Archive mensuelle de mai 2010

Génération Pseudo et pas pseudo Génération !…

J’ai eu le déclic en allant voir M la semaine dernière à l’Olympia. M n’est pas tout à fait un Digital Native mais il a tout compris à internet et aux réseaux sociaux et surtout à la culture qui va avec. Chacun sait que M est l’avatar de Matthieu Chedid. Chacun sait que lorsqu’il n’est pas Matthieu, Chedid est M. Il se déguise et importe dans ses tenues de scène, sa coiffure et dans son show des clins d’œil aux héros de BD ou de cinéma qu’il a aimés. Vendredi dernier à l’Olympia, il y avait sur scène sa sœur et son frère qui a surgi à un moment déguisé en Captain América.  Il faut expliquer aux politiques qui n’aiment pas les pseudos et l’anonymat que les bloggueurs ne forment pas une pseudo génération mais plutôt une génération pseudo, ce qui n’est pas la même chose. Dans le débat qui s’installe sur l’anonymat depuis le début de la semaine, il y a bien sûr la question de la violence verbale, raciste et souvent sans nom qui sévit sur la toile mais il n’y a pas que ça. Il y a la question d’une génération qui rêve et qui a trouvé sur le web et dans ses blogs le moyen d’utiliser des avatars qui révèlent une partie [...] Lire la suite

La fin du conte celle qu’on raconte et celle qu’on tait

Elle doit l’apprendre par cœur pour l’école. C’est comme ça. En le relisant les mots me reviennent. Moi aussi je l’ai su par cœur ; il y a longtemps. La version dite par Jean-Louis Trintignant sur un concerto pour piano de Mozart. Je n’ai jamais aimé que celle là. En lui donnant la réplique pour la scène du buveur, le ton, le timbre, le grain de la voix de Trintignant ont ressurgi presque naturellement.

-       Pourquoi bois-tu…

J’ai cherché longtemps cette version du Petit Prince jusqu’à la retrouver l’an dernier, chez Jean qui me l’a offerte après un enregistrement. Le Petit Prince avec Trintignant est le plus fort de tous mes souvenirs d’enfance. J’ai passé des heures à l’écouter sans comprendre ce qui arrivait à la fin. Quand je suis rentré avec à la maison, je leur ai dit : « Venez, j’ai quelque chose à vous faire écouter ». On s’est assis, tous les trois et Trintignant a commencé à réciter le texte. La voix de l’enfant, celle de la rose, le renard, le vaniteux et bien sûr le buveur, tout s’est remis en ordre. Et bien sûr j’avais la gorge serrée tandis qu’elles découvraient ce que je sais maintenant que je suis.

Enfant, je ne comprenais pas comment le Petit Prince quittait le désert. Je ne [...] Lire la suite

L’anonymat sur le net : dis moi qui tu n’es pas, je te dirai comment je te vois…

L’anonymat je n’aime pas : lettres, com’ racistes, blog fachos, sectarisme politique outrancier, bref…. Mais sur internet, cet anonymat est plus qu’un masque grimaçant que d’aucun rêverait de lever pour mettre un  nom sur les poursuites judiciaires qu’ils rêvent d’engager. L’anonymat,  c’est une série de valeurs que beaucoup de bloggeurs et de commentateurs ont inventé. L’anonymat c’est la protection pour celui qui poste de pouvoir émettre des opinions sans risquer de déplaire, à un employeur par exemple. L’anonymat, c’est aussi une liberté, celle d’être en plusieurs endroits à la fois sur le net en multipliant les identités. L’anonymat c’est encore le droit de s’inventer une personnalité virtuelle. L’anonymat c’est aussi un moyen d’anticiper la mise sous contrôle du net en ne laissant pas sur la toile des traces trop personnelles. L’anonymat peut aussi faire partie d’une stratégie de personal branding… ou d’une stratégie politique… L’anonymat c’est aussi le moyen de partager ses fantasmes sans risquer d’être jugé(e). L’anonymat est une culture qui ne me met pas toujours à l’aise mais que je respecte. Je vois œuvrer sur internet chaque jour des milliers d’anonymes – pas les anonymes du journal de 20 heures qui se pressent derrières les barrières métalliques à l’enterrement des stars… Je parle des anonymes qui font les débats, qui font les forums, qui [...] Lire la suite

Mince, j’ai oublié le décolleté de Mireille Darc

Zizi the Kid. J’ai commencé par trouver le titre et puis les souvenirs sont remontés à la surface. J’ai démarré l’écriture il y a deux ans pour m’interrompre le temps d’écrire ça puis de reprendre l’exploration du passé. En le terminant, je me suis rendu compte que j’avais grandi en pleine libération sexuelle (celle des adultes qui m’entouraient) et que malgré ça, les images, les sensations et les impressions qui me restaient de mon époque en culotte courte étaient douces et tranquilles comme une sieste sur la plage. Pas d’images porno, pas de touche pipi trash, juste des impressions fugaces et le témoignage d’une enfance heureuse. Finalement, le Zizi ne fut qu’un prétexte pour retrouver une époque. Lorsque je la compare à aujourd’hui, je me demande si dans la prime enfance, nos chères têtes blondes ne risquent pas davantage le choc frontal avec des images un peu plus violentes, plus « dangereuses », plus pornos justement. Pas envie d’entrer dans une paranoïa anti net, juste interroger ceux qui mettent en accusation la période qui a suivi mai 68 et qui, d’après mon expérience, semblent avoir su protéger ses enfants de l’iconographie pornographique. L’image la plus troublante reste pour moi, outre celle du ballet nautique des frites Végétaline, celle de Sylvia Kristel dans Emmanuelle. Pour certains, [...] Lire la suite

Audrey Pulvar le tient plutôt bien. Et Nadine ?

Dans la vie, il n’y a pas de petits plaisirs alors je savoure celui là grâce à Twitter d’ailleurs, puisque je dois ce cliché savoureux à un vigilant télespectateur qui gazouille par ailleurs ici. Dans un genre très différent mais qui ne manque pas de charme, j’ai adresse l’ouvrage à Nadine Morano en espérant qu’elle s’en saisisse et qu’il ne lui tombe pas des mains.

Enfin trouvé le point commun entre Eric Zemmour et Lemmy Kilmister…

« Zemmour, la position du réactionnaire », ainsi Libération titre-t-il une double page aujourd’hui consacrée au polémiste (et camarade) Eric Zemmour sous-titrant que « les provocations du journaliste sur l’immigration trouvent des échos dans la droite radicale mais aussi dans une certaines gauche laïque ». La photo est séduisante puisqu’elle montre l’homme de plume loin des agitations et des sorties télégéniques qui ont fait une partie de sa réputation et de ses ventes de livres. Je dis une partie, parce qu’il existe un autre Zemmour que le photographe, Edouard Caupeil a voulu faire sortir de sa tanière. Accoudé à sa table de bistrot, il scrute quelque chose, il a l’air épuisé, mais que regarde-t-il ? Les paupières tombent, le corps aussi, un tantinet avachi sur le bord de la table. Il y a une pâleur triste dans le bleu de ce regard rehaussé qu’il est par le gris clair du costume. Et si Zemmour ne scrutait qu’un vaste champ de bataille ? Celui des idées qu’il lance comme des troupes à l’assaut de ce qu’il estime être la forteresse du politiquement correct ? Comme je l’avais fait pour une photo « asiatique » de Claude Guéant, j’ai décroché mon téléphone et appelé Edouard Caupeil pour lui demander à quoi il pensait en faisant prendre la pose à Eric [...] Lire la suite

De Gaulle aurait-il créé son groupe Facebook en attendant la Libération ?

Pour la chronique que je prépare pour l’Express, je découvre avec un grand retard le concept de micronations, de républiques fantaisistes, d’Etat et de Nation virtuels. Cet intérêt soudain me vient à l’occasion de la sortie du film 8th Wonderland dont le site est ici et dont le pitch est le suivant dans Wikipédia : « Une gigantesque communauté d’internautes du monde entier a envahi le Web dans l’optique d’avoir une influence nécessaire sur l’ordre mondial actuel. Les décisions politiques et économiques des États sont mises en causes. C’est le peuple, des pays du monde entier, qui vont sur le site, leur pays virtuel 8th Wonderland (La 8e merveille du monde), et ses internautes se parlent constamment entre eux, 24h sur 24 à tout moment de la journée et change le monde par motions, votées au suffrage universel. Vous pouvez être l’un de ces internautes, vous avez internet, vous avez le pouvoir ». En découvrant ce résumé du film projeté hier à Cannes et quelques extraits, j’ai immédiatement pensé à Facebook et à sa démographie galopante, à ses groupes, à la vie rêvée de ses membres, qui estiment pour certains, qu’ils sont les nouveaux citoyens d’un monde. Et je ne parle pas des digital natives chers à NKM.

En approfondissant le sujet, je me [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.