Archive mensuelle de janvier 2011

Quelle place pour le net dans l’histoire ? Patience…

La Birmanie, l’Iran, la Tunisie, aujourd’hui l’Egypte, voilà des révolutions réussies ou pas, ou pas encore, dont on dit déjà qu’elles doivent beaucoup à Internet. L’urgence du présent, le désir enthousiaste de fixer tout de suite la nature des insurrections nous conduisent à remercier Internet très immédiatement. C’est sur Twitter qu’on suit le fil de l’actu brouillée en Egypte, c’est sur Facebook qu’on a reçu des nouvelles, que se sont créés des groupes de soutien aux révoltés de Tunisie, les bloggeurs deviennent des héros, les Anonymous des résistants, les attaques virales sont des actes héroïques comparables au sabotage des chemins de fer en 1943, c’est sur le site d’Aljeezera qu’on s’informe désormais comme on écoutait en 1944 la TSF. Surfer pour avoir des nouvelles des révoltes du monde c’est partager un peu de ce frisson insurrectionnel, c’est apporter son soutien, c’est d’une certaine façon être à l’écoute de Radio Londres à la sauce numérique de 2011.

Demain, les chercheurs, les historiens et les sociologues se pencheront sur ces usages « héroïques » d’internet par les citoyens du monde, qu’ils soient spectateurs ou acteurs de ces révolutions, il faudra bien que l’histoire, la grande, accorde un statut aux outils numériques dans ces mouvements. Quelle place leur fera-t-elle ?

Notons juste qu’aujourd’hui même lorsque je fais une recherche [...] Lire la suite

6 entretiens ravageurs sur l’emploi à la française

Chercher et ne pas trouver du travail, c’est une spécialité française. Je crois que nous l’avons tous vécu jusqu’à ce qu’on nous donne une chance, un poste, un stage. Mais il y a chez nous comme une dramatisation de la recherche d’emploi. Certes les spécialistes font tout pour nous aider à positiver, à rebondir mais le micro-climat français est ainsi fait que tout ce qui touche à la recherche puis à l’obtention d’un job relève d’une dramaturgie accentuée par un taux de chômage parmi les plus élevés des pays de l’OCDE. Depuis que la série On Revient Vers Vous a été créée par Cadremploi et moi-même, j’ai noté que les invités qui retiennent le mieux et le plus l’attention des internautes sont ceux qui cassent le système du recrutement en France. Quand je veux dire ceux « qui cassent » le système, je veux dire ceux qui en remettent en cause les règles, les excès, les dérives et proposent une autre façon de voir les choses. Aussi, j’ai décidé de réunir ici une sorte de Best Off de ces « déviants » ; ils ont tous le point commun de cogner, de remettre en question, bref, de sortir des clous. A tort ou à raison, ils « font des vues ».

Le premier c’est Flore Vasseur. [...] Lire la suite

Ma chanson du dimanche : ambiance électrique sur Twitter ce soir

Ce soir sur Twitter, il y avait (il y a toujours au moment où j’écris) une ambiance assez marrante. Comme un dîner chiant au départ et qui part en sucette, mais une sucette en vrille alors. Je ne sais pas ce qui en a été le déclencheur, une fausse annonce sur Loana ou un vrai piratage du Facebook présidentiel lequel s’est à son tour mis à faire de l’autodérision… A moins que ce ne soit cette photocopie d’un rapport de stage de 7 pages ou les révélations sur les documents fuités de l’autorité palestinienne… Je ne sais pas mais c’était électrique, un pingpong-billard-à-1000-bandes. Alors j’ai pensé à ma chanson du dimanche et je me suis demandé quel titre pourrait bien illustrer un si curieux bordel galvanisé par ce courant alternatif qui passait ce soir d’une timeline à l’autre. Il me fallait une chanson gaie, enlevé, dansante, à la fois rugueuse et rythmée (les paroles on s’en fout) et en cherchant bien, j’ai trouvé celle-là, une rencontre au sommet Brian Johnson et Steven Tyler qui ont l’air de bien s’amuser à chanter You shook me all night long. Intro nerveuse et suite dans la même veine… La nuit ne fait que commencer.

A propos de la « civilisation » du net

Le débat sur la régulation du net monte et Nicolas Sarkozy nous propose un nouveau mot en évoquant un internet « civilisé », concept intéressant sorti mercredi alors que ma chronique dans l’Express était déjà partie chez l’imprimeur. Heureusement, Actualitté s’est attardé sur cette notion de civilisation du net. Dans ces cas-là, il est toujours intéressant de revenir à l’éthymologie. Civiliser, c’est : « Rendre policé et sociable un peuple qui vit à l’état sauvage; Rendre plus affable, de manières plus douces ». les sauvages apprécieront… Sur le même sujet donc, il y a donc cette chronique de l’Express mais également cette vidéo de Jean-Jacques Urvoas, Monsieur Sécurité du PS, invité mercredi soir de Petit Stream Entre Amis et qui estime qu’on ne régule pas le net, que c’est impossible. Alors, a fortiori, peut-on le civiliser ?…

G8 pour cybermondes ?

Un peu de net dans le G8 ? L’idée n’est pas neuve mais elle est piégée. En 2008, Frédéric Lefebvre alors député demandait « la réunion d’un G20 du net qui décide de réguler » une toile « envahie par toutes les mafias du monde ». Ambiance… En décembre, le Président lançait l’idée d’un Haut conseil du numérique et très récemment François Fillon estimait que dans le cadre du G8 la question de l’économie numérique [...] Lire la suite

Cyrano au secours des Bleus et de Nike

Je suis tombé par hasard sur ce spot. C’est de la pub, c’est des teeshirts, c’est l’Equipe de France, autant dire que le cocktail n’est pas vraiment réjouissant depuis quelques mois. Sauf que les concepteurs de la réclame ont eu la merveilleuse idée de choisir une voix, celle d’Oxmo Puccino qui slame un texte formidable avec une mise en musique haletante ; celle des vers de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand. Et ce sont ces vers, parfait, drôle, plein de…panaches qui emportent tout, y compris nous souvenirs piteux de l’équipe de France. Comment des mots sublimes effacent le casier sportif d’une équipe, je n’en sais rien, mais c’est la force des mots de savoir tout balayer. Mais faut s’appeler Cyrano…

Ma pointe voltige: une mouche!
Décidément… c’est au bedon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche.

Il me manque une rime en eutre…
Vous rompez, plus blanc qu’amidon?
C’est pour me fournir le mot pleutre!
- Tac! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don:
- J’ouvre la ligne, – je la bouche…
Tiens bien ta broche, Laridon!
A la fin de l’envoi, je touche.

Il annonce solennellement:

Envoi
Prince, demande à Dieu pardon!
Je quarte du pied, j’escarmouche,
Je coupe, je feinte…

Lire la suite

Facebook même après nous… Conte à dormir debout.

Ma chérie, l’autre soir en te couchant, tu m’as demandé si un jour nous allions mourir. Comme tu es en âge de comprendre, je t’ai dit que nous allions tous mourir, mais dans longtemps.

« Dans longtemps ».

J’ai aussi dû te dire que la vie est longue et que tu avais bien le temps d’y penser. Je crois que beaucoup de parents font cette réponse à leurs enfants quand la question se pose après l’histoire du soir, une question teintée d’angoisse mais vite débordée par le sommeil.

« Dans longtemps ».

Pourtant, mon trésor, il est possible qu’un jour on ne se quitte plus. J’y ai pensé la semaine dernière en lisant des statistiques sur Facebook. Imaginons que toi et moi y restions inscrits jusqu’à la fin de nos longues, longues, longues existences ? Imagine qu’il me reste 50 ans de Facebook et qu’il t’en reste – compte tenu de l’espérance de vie – 90. Que se passera-t-il quand toi et moi nous ne serons plus de ce monde ? I

ll est possible qu’on ne se quitte plus même ad patres. Tu sais que Facebook génère automatiquement des publicités, des annonces, des messages selon ce que tu y écris et selon ce qu’y écrivent tes amis. Imagine que les successeurs de Marc Zuckerberg [...] Lire la suite

A quoi j’ai pensé pendant.

C’était bien que Vinvin reste un peu m’éponger la main.

Le rouge velours des théâtres est un excitant.

Etienne Klein le physicien a une bague de Rocker genre Motorhead

Bernard Werber a montré la couverture de son livre en 4 par 3. On va se gêner.

Vont-ils respirer par la paille ? Et si l’un d’eux s’étouffait ? La croix rouge est là.

Tiens Jean-François Noubel vient de lâcher qu’il a fait de la prison.

Servan-Schreber a maîtrisé son temps, pas nous.

Djazia Satour m’a planté, partie trop vite, me file un CD après.

Patrick Chapatte fait pleurer la salle, mais il pleure aussi.

Inventer une fausse citation de Philippe Starck qui est au premier rang et qui veut faire TEDx Paris l’an prochain.

En écoutant Rafi Haladjian je me dis qu’on ne peut plus dire Lapin Crétin.

Je regrette ma mauvaise blague sur Delarue.

Je regrette pas.

Je regrette un peu.

Jacky Dupéty et ses rameaux. Il avait le trac hier en répétition, il tient le choc aujourd’hui.

Tiens, sur son squelette la fille de Sylvain Ordureau a des gros seins vert-fluo.

Pause-Fumer-Tue.

Tiens, une femme et son cerveau ! Je crois que j’adore Catherine Vidal.

J’imagine les gens là-haut devant l’écran ou derrière leur ordi, en train de mater le Stream.

Merde le micro crachote, ils lui changent quand ?

Mais qu’est-ce qu’elle a contre Renault Elizabeth Laville.

Les femmes sont aussi claires que les hommes son majoritaires aujourd’hui…

Qu’est-ce que c’est moche une Prius verte.

Envie de pisser.

On n’arrive pas à joindre Bedos, [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

post thumbnail

C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

post thumbnail

L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

post thumbnail

C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

post thumbnail

C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

post thumbnail

Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

post thumbnail

C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

post thumbnail

Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.