Des inconnus racontaient n’importe quoi à l’air libre.
Ils n’ont pas eu droit à l’oubli.
Leur nombril nous rappelait le nôtre.
Tout cela n’était pas sérieux mais nous le savions.
Ils jouaient un personnage qu’ils étaient mais n’étaient pas vraiment.
Ce qu’ils étaient, ce qu’ils disaient donnait lieu à commentaire.
Ils osaient ce que nous n’osions pas encore.
Ils étaient n’importe qui et osaient n’importe quoi.
Ils étaient des experts de l’intime et du moi. C’était leur seul bagage ou presque.
Leurs émotions nous écœuraient mais nous fascinaient.
Ils parlaient mal, faisaient des fautes de Français.
Ca ressemblait aux réseaux sociaux.
C’était le Loft sur M6.
On m’a demandé aujourd’hui ce que j’en avais retenu. Pas grand-chose, sur le moment. Avec le temps, je crois que le Loft porte en germe les blogs, les réseaux sociaux, Chatroulette, les Copains de Facebook, les Twitpic, la novlangue, la blague généralisée, la surexposition de l’intime dans une dimension inégalée jusqu’à ce qu’Internet deviennent le terrain de jeu, le studio planétaire, la piscine, en quelque sorte. Si j’osais, je dirais que le Loft a été une sorte de mai 68 bas de gamme, entre les murs, dégénéré mais forcément emblématique de la suite. La prise de parole sans grand philtre, le tout et le n’importe quoi annonciateur d’un certain web et d’une certaine position de l’individu sur une [...] Lire la suite


































Vengeurs, X-Men, etc.
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