui surveille son monde comme un maître nageur ses baigneurs m’a fait quelques confidences sur l’endroit où je me trouve. Saint-Etienne de Baïgorry. En réservant ma chambre, j’ignorais qu’un jour je mettrais les pieds sur une de ces terres qui revendiquent [...] Lire la suite
J’ai rencontré Daniel Lévy à l’automne 1987. Nous préparions Sciences Po ensemble. Je me souviens assez précisément du premier contact. Le prof faisait l’appel, Daniel a entendu mon nom et m’a fait un signe entendu du fond de la classe ; nous avions une connaissance en commun avec laquelle il était parti en colonie de vacances. On a sympathisé à l’évocation de cette connaissance commune. Si vous me demandez qui est Daniel Lévy, je vous répondrai que c’est un garçon qui ressemble à Charles Denner, qui est incollable sur la musique pop, qui collectionne les Stranges et les Titans depuis 25 ans, qui m’engueulerait s’il lisait ce billet en précisant qu’il collectionne les comics originaux et pas les merdes traduites en français. Daniel c’est le type plus branché que vous qui vous explique que le producteur du groupe machin a également travaillé avec le groupe truc, tout ça avant 1967, parce qu’après 1967, tout a foiré parce que le batteur a couché avec la belle-sœur du guitariste lequel buvait trop et a fini noyé dans son vomi, etc.
Daniel est un puits de sciences pop-rock. Je le vois comme ça mais c’est aussi un excellent camarade mais ça, ça nous regarde. Je pourrais en dire autant de son frère Alexandre que je connais moins, mais comme [...] Lire la suite
Avant d’être la saison des pelles, l’été est d’abord celle des râteaux. Vincent Cesdepes(1), a qui je demandais l’autre jour si intellectuels et philosophes faisaient de bons dragueurs, Cespedes, donc, me répondait qu’il n’y pas d’incompatibilité entre les idées et l’action. Le dragueur est justement celui qui transforme le concept en action. Il se référait à l’étymologie du verbe draguer : lancer des filets en profondeur pour pêcher des poissons (ou des sirènes). Ici l’idée de faim ou le besoin de gagner sa vie précède l’action de pêcher. Le concept est le préalable à l’action. Je lui répondis tout de go que chez certains, l’action de draguer est souvent dénuée de philanthropie et que chez eux, la drague précède l’idée. Et Cespedes de m’expliquer qu’une cour bien menée réconcilie théorie et pratique, verbe et action, bonheur de soi et bonheur d’autrui. Connais-toi toi-même pour bien connaître l’autre et peut-être alors il te reconnaitra.
Et la peur de l’échec ? ai-je gémi, déjà vaincu… En drague il n’y a pas d’échec, m’a rassuré le philosophe. Le dragueur, même le plus mauvais, peuple l’univers onirique de l’autre et c’est déjà me promet-il une petite victoire. Je suis rassuré.
Voilà bien une conversation d’hommes. Et les femmes dans tout ça ? Les femmes draguent-elles ? Non, culturellement, [...] Lire la suite
Parfois, certaines pubs pour certaines marques provoquent de drôle d’associations d’idées. Dernière en date, TechnoMarine…































Vengeurs, X-Men, etc.
23 h 31 min - 20 février 2012 par Chris
17 h 41 min - 20 février 2012 par VeCh
20 h 17 min - 19 février 2012 par Isabelle
18 h 38 min - 19 février 2012 par poisson
15 h 34 min - 19 février 2012 par Martin