Archive mensuelle de septembre 2010

Négo Story au pays des réseaux sociaux

On m’a raconté ce rêve-cauchemar insolite.  La scène se passe dans le bureau d’un recruteur, dans 5 ans. Ou peut-être moins.

-       Alors comme ça vous voulez changer de secteur ?

-       Oui, j’ai envie de revenir à mes premières amours.

-       Et le community management ça ne vous effraie pas ?

-       Je préfère les internautes aux ressources humaines. Les internautes, au moins, on ne sent pas leur haleine.

-       Alors, vous pesez combien ?

-       17 000 sur twitter, 5000 plafonnés en FB et 2800 en page Fans.

-       LinkedIN ?

-       4500 contacts et des bananes.

-       Ils ne vous ont pas fait signer des clauses comme quoi ces contacts ne vous appartenaient pas ?

-        La question se pose mais à l’époque, ils n’y ont pas songé.

-       Pas songé ?

-       Oui, quand je suis arrivé chez Alpha, je n’avais pas un friend, pas un follower. J’ai accumulé les contacts grâce à ce premier job.

-       C’était sur un compte entreprise ou le vôtre ?

-       La question ne s’est pas posée en ces termes. J’ai créé la fonction et ensuite les contacts se sont accumulés. Mon employeur de l’époque ne s’est pas posé la question de savoir si ces contacts lui appartenaient.

-       Appartenaient ?

-       En fait ces internautes ne sont ni une clientèle, ni une propriété, c’est une sorte de carnet d’adresse fluctuant. On ne peut pas non plus parler de base de [...] Lire la suite

Ce code éthique de Tsahal qu’Eden Abargil aurait pu poster sur Facebook

Il y a trois semaines dans ce billet, je disais avoir demandé à l’Ambassade d’Israël à Paris le fameux code de bonne conduite du soldat israélien. C’était à la suite de la publication sur Facebook de ces photos par la réserviste Eden Abargil. Je m’interrogeais sur la formation des jeunes appelés de Tsahal et sur la capacité du code éthique militaire à les sensibiliser au traitement des prisonniers et par extension l’usage fait des photos prises pendant le service. C’est un internaute qui a eu la gentillesse de me répondre, ceci bien avant que l’Ambassade d’Israël à Paris ne se réveille (elle dort toujours du reste). Cet internaute m’a traduit en français un document qui se trouve sur le site des Forces de Défense Israéliennes. On n’y découvre pas grand chose sur le respect des prisonniers mis à part une généralité que vous découvrirez ci-dessous. Bien entendu je ne suis pas naïf : on peut disposer d’un code éthique en tant que militaire et ne pas vouloir, ne pas pouvoir ou ne pas savoir s’en servir.  On dit « c’est la guerre, c’est comme ça » et l’éthique est comme l’intendance, elle suivra… Ou pas. Peu importe, mon internaute a traduit  ce texte en français, il me l’a envoyé, c’est un document public mais bien [...] Lire la suite

Chine, une campagne des 100 fleurs à la sauce web ?

Formidable, la Chine vient d’ouvrir un site où les anonymes vont pouvoir s’exprimer, un vent de liberté souffle sur la toile rouge  qui il n’y a pas si longtemps mettait en place une police du web, emprisonnait des bloggeurs et interdisait certains site d’accès.

Formidable ! car ca marche : « Depuis l’ouverture du site la semaine dernière, des dizaines de milliers de messages ont abordé de façon directe les problèmes de liberté d’expression, de collusion ou de corruption en Chine, même si d’autres messages chantent les louanges du parti communiste au pouvoir. » nous explique le Nouvel Obs. Le making off du site est également expliqué sur le Figaro.fr.

Moi cette libération de la parole sur un grand site de la liberté d’expression chinoise, ca me rappelle une expérience de Mao du temps où internet n’existait pas. Ca s’était passé en 1957, ca s’appelait la campagne des 100 fleurs et ça avait commencé un peu, je dis bien un peu, comme aujourd’hui. Voilà comment Wikipédia résume cette campagne fleurie… « Mao, pour rétablir son autorité sur le Parti, affaiblie depuis le VIIIe congrès de ce dernier, et améliorer les relations entre la formation communiste et la population dans un contexte international périlleux, appelle à une « campagne de rectification ». Le principe est de redonner une [...] Lire la suite

Circulaire.gouv.fr, y’a rien à voir (?)

Ce matin, je me dis que le mot de la journée sera « circulaire ». Je tape ledit mot dans google.

Je tombe (en premier occurrence, bravo l’Etat) sur ce site du premier Ministre (si c’est un hoax, je m’en coupe une)

http://www.circulaires.gouv.fr/

Je cherche dans les dernières circulaires du Ministère de l’Intérieur celle du 5 aôut et dont E. Besson dit qu’il n’en  a jamais eu connaissance et je tombe sur cette liste de circulaires (cliquez) :

http://www.circulaires.gouv.fr/index.php?action=rechercher&domaine=Int%C3%A9rieur

Je me dis alors que le site n’est pas à jour. Pourquoi pas, ce qui ferait un prétexte de plus à E. Besson pour refiler la patate chaude à B. Hortefeux.

Je me dirige vers la foire aux questions (FAQ sur les conseils de @marjoriepaillon) qui m’explique que si une circulaire n’est pas sur le site, c’est qu’elle est inapplicable en vertu du décret !

http://www.circulaires.gouv.fr/faq.php

J’en déduis donc (hâtivement, certainement) que la circulaire du 5 août qui demande aux préfets d’évacuer « en priorité » les campements roms n’est pas applicable en vertu du Décret n° 2008-1281 du 8 décembre 2008 relatif aux conditions de publication des instructions et circulaires

C’est une suite de tâtonnements d’un non juriste qui ne demande que vos lumières.

Evidemment.

PS : Maitre Eolas, au secours !

Ahmed mon frère, la gargouille et l’Occident

C’est, écrit dans Lyon Mag « La gargouille de la discorde ». Voilà les faits « Avant l’été, sur lors du chantier de rénovation de la cathédrale Saint-Jean, une gargouille unique a été posée. Une gargouille qui ressemble en fait à Ahmed, un ouvrier musulman et au-dessous de laquelle est inscrite l’expression « Dieu est grand », en français et en arabe.
 Une initiative qui n’est pas du tout du goût des conservateurs lyonnais ».

Bien entendu, l’information a créé l’émotion. Après une année à ressasser le thème de l’identité nationale, après deux mois de polémiques sur les roms, dans un contexte où l’on s’inquiète de l’islamisation des banlieues, l’inscription en arabe « Dieu est grand » ne peut que choquer profondément une partie de l’opinion. Et pourtant…

L’ouvrier qui a laissé cette inscription et son camarade sculpteur qui a lancé un clin d’œil à l’éternité en  représentant l’ouvrier en gargouille s’intègrent merveilleusement dans la tradition ancestrale des bâtisseurs de cathédrales, une tradition profondément occidentale. Ceux qui s’intéressent au compagnonnage comme à la construction des grands édifices religieux en Europe savent que depuis plus de mille ans, ceux qui ont œuvré sur ces chantiers, ces ouvriers, ces maitres maçons, ces compagnons ont toujours eu l’habitude d’y laisser des inscriptions. Parfois celles-ci prennent la [...] Lire la suite

Voiture 11, Couloir, place 43

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Les cadres en déplacement devraient faire attention, tout de même. L’autre jour j’ai pris le TGV. En première. Il y avait quatre garçon dans le vent des affaires qui voyageaient ensemble. La finesse du Super 100 de leurs costumes Hugo Boss ne les a pas empêché de se comporter en vulgaires gorets. J’espère qu’en lisant ces lignes ils se reconnaitront.

Ils ont commencé par semer le désordre en s’installant dans un carré où aucun d’entre eux n’avait de réservation.

-       C’est parce qu’on aimerait être ensemble a expliqué au contrôleur celui qui m’a immédiatement paru être l’adjoint du plus gradé.

A quoi je l’ai reconnu ? Il était ravi de voyager avec son patron, une occasion pour lui de resserrer les liens et de se faire bien voir. Les voyages professionnels en groupe sont comme ça. On s’ignore dans l’entreprise mais une fois dans un wagon on devient solidaires et familiers. Il était tout loquace l’adjoint. Evidemment leur petit manège a bloqué la circulation dans le couloir central. Ils ont fini par dégager le passage avec leur valise à roulettes et leur sacoche à PC. Tandis qu’ils s’installaient à leur vraie place, une obèse est arrivée.

Une obèse sexy même. Une obèse qui n’avait pas peur ou bien qui affrontait sa peur. Une obèse qui me faisait envie, qui mettait ses seins en valeur, qui [...] Lire la suite

C’est quoi la honte ? De Marine Le Pen à Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik vient de sortir un essai sur la honte.  Depuis quelques jours, j’y pense. C’est quoi la honte au juste. De quel sentiment parle-t-on ? Je me souviens qu’à l’école, quand je me faisais engueuler par le prof, j’avais honte. Ado, quand paraissait la jeune fille qui me plaisait et qui ne me regardait pas j’avais honte. Lorsque ma mère me parlait fort dans les magasins, j’avais honte. Cyrulnik s’intéresse à la honte, la mienne mais aussi celle des victimes, de ceux qui grandissent dans la honte, une honte qu’on leur transmet ou qu’on ne leur transmet pas. Il y a des hontes de père en fils, de mère en fille, de père en fille, il y a des hontes sociales, des hontes médicales, des hontes économiques, des hontes qui ne sont pas ce qu’on appelle vulgairement des grands moments de solitude, des hontes qu’on traîne derrière soi. C’est un vrai sujet la honte, d’autant plus que la honte se cache, comme une sorte d’illettrisme du cœur, comme un secret. Il y a des collectifs en colère, il y des sentiments qui se montrent comme l’amour, la joie, la résistance, mais la honte ? Voilà pourquoi le livre et le titre de Cyrulnik me parlent, parce qu’ils évoquent l’invisible, la discrétion de la détresse non [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.