Archive mensuelle de novembre 2010

Homme de média : comment on devient patron de la FNAC ?

Alexandre Bompard patron d’Europe1 vient d’annoncer à ses collaborateurs qu’il quittait le groupe Lagardère pour diriger la FNAC. Avant lui d’autres hommes de médias ont dirigé l’enseigne du groupe PPR. L’un d’entre eux raconte comment il y est entré.

La tendance 2011 ? L’ultra secret.

2011 sera opaque ou ne sera pas. Si la transparence et le grand déballage ont fait l’année 2010, alors 2011 sera florentin, dissimulateur, sous-terrain, obscur, caché, sibyllin, confidentiel, top secret, verrouillé. Ce que l’on criait devra être chuchoté, ce qu’on partageait sera rétention. Diffusion rimera avec dissimulation. Out les accoucheurs de vérités, in les maquilleurs, les enfumeurs, les enfouisseurs, les cachotiers. On se pressera à l’entrée des sociétés secrètes, des catacombes, des loges fermées, des grottes sans fond, des tombes et des coffres forts. Ce sera le grand retour des sourds, des muets, des mutiques, des discrets, des effacés, des silencieux, des taupes, des aveugles et des omertistes et des réservés. A Noël, je m’offre un silencieux, de l’isolant, un passe-partout, une chape de plomb, un ferme-ta-gueule, un agent dormant, un cloitre, une réclusion et j’insonorise mes lunettes.

Merci @nounours à @ekristy qui me twittaient à l’instant « Pour Noël soyons tous opaques » et « Vive Dark Vador »…

Poème en prose sur la Suisse

La Suisse fait des référendums qui nous excitent.

La Suisse veut expulser les étrangers délinquants.

La Suisse est un pays constitué d’étrangers si on y réfléchit bien.

La Suisse accueille les délinquants financiers dans ses banques sans faire de référendum.

La Suisse fait une différence entre faute Suisse et faute étrangère

La Suisse s’autorise plein de trucs dont nous nous privons encore.

La Suisse touche les intérêts de la délinquance financière.

La Suisse est neutre.

La Suisse est différente.

La Suisse fait toujours ce qu’elle veut.

L’affaire Houellekileaks rebat les cartes et menace les vieux territoires

A priori ça n’a rien à voir. La semaine dernière Florent Gallaire mettait en ligne le fichier PDF de la Carte et le territoire. Il part du principe que le livre de Michel Houellebecq qui utilise des éléments de l’encyclopédie en ligne Wikipédia peut être accessible gratuitement sous licence Creative Commons.  A priori ça n’a rien à voir, hier, Wikileaks poursuit sa grande œuvre de déballage mondiale de la diplomatie américaine en mettant en ligne 250 000 câbles qui disent tout haut ce que les ambassadeurs américains pensent tout bas. A priori tout cela n’a rien à voir et pourtant nous y sommes. Deux tabous transgressés, deux révolutions en marche, deux hold up made in web au nom d’un droit qui n’existe pas encore, d’une liberté qui n’a d’autre légitimité que son propre énoncé et d’une transparence qui n’a pour autre projet qu’elle même. Ce qui frappe dans ces deux initiatives, c’est la force du coup donné à ce qui fondait jusqu’à aujourd’hui le fonctionnement et les pratiques traditionnelles de l’édition et des relations entre Etats. A l’écoute des radios et des télés, il faut constater la sidération impuissante des commentaires et des éditos devant ces deux coups  de boule modernes. Ils ont au moins deux points communs : ils sont fondés sur une certaine idée [...] Lire la suite

Ma chanson du dimanche, les paroles sont de vous…

Il y a des chansons qui se passent volontiers de paroles, ce sont celles qu’on se fait dans sa tête. La musique composée en 1963 par Georges Delerue pour le Mépris de Godard librement adapté du livre d’Alberto Moravia fait partie de ces chants privés de paroles. Je parle d’une chanson sans paroles parce que la moindre vocalise sur cette mélodie viendrait immédiatement en tuer l’efficacité dramatique. L’intérêt du Thème de Camille, c’est qu’on peut se chanter n’importe quoi en l’écoutant, la preuve ? Scorcèse l’a repris en ouverture de Casino habillant une voix off racontant les trous creusés dans le désert autour de Las Vegas pour y enfouir des cadavres. On peut absolument tout mettre dans cette mélodie à condition bien sûr de ne pas se prendre pour n’importe qui. Car il est là le génie de Georges de Delerue. Le premier qui écoute ces nappes de violons embarque immédiatement, cœur battant et gorge serrée, pour la tragédie laquelle ressuscite à peu près n’importe quelle histoire d’amour, n’importe quelle promenade sentimentale à la tombée du jour, n’importe quelle conviction d’être incompris dans un monde de brutes, n’importe quel désir d’infini, n’importe quelle lettre de rupture, d’amour, de désespoir. Dans le Petit Prince, le narrateur dit à l’enfant : « Tiens, la voilà une boite, le mouton que [...] Lire la suite

Crise aldine

La toile est triste, hélas ! et j’ai vu tous les sites.
Fuir ! là-bas fuir ! Les froides surfaces anthracite
Leur préférer les livres et au buzz dire adieu !
Rien, ni les vieux écrans ultimes drogues des aïeux
Ne retiendra mes clics et mes doigts et leurs crampes.
O twits ! Votre folle vitesse a blanchi mes tempes !
Economie sans modèle, tu accouches du néant,
Dans les réseaux tu as perdu tes enfants.
Je partirai ! Surfer, las des cybercultures,
Pour les vieilles encres et les anciennes ratures !
Salut à vous geeks, trolls et visiteurs du noir,
Bloggueurs viraux, pokeurs, amitiés d’un soir !
Des navigateurs, je ne serai plus l’otage.
A écrire sans peine, on triomphe sans courage.
Je ne vous lirai plus générateurs de mots,
Sourd que je suis au chant du web deux points zéro.

En savoir plus sur Alde l’ancien et sur le poème original…

L’IVG participatif ou Benoit XVI ? C’est vite vu.

Ca se passe aux Etats-Unis à l’heure où Benoît XVI n’est pas encore assez moderne avec sa capote. Un couple consulte ici les internautes sur une décision qu’il ne veut pas prendre seul, dans l’intimité d’une détresse assumée et recueillie lorsqu’on s’apprête à faire ce choix douloureux. Interrompre ou pas une grossesse. Le Parisien s’en fait l’écho ce matin après que le Figaro a relayé la nouvelle la semaine dernière. Les réactions sont bien sûr indignées et l’on cherche dans cette exhibition contraceptive ou non un canular anti-avortement, une manière de passer à la télévision, ou encore, un signe du dérèglement de l’époque. Ce qui est important, dans cette affaire, ce n’est pas sa monstruosité – des parents au milieu de l’arène  prénatale qui demandent au public de lever ou pas le pouce – mais la possibilité d’y croire, de penser que l’époque peut sérieusement produire ce couple, cette grossesse et la contraception participative qui va avec. Si par malheur, contraint et forcé, je devais choisir entre cette modernité là, sa bêtise, son exhibitionnisme, sa grossièreté et sa misère psychologique et d’autre part l’Eglise, chancelante, fragilisée, engluée dans ses affaires, ses préservatifs mal assumés, ses mœurs glauques, son inquisition, sa parole  bonne et mauvaise si j’étais devant cette alternative, entre tradition et hypermodernité, [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.