Oui, je sais, il peut s’agir d’une faute de goût, mais il faut aimer le risque. J’adore Voulzy et en particulier cette chanson. Ne pas se laisser écœurer par le synthé de départ et encore moins par l’accoutrement de l’interprète. On en a mis en garde à vue pour moins que ça. Vous remarquerez les mitaines de cuir, le jabot ainsi que le camion américain qui poussent ici le spectateur à faire du rétropédalage du côté de l’insupportable esthétique des années 80. Pourtant, qui peut oser affirmer qu’il est insensible à la figure angélique qui hante cette partie de flipper nocturne. L’apothéose pour moi tient en un seul instant de la vintage et synthétique ritournelle. Lorsqu’apparaissant dans les rêves de Laurent, Kim Wilde lui susurre à l’oreille un immémorial et so british « Take it easy », lequel, en fin de clip, est assorti de ce conseil désormais culte « Lauwent, il est l’heuw de dowmiw maintenon, onlève tes lounettes », à cet instant précis, j’ai l’illusion malgré tout définitive que ce titre est un chef d’oeuvre et le mélodiste un génie. Pardon à ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille.
Archive mensuelle de octobre 2010
C’était samedi dans un grand magasin. Les grands magasins m’épuisent, j’ai peur qu’ils ne me prennent et d’y laisser mon âge et mon temps, alors au rayon meuble je m’assieds sur un canapé et j’attends comme un vieux qu’on a oublié dans une station service, face à l’escalator. Et là, je comprends que tous les amoureux font pareil quand ils prennent l’escalator qui les conduit au rayon du linge de maison ou de l’électroménager. Il font tous la même chose et profitent des hautes marches de l’escalier en ferraille qui déroule sa lente marche ascensionnelle. Lui, le garçon descend d’une marche, il se retourne vers elle qui est restée sur la marche du dessus. Une fois n’est pas coutume, elle est plus grande que lui et leurs visages se font face à la même hauteur ou presque. Alors ils en profitent et se donnent un bisou d’amoureux, un bisou d’altitude partagée. Ils me plaisent ces amoureux perdus dans la translation de l’escalator. Ca ne dure jamais longtemps un bisou d’escalator parce que tous les escalator ont une fin, qu’il faut veiller, à l’arrivée, à ne pas tomber, les bisous d’escalator sont des coquelicots parce que le rayon linge de maison n’attend pas. L’escalator emporte des bisous qui ne durent qu’un temps mais ce sont des bisous [...] Lire la suite
Il existe une lecture anticapitaliste et bien sûr antipub de la série Mad Men. Elle est assez simple. Que dit-elle. Ceux qui dans les années 60 bâtirent le système publicitaire américain et vendirent du bonheur à leurs compatriotes étaient eux-mêmes névrosés et malheureux. Il suffit de regarder la série pour constater à quel point derrière l’apparence du bonheur, la société américaine est vérolée par le malheur, le sexisme, l’obsession consumériste et la solitude. Si vous y ajoutez le puritanisme, le tableau est complet. C’est la force de Mad Men, ceux qui peignent le Paradis sur terre à coup de réclames sont déchirés et malheureux. Les VRP du système capitaliste sont à la ramasse.
A partir de ce constat, on pourrait imaginer le symétrique exacte de Mad Men en URSS à la même époque. L’agence de publicité deviendrait une direction du ministère de la propagande. Les personnages ne seraient plus des New Yorkais mais des Moscovites de la Nomenclatura et leur mission consisterait à mettre en musique, en affiche et en discours la propagande de Khrouchtchev ou de Staline si on situait la série dans les années 50. Ils seraient fumeurs comme leurs homologues, ils seraient encore plus alcooliques, ils auraient peur, leurs petits chefs les terroriseraient, ils aspireraient eux aussi au bonheur matériel et amoureux. [...] Lire la suite
Ca fait partie des micro-emballements politiques. En deux jours, j’ai croisé deux personnes, « informéescommeondit », l’une de gauche, l’autre de droite et qui m’ont fait la même sortie, ou presque : « Et si c’était Fabius ? ». Le microcosme adore les hypothèses farfelues. Alors allons-y. L’exercice est à la politique ce que mâcher du chewing-gum est à l’alimentation, mais c’est amusant.
Fabius, candidat de la gauche en 2012, peut-on vraiment en faire un épisode de la saison 1 de la pré-campagne présidentielle. En fait, je crois que les regards se portent sur Fabius à cause ou grâce à Mélenchon. Le président du Parti de Gauche est actuellement celui qui fait le mouvement à gauche. La LCR est en retrait, le PC pas moins, Europe Ecologie n’a pas vraiment pesé dans le débat sur les retraites, quant au PS, il a pratiqué sur le sujet un grand écart assez peu crédible, tiraillé qu’il est encore et toujours entre dès qu’il s’agit de critiquer une réforme gouvernementale de fond. Si on ajoute à cela une option DSK qualifiée la semaine dernière de bulle médiatique par Jean-Pierre Dupuy, et les incertitudes qui pèsent sur les chances d’Aubry et Royal de faire l’unanimité, incontestablement et pour quelques temps encore, c’est Mélenchon qui met de l’ambiance et crée [...] Lire la suite
Ce qui suit est une fiction, toute ressemblance avec des personnages ou des événements ayant existé serait purement fortuite.
Le téléphone vient de sonner dans son bureau. Au bout de la ligne Christine Lagarde lui annonce la nouvelle.
- On vient de m’annoncer la dégradation de la note de la France.
Au bout du fil un silence. La Ministre de l’Economie et des Finances lle devine dépiautant ce qui peut être un chocolat ou une confiserie. Elle l’entend mâcher lentement. Il ne dit rien, alors elle se risque à continuer. Sa voix est mal assurée.
- Je viens de l’apprendre. Pour eux la réforme des retraites ne va pas assez loin. Ils estiment que les mesures prises ne vont pas dans le sens d’une résorption de la dette, que nous avons joué petit bras et qu’on pouvait aller jusqu’à 65 ans, voire 67. Ils voient se profiler la présidentielle, les rallonges budgétaires, les promesses que nous ferons, rien ne leur garantit plus que la signature de la France puisse rassurer les marchés.
A l’autre bout de la ligne, il respire toujours. Il semble avoir avalé 3 chocolats de plus.
- Continue Christine l’invite-t-il à poursuivre dans un souffle. La voix est grave, légèrement éraillée. Il s’est exprimé devant [...] Lire la suite
J’ai rencontré Xavier Charpentier dans une table ronde dédiée aux incertitudes de l’information la semaine dernière. Il a causé de la médiatisation des banlieues, expliqué « qu’avant »on ne savait rien des banlieues, que désormais on en sait beaucoup plus, même si certaines images en donnent une version déformée. Je l’ai invité à faire un petit post ici. Xavier Charpentier est né en Seine-Saint-Denis, il est directeur général associé de Free Thinking et il a publié ce livre l’an dernier.
Quand j’étais petit, je vivais dans le 9-3. Enfin on ne disait pas le 9-3 à l’époque, on disait la Seine Saint Denis, ou quelquefois le 93, pour les initiés… Il y avait déjà des immigrés, portugais, espagnols (mes voisins), des antillais, et puis des arabes aussi, (notamment dans ma cour de récréation, à l’école Paul Eluard au Blanc-Mesnil). D’ailleurs, il arrivait qu’on se batte mais c’était généralement pour une histoire de billes volées ou de tricherie au foot. On ne parlait pas des « quartiers » de Seine Saint Denis à l’époque, ni des « jeunes » de Seine Saint Denis, ni des « bandes » de Seine saint Denis, ni des « supermarchés de la drogue » de Seine Saint Denis… On ne voyait pas les « émeutes » de la cité des 4 Tours sur Dailymotion. Parce que Dailymotion n’existait pas. [...] Lire la suite
J’ai demandé à mes copains de Facebook de me raconter leur premier souvenir sur Internet. Avec le temps qui passe, Internet vieillit, a ses époques et ce que nous pensions être juste une technologie froide et utilitaire, devient un espace de lien social, d’engueulades, de rencontres, bref, le temps nous fabrique des Madeleine du net. Je publierai ici ou ailleurs la somme de témoignages collectés auprès de ces Digital Migrants ou de ces Digital Natives. Ce qui est intéressant c’est la date. Entre 30 et 40 ans, il existe une année du baptême internet pour la majorité d’entre eux. C’est 1996. C’est l’année qui est le plus souvent citée. L’année 1996, c’est un peu comme l’année 1967 en Rock’n Roll, une sorte de tournant. J’y reviendrai ici. Il y a donc les plus âgés qui datent leur premier souvenir sur le net de cette année là, ou de 1995 ou 1997 et puis il en est de plus jeunes, des vingtenaires qui eux ont des souvenirs différents. Ils ne citent pas un navigateur ou le bruit bizarre du Modem. Leur premier souvenir est moins technique, il correspond davantage à un état psychologique, une émotion, une façon d’être. Parmi les messages reçus, en message privé un témoignage anonyme et surprenant. Je vous laisse le découvrir un peu [...] Lire la suite






























Vengeurs, X-Men, etc.
23 h 31 min - 20 février 2012 par Chris
17 h 41 min - 20 février 2012 par VeCh
20 h 17 min - 19 février 2012 par Isabelle
18 h 38 min - 19 février 2012 par poisson
15 h 34 min - 19 février 2012 par Martin