Archive mensuelle de avril 2010

Belgitude

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Mon premier amour fut belge. Elle avait 5 ans, elle a fait pipi devant moi sur une plage en Corse.  J’ai pas compris ce qui arrivait, ou j’ai trop bien compris. C’était la première fois que je voyais une petite fille faire pipi. Ca marque, surtout dans le soleil couchant et les herbes folles. Après, elle s’est dressée sur ses jambes, elle a pris ma main et elle a dit « Tu viens avec ? ». Je me souviens qu’elle disait septante aussi. On a marché main dans la main cul nu jusqu’au bout du monde. Alors autant vous dire que lorsque je vois la Belgique se déchirer, ça me fait quelque chose. Le nationalisme c’est comme la mer. Quand on n’y est pas, on ne comprend pas ces gens qui sont dedans jusqu’au cou et qui vous disent « Viens donc, elle est bonne ». Le nationalisme des autres, leurs différents historiques, leurs séparatismes, leurs petits fascismes locaux, on a du mal à comprendre si on n’en est pas, si on ne fait pas partie de ces familles qui n’arrivent pas à laver leur linge sale. Il y a des pays qu’on connaît mal. Souvent, ces pays sont plus solides dans nos rêves que dans la réalité. Alors on se les représente avec des fantasmes,  des cartes postales, des souvenirs et des chansons. Surtout des chansons. La Belgique pour moi fait partie [...] Lire la suite

Le jour où Claude-Michel Schönberg a coupé mon Zizi : une histoire de droits à l’heure d’Internet

C’est une histoire d’ayant droit à l’époque d’Internet et du grand mix des contenus. Le coup de fil est arrivé aujourd’hui à 17 heures. Warner Music avait dit oui mais l’ayant droit a dit non. De quoi s’agit-il ? D’un chapitre, un chapitre raboté, un morceau de Zizi The Kid amputé. Pourquoi donc ? Parce qu’il y avait dedans, recopiées, les paroles de ce tube de 1974, Le premier pas. Ca rappellera quelques choses à ceux qui sont nés avant 1970. Le premier pas c’est l’histoire d’un garçon qui n’ose pas, il n’ose pas faire le premier pas. Dans Zizi The Kid, le petit garçon et narrateur se demande à longueur d’écoute ce que veut dire « faire le premier pas ». Alors il écoute la chanson qui se classera un an au sommet du hit parade, il écoute Claude-Michel Schönberg attendre qu’une jolie dame fasse le premier pas. Il attend et il s’emmerde le petit garçon et il raconte la bande son de ses mercredi après-midi d’ennui à écouter cette jolie chanson où personne ne veut faire Le premier pas. Avec l’éditeur, nous avions fait les choses proprement et acheté le droit de reproduire le texte intégral de la chanson. Ca coûte 259 euros.

Mais, catastrophe, l’ayant droit qui vit paraît-il aux Etats-Unis s’y est opposé hier soir ou ce [...] Lire la suite

Le cancer ne s’use que si l’on s’en sert…médiatiquement

La semaine dernière je l’ai revu. On s’était un peu perdu de vue. Il m’a pas engueulé, non. Pourant j’ai tardé à revenir le voir pour la visite de contrôle. Il m’a sauvé la vie. Pas de scanner cette fois. On va y aller mollo : il paraît que le scanner est mauvais pour la santé des ex cancéreux, point trop n’en faut. Le mur des lamentations commence dans son cabinet. Il y a même une photo de lui avec ses fils à cheval dans la campagne, le cadre est sur son bureau. Je l’ai mise dans le livre cette photo. Je voulais lui rendre hommage. Ensuite je me suis mis dans la position de l’indien qui guète le train sur la voie ferrée. Et il a fait son examen avec sa longue vue. Le mur des lamentations commence comme ça, par un type qui fait l’indien dans le cabinet d’un autre type qui l’attendait sans l’attendre et qui l’examine avec une longue vue. Ensuite le type découvre le charisme du malade, ouvre un blog et raconte ses misères à qui veut bien les lire. Le blog a paraît il une fonction thérapeutique. Il va même jusqu’à mettre en ligne scanners, endoscopies et analyses d’urine pour attirer l’attention et se faire remarquer. Il commence par être la star de [...] Lire la suite

Est-ce bien raisonnable ?

Du TV-livetwit de la Nouvelle Star au Rocky Horror Picture Show (ou l’inverse ?)

Je m’adonne depuis le début de l’année aux joies du TV-livetwit. C’est venu naturellement devant des programmes fédérateurs et rassembleurs comme la finale de Secret Story de TF1, les voeux du Président ou la Nouvelle Star d’M6. Le TV-livetwit pour ceux qui ne connaissent pas, ça consiste à commenter sur Twitter ce qu’on voit à la télé. Jusque-là c’est stupide car pourquoi commenter auprès d’un petit nombre, un programme vu par des millions de gens et risquer en plus la paraphrase ? C’est que le TV-livetwit a une fonction bien plus sophistiquée qu’il n’y paraît et on aurait tort de le réduire à la main courante des émissions de divertissement des chaines commerciales.

Je me rappelle qu’il y a 30 ans, le jeudi, mes petits camarades et moi nous retrouvions dans la cour de récréation en forum pour discuter du western ou du film de capes et d’épées du mardi soir. Nous formions des petits groupes et il y avait intérêt à avoir vu le film si on ne voulait pas être exclu des conversations. Le TV-livetweet c’est un peu ça : la discussion du jeudi pendant la récréation, sauf qu’elle a lieu non pas en différé mais en même. On ne commente plus La prisonnière du désert dans la Dernière Séance présentée par Monsieur Eddy Mitchell mais la [...] Lire la suite

Ma playlist expliquée à ma fille (et les branchés on les emmerde)

Mon amour. Je sais bien que toi tu sais ce que c’est une playlist, tu es une digital native. Tu n’est pas née dans une rose ou un chou mais après l’invention du net. Alors évidemment, la playlist, tu sais ce que c’est. Sauf qu’il y a un monde entre la playlist d’une gamine et celle de son père. Une vie en fait. Sur Twitter, un camarade m’a demandé ce matin de lui faire une playlist en répondant à quelques questions. On pourra aller l’écouter ce soir sur Benzinemag.net. Sans dévoiler mes choix, voici les questions du garçon et mes explications.

Un titre pour plonger dans de doux rêves ?

Ca devait être à la fin des années 70. Le premier disque que j’ai acheté, ou le deuxième. Jusqu’alors et pour le grand public, le reggae était noir et puis trois mecs blonds sont arrivés et ils ont popularisé le reggae blanc. Autant te dire que je savais pas un mot d’anglais, mais le premier 33 tours, c’est le premier 33 tours. C’est comme un premier amour. Ne jamais renier son 1er 33 tours.

Un titre pour se réveiller de bonne humeur ?

On ne peut pas dire que ce soit un groupe historique ou même mythique. Comme les précédents ils sont trois. Deux [...] Lire la suite

Grâce à Twitter, LCI consacre une 3e ligne à Le Bitoux et en plus dit « Pédé » !?

Tout à l’heure je produis un billet marginal pour une info qui ne me le semble pas. La mort de Jean Le Bitoux. Je le poste ici et je l’annonce sur Twitter. Le billet dit en substance que les gros médias ne se sont pas attardés sur la mort du fondateur de Gai Pied. Ceci dit, sur Twitter, gros et petits se mélangent et ne peuvent plus s’ignorer (je ne parle pas des rubriques dédiées au net à l’antenne, en TV ou en radio, évidemment). Que se passe-t-il alors ? Renaud Pila de chez LCI News gratifie mon twit d’un RT confraternel. Qu’arrive-t-il ? Le twit de Renaud se retrouve récupéré par LCI News qui a consacré 2 lignes à la mort de Le Bitoux, ça en fait donc une 3e. Avec Twitter, mon petit billet se retrouve dans l’anti-chambre du boudoir du paillasson du palier de la chaine dans le fil des twits de Renaud agrégés sur LCI News. Je dis pas que c’est la révolution…, mais je dis que voilà un exemple tout petit petit et parmi plein d’autres du décloisonnement gros-médias-petits-médias. J’ajoute que le mot « pédé » c’est pas demain la veille que vous le retrouverez sur un contenu de la famille TF1.fr/LCI. Les petits ruisseaux feront-ils les grandes rivières, c’est une autre paire [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.