Archive mensuelle de mai 2011

Twitter, quel intérêt pour le journalisme, Belges, Belges, poursuivez le débat ici…

Ce matin j’étais l’invité avec @balasseNY d’Europe1 de nos confrères belges de la RTBF.be, une question au programme de cette tranche matinale : Twitter, quel intérêt pour le journalisme ? Evidemment, la question se pose après #dsk. le débat se poursuit ici et ailleurs avec nos amis belges…

Paris et le désert mondial

Il y a quatre ans, quand l’ouverture fonctionnait à tour de bras, que Nicolas Sarkozy casait les vieilles stars du PS dans son gouvernement, qu’il faisait le lit de DSK au FMI, le président avait dit « Je suis le DRH du Parti Socialiste ». Il n’avait pas tort. En matière de gestion prévisionnelle des carrières, Nicolas Sarkozy se défend. Sa façon de mettre Christine Lagarde en orbite autour du FMI est de ce point de vue un travail de pro. La candidature de Madame Lagarde surgit en pleine affaire DSK. C’est une femme (une bonne chose), elle connaît la musique économique (ça l’est encore) et c’est durant le G8, entre autres, que ses mérites pourront être discutés par les grands de ce monde.

Ce qui frappe depuis quelques jours à la une de la presse française c’est ce sentiment qu’une bonne partie de la planète n’existe pas, que l’Asie, les pays émergents n’auront dans cet outplacement pas voix au chapitre. S’il fallait s’en tenir à ce qui nous est raconté, Christine Lagarde serait recrutée dans un fauteuil. Pourtant, qui a discuté avec un diplomate français ou européen, un observateur étranger, sait combien l’attitude française dans la course aux postes internationaux agace et combien elle peut être contreproductive. A force de viser les postes de [...] Lire la suite

Qui a mis sa patte dans l’e-discours e-lyséen de l’eG8 ?

Je viens de prendre connaissance de la vidéo du discours présidentiel. Un e-discours bien balancé. Un discours qui ménage l’e-chêvre et l’e-choux. Un discours e-nuancé. Un discours à lire entre les e-lignes. Chacun aura remarqué que c’est un discours en deux temps et trois mouvements.

Le premier temps c’est celui des e-avantages de la toile. Parmi eux : la création de richesse, la transparence, les révolutions, la jeunesse, l’élan, la modernité, bref, tout ce qui fait aimer le net.

Le deuxième temps est celui des e-risques. Risques que le vent de liberté qui souffle sur la toile ne balaie avec lui les droits de l’homme mais également les droits des créateurs. Hadopi n’est pas prononcé mais le mot plane comme le souvenir d’un divorce entre le président et les internautes. Ce deuxième temps c’est  celui de la protection du citoyen, du droit à l’oubli, bref, des sujets qui fâchent et qu’on a du mal à trancher.

Les trois mouvements, ce sont ceux du Vous. Le Président dit vous à la web génération qui est en partie représentée dans la salle. Le deuxième mouvement, c’est celui du compromis, de la compréhension mutuelle. Le troisième mouvement, enfin, c’est 2012. Ne pas reproduire le malentendu provoqué par Hadopi avant l’élection où dit-on, le net pourrait faire perdre [...] Lire la suite

Non ma fille tu n’iras pas poker (ton vieux con de père)

Le débat est donc lancé alors même que démarre l’eG8 : « Faut-il ouvrir Facebook aux moins de 13 ans ? ». Marc Zuckerberg, le patron du réseau social y songe et avance la raison formelle suivante : « Ma philosophie c’est qu’en matière d’éducation, il faut commencer très jeune ». Cette phrase va faire le tour du monde. Elle me contraint en tant que parent, à donner mon avis. Et je réponds non à Marc Zuckerberg.  Je m’oppose, je me cabre au nom de la responsabilité que je ne compte pas lui déléguer et au nom de mes valeurs. Relisons l’argument invoqué par Marc Zuckerberg pour justifier la porte qu’il entend aujourd’hui enfoncer : «Ma philosophie c’est qu’en matière d’éducation, il faut commencer très jeune ». Cette phrase est intéressante puisqu’elle suggère que Marc Zuckerberg détient les clés d’une philosophie de l’éducation, pas moins.

C’est donc son projet éducatif qui s’oppose au mien dans cette affaire. Mon projet à moi, et ça vous surprendra peut-être, c’est d’éloigner ma fille des écrans et de Facebook coûte que coûte et le plus longtemps possible. Pourquoi ? Parce que j’ai justement un projet éducatif qui échappe totalement à Marc Zuckerberg qui n’a pas d’enfant mais qui a un projet pour tous les enfants du monde. C’est un projet pédagogique de père qui vaut ce [...] Lire la suite

La Conquête ou la leçon des dieux

J’ai vu La Conquête grâce à Europe1 qui a organisé une projection en tant que partenaire du film. Que vous dire ? J’avais très envie de ce film. Je me faisais une fête de le voir et puis il y a eu l’Affaire.

L’Affaire qui transforme le récit de la prise du pouvoir sarkoziste en un gentil conte pour enfants. Hasard de l’actu. J’exagère. Le film est acide, drôle, le casting étonnant. Podalydès donne au personnage une sorte de folie théâtrale qui laisse à la copie une vraie autonomie par rapport au modèle. Ce n’est pas une imitation, c’est une interprétation. J’ignore si Nicolas Sarkozy se sort bien de tout cela.

Un membre de son proche entourage m’a confié que le réalisateur avait « romancé ». Pourtant tout y est au point qu’on a parfois le sentiment d’avoir déjà vu le film tant l’actualité est encore fraîche. Je vous recommande pourtant certaines scènes d’une cruauté époustouflante pour…Dominique de Villepin. Ce sont des scènes de déjeuner où les fauves se jaugent et se haïssent et dont l’actuel président sort systématiquement vainqueur face à celui qui se croyait le dauphin de Jacques Chirac.

Chirac-Bernard Lecoq est formidable. Là encore, ce n’est pas Chirac mais une dérivée du vrai, une autre façon de le voir, de l’imaginer [...] Lire la suite

Renault Scénic, le père de famille est de retour précisément cette semaine

C’est arrivé hier comme une révélation. Je regardais I-Télé  qui diffusait vraisemblablement des images de DSK mal rasé, menotté, déchu,  quand la coupure publicitaire est arrivée. Une publicité pour le Scénic de Renault. Les images d’une famille en chute libre et joyeuse qui fait la nique à un quarteron de parachutistes mâles. La petite famille effectue des sauts périlleux et  des galipettes à 8000 mètres et fini par atterrir près de la voiture du père, un Scénic. L’accroche de cette publicité Renault claque alors comme un parachute qui s’ouvre : « Pour les hommes qui n’ont pas peur de se conduire en père ». Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre. Et j’ai compris grâce à Bernadette Chirac.

Après la coupure publicitaire un sujet recueille l’avis de l’ex-première dame sur la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy : «C’est une chance pour la France. Une naissance, c’est un événement merveilleux pour une famille. Il n’y a rien de plus beau ».

Les hasards des campagnes publicitaires, de l’actualité et de la nature font parfois bien les choses, ils fixent ingénument des tendances. L’air de ne pas y toucher. Bien sûr que le père de famille est de retour, bien sûr que c’est une chance pour la France, bien sûr qu’on peut rouler en Scénic et ne [...] Lire la suite

Délit-motion et vidéo-châtiment

La semaine dernière, j’ai publié ce papier sur les excuses  vidéo demandées par la justice américaine à certains condamnés pour des délits mineurs. Ces vidéos n’ont évidemment rien à voir avec la médiatisation mondiale de la comparution de DSK laquelle constitue à sa façon une peine par l’image avant même qu’il ne soit jugé mais la comparaison s’arrête là.

Le vidéo-châtiment pour promouvoir l’exemplarité, la justice y vient tout doucement. Charlie Cris en a récemment fait l’expérience. Le 11 avril dernier, cet ex-gouverneur de l’Etat de Floride aux Etats-Unis a dû présenter des excuses officielles devant une caméra. Il avait utilisé sans autorisation une musique des Talking Heads pour sonoriser un clip de campagne pour les élections au Sénat. La vidéo diffusée sur le site de partage vidéo Youtube le montre en chemise blanche et cravate, l’air penaud, exprimer ses regrets d’avoir utilisé une mélodie dont il n’avait pas les droits. Il y a deux ans, une américaine a été condamnée à une peine du même type pour faux témoignage.

Depuis longtemps, les excuses publiques font partie de l’arsenal médiatique de la repentance. On se souvient des excuses de Jean-Luc Delarue sur Internet. On a également en tête ces PDG d’entreprises qui mettent un genoux à terre quand le service a été mal [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.