J’ai toujours été fasciné par la figure du majordome. Qu’elle prenne la forme d’un personnage de théâtre, de cinéma ou de fait divers. Le majordome c’est le larbin mais pas n’importe lequel car il est au centre d’une toile. Du latin maior domus passé ensuite à l’italien pour devenir maggiordomo, le majordome est le chef de la maison. C’est le plus souvent la maison d’un riche et dans l’affaire Bettencourt comme dans la littérature ou le cinéma, le majordome c’est l’œil du peuple chez le puissant. Au service d’un grand de ce monde c’est à travers ses yeux ou ses oreilles que le public, le peuple ou la foule des spectateurs perce les petits secrets qui nous seraient, sans lui, interdits. Prenez Figaro, c’est par lui que le peuple découvre, dans la pièce de Beaumarchais, les turpitudes d’une noblesse corrompue. Dans les pièces de Molière, le majordome (et souvent la femme de chambre) a le rôle de celui qui dénoue les situations. Il en perçoit l’injustice et tel un deus ex machina le voilà qui intrigue, avec la complicité du public, pour qu’enfin la justice et la vérité surgissent. Dans l’affaire Bettencourt, le majordome, avant de devenir fournisseur de contenus pour Médiapart, est d’abord une oreille romanesque et vigilante. C’est lui qui nous rencarde sur ce [...] Lire la suite
Archive mensuelle de juin 2010
Le papier dans Le Parisien, on le guette on l’espère, on prie pour qu’un jour il arrive. Et puis il arrive, sympa, élogieux, bien tourné, bref on est content. Comme ce matin par exemple, avec cette critique de Pierre Vavasseur et ce titre Zizi Top. On se dit que la critique topissime déclenchera des envies de lecteurs, des invitations, des ventes, bref qu’elle permettra au Zizi de se balader un peu partout de mains en mains. Ouais, on pense ça. On remercie en télépathie l’auteur du papier, on est heureux. On se sent même un peu Perrette et son pot au lait, comme dans la fable de La Fontaine, on bâtit des châteaux en Espagne et des promos en ribambelles. On sourit tout seul et l’on se dit que la vie du Zizi sera belle, et longue, et douce. Et puis une ombre passe, un clignotant rouge qu’on interprête pas immédiatement, un détail que l’on avait soigneusement oublié, évacué comme un souvenir refoulé et réveillé par le bourdonnement des vuvuzellas qui défliaient hier entre Bastille et République. On réalise donc qu’en raison du mouvement social d’hier les journaux ne sont pas en kiosque ce matin, nulle part. Le papier existe seulement sur internet, page 31 du PDF que je m’imprime écoeuré, en noir et blanc. Le dit papier [...] Lire la suite
Les crises d’urticaire se ressemblent. Celle qui confronte ce matin les bleus à l’opinion, mais surtout les bleus avec leurs sponsors me rappelle la crise des subprimes. En fait, cette équipe c’est un peu des subprimes sur crampons. Les similitudes sont nombreuses. 1/ On savait qu’ils étaient mauvais mais on a fait comme si de rien n’était 2/ On savait qu’ils ne méritaient pas de tels salaires mais on leur a fait crédit 3/ On a fait comme si les sommes investis sur cette équipe allait rapporter et les cris d’indignation d’aujourd’hui sont à la hauteur des profits espérés mais qui ne sont pas venus. Et bien évidemment, la colère conduit à chercher les responsables de cette déconfiture. Dans le rôle des petits épargnants, il y a les supporters, eux, ont perdu leur maillot. Dans le rôle des autorités de régulation, il y a la Fédération Française de Foot qui a couvert la mascarade jusqu’au crash du week-end. Dans le rôle de Lehman Brothers, il y a l’équipe gonflée de primes, d’espoir, d’effet de levier et de retours sur investissement déçus. Dans le rôle des traders, les joueurs bien évidemment. On pourrait aligner ainsi les analogies à n’en plus finir. L’Etat, bien entendu, joue sa partition dramatique. Roselyne Bachelot la première qui s’est rendue sur place [...] Lire la suite
Quand j’étais plus jeune, j’avais un walk-man et un casque rivé sur les oreilles et mes parents me le reprochaient. Ils me disaient que je me coupais du monde qui m’entourait. « Reste avec nous disaient-ils ». J’avais 12 ans et demi. Quand je suis tombé ce matin sur cette photo de Nicolas Anelka en partance pour l’Espagne, j’ai réalisé qu’en dehors des matches et des conférences de presse, les bleus ne se déplaçaient plus jamais sans un casque, celui d’un baladeur, d’un lecteur de MP3 ou un gros casque vintage branchouille. Sur ce cliché, Anleka se protège et s’isole du reste du monde. Au casque s’ajoutent les lunettes de soleil, symbole d’un star système en déconfiture. Mais au-delà du cas personnel d’Anelka, c’est d’autisme dont nous parle cette photo, l’autisme des joueurs. Démission, grève de l’entrainement, ignorance du regard et du jugement que peut porter sur eux le reste de l’opinion, les bleus ne semblent plus à l’écoute que de ce casque générationnel et high tech. Comment sous ce casque générationnel entendre les ordres de l’entraineur, comment communiquer avec le reste du groupe et être en empathie les uns avec les autres ? Ce casque est symbolique, il n’incarne plus la détente après l’effort, la pause ou l’intériorité que suppose la concentration, ce casque est devenu l’image même [...] Lire la suite
En plein débat sur le rôle des humoristes de France Inter « Enculé, enculé, enculé », je vous présente Jean-Baptiste Gauvin. Grâce à ce garçon nous sommes désormais en droit de nous poser cette question : « Guillon et Porte auraient-ils autant scandalisé si il n’y avait pas eu de caméras pour les filmer et se repasser en boucle le moment de leur apothéose (ou de leur sortie de route) ? Merci donc à jean-Baptiste. Vous ne connaissez pas ce jeune homme de 19 ans. L’hiver dernier, Jean-Baptiste m’a contacté par mail pour me demander de parrainer son mémoire de première année du CELSA, option journalisme. Jean-Baptiste a choisi de travailler sur la radio filmée, plus particulièrement sur la radio filmée à France-Inter. Il a bossé tout l’hiver, est allé voir les uns et les autres, a visionné des dizaines de programmes filmés dans les studios et en a tiré un travail écrit, sans doute l’un des premiers sur cet objet radiophonique pas encore très identifié qu’est la radio filmée. Vous retrouverez dans son travail des notions connues comme celle de programme à la carte ou de la place de plus en plus importante accordée à l’image, etc. Au-delà de ces concepts connus, vous devriez être séduit par la forme très universitaire [...] Lire la suite
Samedi, j’étais invité par cette librairie pour dédicacer Zizi au salon du livre de poche de Saint-Maur organisé par la Griffe Noire, la librairie de Gérard Collard. Il est de tradition dans ce beau pays de France d’organiser chaque fois que c’est possible des banquets avec les auteurs. Vers 13h nous nous retrouvons donc avec le Maire de la ville, Henri Plagnol, dans une taverne pour grailler. J’arrive en retard et me retrouve nez à nez avec un garçon que je ne connais pas de vue. Nous voilà face-à-face et tous les deux, isolés du groupe. On me propose de rejoindre la table du maire et des plumes qui l’entourent mais par courtoisie, je décide de rester avec mon voisin. Un bon vin rouge arrive sur notre table et nous engageons la discussion. Je découvre alors que j’ai en face de moi Charb, alias Stéphane Charbonnier, directeur de la publication de Charlie hebdo venu signer des albums à Saint-Maur. On parle de beaucoup de choses, de la radio publique, du passé, de l’avenir, des grands dessinateurs qui ont fait Charlie et nous en venons à Internet et à Twitter. C’est le problème du vin, il donne des idées, fait naître des projets, bref, je m’entiche de Charb comme un fan que je suis [...] Lire la suite
C’est amusant les sondages. En voilà un qui vient d’être réalisé pour La Tribune par l’Institut BVA. Près de 6 français sur 10, je veux dire 59 % des sondés seraient favorable à la levée de l’anonymat des blogueurs. Autrement dit nos compatriotes soutiennent, encouragent en quelque sorte Jean-Louis Masson, sénateur non inscrit de Moselle a poursuivre dans son projet de voir voter une loin obligeant à se dévoiler des gens qui, contrairement à moi, bloguent sous un nom d’emprunt. Après tout pourquoi pas. Les Français s’en tapent des bloggeurs et ils ont bien le droit de soutenir cette idée selon laquelle à découvert on dit moins de conneries, on profère moins d’insultes que lorsqu’on parle et écrit sous son vrai nom. L’idée est développée ici par un certain Robert Pollen qui tient au passage cette remarque qui devrait aussi nous faire réfléchir : A mesure que se développe l’anonymat dans le monde numérique, c’est à dire la fonte de l’individu dans le quidam, se développe de manière proportionnelle comme une réaction, l’exacerbation des communautarismes, c’est à dire la mise en relief des disparités culturelles et par là, l’affirmation d’un individu communautaire. Mais revenons à ce sondage et à sa méthodologie. La dépêche qui l’annonce précise que cette enquête BVA a été [...] Lire la suite






























Vengeurs, X-Men, etc.
9 h 25 min - 4 février 2012 par idigiwiz
22 h 21 min - 3 février 2012 par poisson
19 h 10 min - 3 février 2012 par Anne-ô-ni-mousse
13 h 14 min - 3 février 2012 par davidabiker
12 h 50 min - 3 février 2012 par Thibault F.