Archive mensuelle de avril 2011

Laurianne Deniaud : « féministe grâce à ma mamie… »

Ca s’est passé dans cette vidéo (visible aussi dans mes vidéos en bas de page), la semaine dernière alors que nous enregistrions Petit Stream Entre Amis. Vers la minutes 16’ et suivantes. Lauriane Deniaud patronne des jeunes socialistes était notre invitée, interviewée par Hélène Favier, d’Europe1.fr et Alexandre Léchenet d’Owni.fr. L’entretien avait donc commencé depuis un quart d’heure et nous tentions de savoir qui était Laurianne Deniaud. De longue date, j’ai du mal avec les jeunes politiques. Ils sont plus prompts à imiter les aînés (mal) qu’à laisser sortir l’élan vital qu’on prête à la jeunesse, sans doute à tort quand il s’agit de politique. Laurianne Deniaud déroulait donc gentiment le bréviaire du jeune engagé socialiste quand il s’est enfin passé quelque chose de tendre, de juvénile mais également de politique. Ca se préparait lentement depuis un quart d’heure, nous faisions des efforts, nous avions joué avec son joli t-shirt, au risque de faire dans le buzz sexiste et puis la vérité a jailli, comme ça. La vérité ça se niche parfois entre la poitrine et la gorge qui se serre, peu à peu. La vérité ça peut vous faire monter les larmes aux yeux. La vérité de Laurianne Deniaud est sortie comme ça alors que nous revenions sur les origines de son engagement. [...] Lire la suite

Galouzeau photomaté par Libé

Ce portrait fait la dernière page du Libé de ce jour. On a le vague sentiment qu’au moment où le petit oiseau est sorti, Dominique de Villepin n’est pas en train de poser. Le résultat est étonnant. Le résultat me fait penser à un photomaton, de ceux dont le rendu final vous  fiche la honte, le sourire, la nostalgie, aussi. Ce photomaton que vous recommencez éternellement. .. Il y en a des photomatons comme ça qui se balladent dans les albums de famille des années 70 et les vieux portefeuille… Mon père, un oncle, le père d’un copain, juste après la mort de Pompidou, ou bien juste avant l’élection de Mitterrand. Ici, Villepin est tout sauf un homme d’Etat d’aujourd’hui. C’est quelqu’un d’autre, un type pressé dans une gare qui avait besoin de faire une photo pour un permis de conduire et qui a raté sa pose. Pourquoi pas un second rôle dans un film de Claude Sautet ou quelque chose comme ça. Un inconnu, en fait. Vous aussi, dites moi ce que vous raconte cette photo…

Frédéric Lefèbvre, le book émissaire

Dans quelques centaines d’années, quand les archéologues du vieil internet français se pencheront sur les rituels sacrificiels des communautés en ligne, il faudra bien qu’ils tentent de comprendre pourquoi, si souvent, le nom de Frédéric Lefebvre – ancien porte-parole de l’UMP et Secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat au moment où j’écris ces lignes pour un journal de papier – n’est pas tombé dans l’oubli des limbes cybernétiques. Pourquoi, se demanderont-ils, le nom de Lefebvre est-il resté associé à d’étranges cérémonies virtuelles mêlant railleries, lynchages et dénonciations. En fouillant d’abord parmi les vidéos qui retraceront la carrière de cet homme politique né à Neuilly-sur-Seine un 14 octobre 1963, ils trouveront des éléments de réponse. Ils interrogeront par exemple ses déclarations alarmistes (ou visionnaires, qui sait ?) sur les dangers d’Internet comme celle de décembre 2008 à l’Assemblée Nationale : « l’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ». Ils se reporteront aussi à l’encyclopédie en ligne Wikipédia (L’Universalis de l’époque) qui indiquera qu’il fut l’auteur d’un «  amalgame alors très controversé entre internautes et trafiquants, proxénètes, racistes, violeurs et psychopathes ». Ces décrypteurs du passé pourront également s’étonner de l’amusement suscité chez les internautes par la définition fèbvrienne du web2.0. élaboré sur le plateau du très vieux média RMC le 6 janvier [...] Lire la suite

De quoi Nicolas Hulot est-il l’anagramme ?

J’ai passé le nom de nos principaux présidentiables « à la question » du générateur automatique d’anagrammes. Le hasard des lettres (tapées sans espace ni tiret) donne des résultats étonnants. J’ai à chaque fois choisi le premier mot suggéré par le générateur – sans tricher – qu’il fournisse un anagramme complet ou un anagramme incomplet. Dans ce dernier cas frustrant, j’ai précisé entre parenthèse le nombre de lettres considérées par la machine. Je vous laisse savourer ces résultats. Le diable se niche dans les anagrammes…

François Hollande = Folichonneras (13/16)

Dominique de Villepin = Individuel (12/20)

Jean-Louis Borloo = Jouaillerons (12/15)*

Martine Aubry = Baratineur (10/12)

Dominique Strauss-Kahn = Deshumanisations (16/20)

Arnaud Montebourg = Gourmanderont (13/16)

Marine Le Pen = Empennerai (10/11)

Jean-Luc Mélenchon = Hameçonnée (10/16)

Olivier Besancenot = Coloniseraient (14)

Nicolas Sarkozy =Ankylosais (10/14)

François Bayrou = Carburions (10/14)

Ségolène Royal = Allergènes (10/13)

Manuel Valls = Alunâmes (8/11)

Cécile Duflot = Collectif (9/12)

Et le meilleur, pour la fin car il est complet.

Nicolas Hulot = Chatouillons (12/12)

 

*Rectifié après erreur sur le prénom…

 

 

 

Le Recording Management n’en est qu’à ses débuts

Ce matin, suite à un Twit de Guy Birenbaum, je tombe sur ça. L’entretien préalable à la mise à pied de Matthieu Tenembaum cadre sup’ chez Renault, entretien enregistré dans le bureau du Directeur juridique, Christian Husson. Il faut écouter cet entretien, lire comment Christian Husson définit son travail et ses missions sur le site de Renault (LOL) et faire la liste de ce que tout cela vous évoque. Pour ma part j’ai pensé à plein de choses. Souvent contradictoires.

J’ai pensé à des entretiens pas drôles que j’ai subi ou fait subir dans une vie antérieure. Des entretiens où l’on exécute des tâches peu agréables, où l’on tient le langage d’acier de la vie corporate, où l’on manie le jargon des RH dans ce qu’il a de plus déshumanisé. Un langage quand même.

J’ai ensuite pensé aux techniques d’interrogatoire telle qu’on a dû les mettre en œuvre dans les procès staliniens. Cette façon de dire « on sait tout mais on te dira rien alors autant avouer ». Effroyable formalisme de ceux qui pensent avoir le droit pour eux (mais pas nécessairement la vérité).

J’ai pensé, ensuite, à cet extrait d’une réunion d’écoute des doléances clients enregistrée chez France Télécom quelques semaines avant la démission de Didier Lombard, son président, [...] Lire la suite

Gagarine, le nouveau né de l’espace

Il y a quelques photos de Gagarine dans sa combinaison et son habitacle de spationaute qui dégagent le sentiment d’une grande douceur, d’une extrême délicatesse. Sur la couverture de ce livre que je n’ai pas encore lu, Gagarine a les paupières baissées, il semble regarder la terre très attentivement ou plus exactement la couver du regard. Ses traits sont apaisés, pas la moindre trace de peur ou de tension. Il y a quelque chose de poupon dans ce visage. Peut-être est-ce lié à l’accoutrement qui renvoie indirectement au pyjama Babygrow de nos premiers mois. Pourtant, le poupon pouponne ; il pomponne la planète, il a les yeux d’une maman qui veille sur son bébé. Voilà à quoi je pense quand je redécouvre cette photo. Ce sentiment double, contradictoire raconte peut-être l’histoire de Iouri Gagarine. Celle d’un héros, d’un quasi demi-dieu traité comme un enfant sans autonomie. Bombardé dans l’atmosphère, sans maîtrise de son engin, puis récupéré ensuite par la propagande de son pays qui l’exhibera au monde comme les Etats-Unis exhiberont plus tard leurs héros partis marcher sur la lune. Deux idées opposées cohabitent dans cette photo pour fabriquer ce qu’on appelle un mythe. Quelque chose qui renvoie à l’enfance d’une part, à ses rêves, avec ce déguisement de nouveau né de l’espace ; et puis, de [...] Lire la suite

C’est quoi les petits kifs des hommes ? (les miens)

Mon ami Thierry Richard qui s’est spécialisé entre autres dans le décorticage de ce qui rend la vie plus aimable me demande de lui faire la liste de quelques petits plaisirs d’homme. Voilà une liste vite fait, comme ça, que je partage avec vous. Merci à lui de m’avoir posé la question.

Se promener entre deux rendez-vous

Passer 3 heures à table en semaine

Prendre le ferry pour quelque part

Retrouver sa carte bancaire après avoir fait opposition

Demander au garçon un deuxième chocolat pour son café (et l’obtenir)

Regarder passer les girafes en terrasses

Sentir le sable mouillé et l’eau tiède entre ses doigts de pieds

Finir l’assiette des enfants avant de sortir un samedi soir

Attaquer le dernier tiers d’un bon livre

Terminer une chronique

L’odeur des ports en été

Cuisiner le samedi matin avec un coup de rouge, la radio, une cigarette

S’asseoir au soleil dans un jardin public et regarder les enfants (et leurs mères)

Se réveiller tôt pour manger le monde

Louer une voiture en gare d’Avignon et être surclassé

S’apercevoir que quelqu’un d’antipathique est sympathique

Découvrir un bon blog

Lire aux toilettes (jusqu’à avoir des fourmis dans les jambes)

Saucer

Chanter en voiture en famille

Un plateau-JT avec une bonne séquence politique

Faire des lapsus

Trouver le bon jean et ne pas avoir à faire d’ourlet

Avoir des gadgets techno tous assortis

Des Marilyn en Vélib et du vent dans leurs jupes

« Tout va bien » [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.