Archive mensuelle de juillet 2010

Mobilité

Quitter un travail pour en prendre un autre, finalement c’est un processus assez intime, assez personnel et assez courant. Je lis en substance sur internet que les « chassés » du « mercato » rejoignent radio ou télé comme on comploterait à Florence ou entre clubs de foot, tout cela aurait le goût d’un bonbon acidulé, des allures de mauvais coups portés les uns aux autres et entre concurrents. Evidemment,  ce théâtre d’ombres se jouerait avec beaucoup d’argent à la clé et d’horribles compromissions politiques. On peut voir les choses comme ça mais je ne suis pas très convaincu… Je crois que les candidats aux départs, ceux qui bougent, le font souvent pour de bonnes raisons, des raisons liées à leur progression professionnelle. Je crois davantage à une réflexion personnelle de celui qui bouge sur le fait d’apprendre et de progresser dans son métier. C’est ma logique au moment où je quitte Info avec  de la reconnaissance mais également le sentiment de ne pas pouvoir demander davantage à la station et au groupe qui m’ont déjà beaucoup apporté et réciproquement. Progresser dans le métier, et particulièrement en radio, ce n’est pas gagner plus ou gagner en visibilité. C’est essayer des exercices différents, dans des horaires différents et des formats qui ne ressemblent pas aux précédents. Cette interrogation sur ce [...] Lire la suite

Chanson d’été

Le jour où Pie XII m’a crucifié du regard

Francesco Messina est mort à 95 ans en 1995. Facile à retenir. C’est un sculpteur italien qui a les honneurs du Wikipedia « de son pays » seulement. D’après ce que j’ai compris, il a fait une belle carrière dans le monde des arts et été membre du parti fasciste. Personne n’est parfait, hein ? Ce qui m’a donné envie de poster sur cet artiste, c’est la sculpture qu’il a livrée à la Basilique Saint-Pierre de Rome. C’est un bronze assez imposant du Pape Pie XII. En journalisme on dirait du très controversé Pape Pie XII ou encore le trop silencieux Pie XII. Bref, Pie XII c’est le très patibulaire pape dont certains estiment qu’il aurait pu être un peu plus bavard pendant la deuxième guerre mondiale, notamment au sujet de la barbarie nazie. N’étant pas un ennemi déclaré de l’église catholique ni un spécialiste de la question, je laisse aux historiens le soin de trancher la question du très sulfureux (ou pas) Pie XII . Toujours est-il que Francesco Messina a commis en 1963 cette statue qui donne à la polémique et aux débats qui entourent et encombrent la personnalité de ce successeur de Saint-Pierre une sorte d’écho involontaire.

Quand j’ai vu ce bronze, en effet, quand les yeux ronds des lorgnons pontificaux [...] Lire la suite

La génération Banier tient enfin son site web

En relevant les messages sur ce blog, je tombe sur une adresse saywho.fr. Je clique et j’arrive sur « le projet » d’Hmm, une agence de marketing spécialisée dans le luxe qui vient d’avoir la riche idée de créer un top 50 de la vie mondaine et nocturne à Paris.

Un coup d’œil à son palmarès des meilleurs noctambules de la capitale me révèle l’existence d’Harvey Ambomo qui réussit l’honnête performance d’avoir été photographié dans plusieurs dizaines de soirées différentes. On le voit, avec ou sans foulard, un peu partout et le plus souvent équipé de lunettes noires qui lui donnent un faux air de Lenny Kravitz période 90’s. Pas loin derrière Harvey, Nicolas Ullmann joue lui la carte du fun et semble sur le point de lui ravir le maillot jaune du before, de l’after et du trucmuchebynight avec cette notice prometteuse: « Trublion, poète, star, ami, Nicolas est tout cela à la fois. Et sans lui, les nuits parisiennes seraient beaucoup moins drôles et excentriques ». Harvey n’a qu’à bien se tenir, le challenger est là, tout prêt à s’échapper du peloton.

Le site ressemble à la rubrique « Ces gens-là » des magazines qu’on lit chez le barbier ou dans la salle d’attente du docteur mais en plus hype vu, net oblige ; en plus hype car [...] Lire la suite

Tu avais des cheveux blonds, un crocodile sur ton blouson…

Oui, je sais, ce titre de note ne veut rien dire. Mais il me plait. Voilà, c’est terminé, elles sont en boite. 31 chroniques où chaque auteur est venu raconter une plage. Une plage de vacances, mais pas seulement. Comme l’explique Attali, il y a les vacances et la vacance, cette mise entre parenthèse qu’il appelle aussi l’art de débrancher. Chacun trouvera dans cette trentaine de chroniques celle qui lui convient. D’Eric Vuillard auteur d’un chef d’œuvre sur les conquistadors à Marc Lévy qui raconte comment, un jour, il a croisé une amie d’enfance avec un de ses livres sous le bras sans que celle-ci ne semble le reconnaître, toutes font chanter la petite musique du départ ou de la mise en berne. Et pour ceux qui ne partent pas en vacances ? Ils pourront suivre en balade maçonnique parisienne Patrick Lelong ou tout simplement revivre avec Lionel Duroy l’expropriation, vécue, d’une maison en pleine saison estivale.  Ce qui est curieux avec l’été, c’est que chacun a le sien. Un été enfoui dans la mémoire et qui raconte une vague trop haute, une angoisse brûlante ou tout simplement le désir de l’aventure. Cette année, j’ai ajouté pour chaque invité une chanson. Shan Sa qui nous conte une légende sino-japonaise a hérité de La [...] Lire la suite

Si vous aimez les Mythologies de Barthes, vous aimerez celles de Viviant

Quand j’ai été embauché par Daniel Schneidermann à Arrêt sur Images, il y avait avant moi dans l’équipe un garçon que les lecteurs des Inrocks ou les auditeurs d’Inter connaissent sans doute. Arnaud Viviant. Le fait qu’il quitte l’émission et que j’y arrive a sans doute retardé d’une dizaine d’années notre rencontre. Celle-ci a fini par avoir lieu dans un livre que j’ai chroniqué ici mais aussi dans un autre qu’il a publié il y a quelques mois et que je vous recommande parce que vous en sortirez heureux et aurez le sentiment qu’on vous a expliqué des choses drôlement, clairement, subtilement et sans vous snobez. Complètement mytho est donc ce livre où Arnaud Viviant rédige, dans la foulée de Roland Barthes ses propres mythologies à lui. Comme Arnaud est modeste, il se cache. Il se cache derrière la construction de son livre, derrière le titre, derrière le narrateur qu’il a surnommé du sobriquet d’Arnaud Petit Popo. Tout cela contribue a brouiller les pistes. Pourtant, et c’est le bonheur de ce texte, Complètement Mytho est la suite logique, légitime, astucieuse des Mythologies de Barthes sauf que son auteur a traité de nos mythologies à nous, celle de notre génération, celle d’internet, de la crise, du Vélib et de Facebook. Ces mythologies au sens de [...] Lire la suite

Couronner ou être couronné ? Une histoire du mercato.

J’ai appris sur Twitter mardi le départ de Nicolas Demorand de Radiofrance pour Europe1. Je m’en désole pour Radiofrance, mon groupe à moi et je souhaite bonne route à Nicolas. Cela fait déjà un bon mois que le mercato de l’audiovisuel excite les rubriques médias des journaux. Sa particularité est d’être un marché de l’emploi qui ressemble à celui du foot, comme l’explique Philippe Vandel ici. Sa particularité est aussi d’être un marché de l’emploi à ciel ouvert ou presque car dans les médias tout finit par se savoir et l’on assiste en direct ou presque aux départs volontaires, aux licenciements, aux débauchages et aux recrutements. Heureusement que les choses sont plus secrètes ailleurs car les organisations deviendraient folles… Bien entendu, lorsqu’il s’agit de personnalités connues, ce marché de l’emploi devient une sorte de feuilleton où les annonces tiennent lieu de coup théâtre et les animateurs du gibier. La chasse de têtes bien faites et bien pleines y porte bien son nom et j’avoue qu’Alexandre Bompard a réalisé un coup de maître. Pas tant parce qu’il a piqué un enfant de la maison à Radiofrance  que parce qu’il a, par ce recrutement, inversé totalement la séquence un peu compliquée dans laquelle l’avait placé la possibilité de son départ pour France télévisions. Je m’explique. Il n’a [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.