Ce soir Vincent Ducrey membre du cabinet de Luc Chatel et auteur d’un très épais Guide de l’influence paru aux éditions Eyrolles fêtait la sortie de son pavé. Si je parle de ce livre, ce n’est pas simplement parce que Vincent Ducrey m’a demandé d’y livrer ce que je pense de l’influence aujourd’hui et qu’il nomme le hub management. Si j’en parle c’est que Vincent Ducrey fait partie d’une génération qui a compris contrairement à la précédente que le pouvoir ne se garde plus pour soi mais qu’il se partage. J’ai dû l’écrire ici autrement il y a quelques temps. La génération de mon père a longtemps pensé que le pouvoir consistait en une information sur laquelle il fallait poser son cul le plus longtemps possible. La génération des Vincent Ducrey a compris l’inverse. C’est par la transmission de l’information qu’on exerce aujourd’hui un pouvoir parmi d’autres. C’est en se transformant en tuyau, en autoroute humaine de l’information que l’homme-média (je ne parle pas des journalistes mais de ces hyper-communiquants) estime exercer un pouvoir qu’il accepte de partager. Et effectivement, tandis que nous levions nos verres à la santé de l’auteur et de l’ouvrage, Vincent Ducrey m’a confié, « mon hub est là » en désignant l’assistance ; son Hub, c’est à dire les maille humaines de son réseau constitué [...] Lire la suite
Archive mensuelle de mars 2010
Ce matin à la une du Parisien, je lis cette manchette (qui soit dit en passant devrait réjouir ce bloggueur ) »Alerte aux prothèses mammaires 30 000 femmes doivent contacter leur chirurgien ». Ca ne vous rappelle rien ? Cherchez bien, côté châssis, côté carrosserie, côté pédale de frein ? Personnellement ça me rappelle ce que vivent en ce moment les propriétaires de Toyota américains, des Toyota rappelées, elles aussi chez le fabricant pour révision du système de freinage. Monsieur, si jamais vous avez offert des seins en silicone de marque PIP (ça ne s’invente pas), vous êtes prié de conduire Madame chez son chirurgien pour une révision. Vive les mamotechnos… J’arrête de flirter avec le côté obscur et machiste de la farce pour être un tantinet sérieux. Il y a dans cette nouvelle un côté annecdotique, une dimension santé publique évidente et une idée qui me vient sur la marchandisation du corps, son utilisation par nous-même comme d’une machine dont certaines parties (souvent sensibles) ne nous appartiennent plus vraiment. L’être humain voué à un contrôle technique comme un bilan médical, le médecin garagiste, l’indemnisation des matières gélatineuses qui flottent sous le capot, tout cela nous transporte dans la médecine de demain (c’est déjà aujourd’hui) une médecine où les seins seront garantis, les puces électroniques de nos coeurs remboursées en cas d’insatisfaction [...] Lire la suite
Ce matin Matthieu Beauval, directeur de l’antenne de France Info, me montre la vidéo où Mélenchon se paie le Parisien et sa une récente sur les maisons closes puis, dans la foulée, le jeune journaliste qui l’interviewe. Jean-Luc Mélenchon a ses jours, capable de vous transmettre sa passion pour la politique et ses grands combats. Il faut avoir vu ses carnets de croquis au parlement européen, l’avoir entendu latiniser ou philosopher pour se convaincre – d’accord ou pas avec ses convictions – qu’on a là affaire à un artisan de luxe de la politique. Moins attachant est le Mélenchon qui ne sait pas retenir ses coups surtout quand ils ne valent pas la peine d’être portés. Je le suis volontiers sur sa critique argumentée, philosophique et intellectuelle des médias et du conditionnement auquel leur rythme et leurs figures imposées contraignent la prise de parole politique minoritaire. Il a pu la développer ici , là et ailleurs sur la longueur et c’est souvent dans ces conditions qu’il est le meilleur. Pourtant Mélenchon est une bête politico-médiatique élevée au lait des estrades et des préaux autant que des plateaux télés et studios de ces médias dits traditionnels et qu’il dénonce (sans omettre d’y rappeler ses interventions sur son propre blog). C’est là qu’il se fait entendre et [...] Lire la suite
Reçu de chez Point Seuil quelques exemplaires de la collection Grands Discours. Luther King et son rêve, Badinter et l’abolition de la peine de mort, Churchill la sueur, le sang, et les larmes… Ce qui est magique, c’est de remettre ces formules restées célèbres dans leur contexte. Quand je dis contexte, ce n’est pas le contexte historique, c’est le texte qui va avec. Car les grands discours sont eux aussi victime du syndrôme de la petite phrase sortie de son contexte. On n’en retient que la phrase qui tue, l’arbre de mots qui cache la forêt du sens. Bref, cette collection imprimée sur papier recyclée est astucieuse et sans doute peu coûteuse car la plupart des discours sont tombés dans le domaine public et se trouve probablement déjà sur internet. mais en les imprimant, en leur ajoutant une brêve présentation, l’éditeur fait son travail de mise en valeur. Le procédé existe à l’Elysée ou chaque discours important du chef de l’Etat est envoyé relié à la presse sous une forme voisine. Sauf que le recul historique qui permet de donner sa valeur à un discours n’est pas compris dans l’envoi.
Histoire de savoir ce que j’en pense, je me le note pour moi, à ciel ouvert tout de même. Sur Guillon et Zemmour je fais court. Zemmour dit et exprime ce qu’il veut et chacun est libre de lui apporter la contradiction. Après tout il est là pour être contredit puisque c’est un intellectuel et un polémiste qui remplit sa fonction idéologique, médiatique et sociale d’animation et de provocation du débat. Mais c’est avec des arguments que ses opposants doivent le faire taire ; pas, à mon avis, avec des procès. Quant à Guillon, c’est un comique, il est présenté comme tel, c’est marqué sur l’étiquette, alors c’est aux politiques et je ne pense pas seulement à Besson mais aussi à DSK, en son temps, de savoir se taire quand le saltimbanque fait son numéro, se taire sans rejoindre le choeur des pleureuses. La seule sanction de l’humoriste c’est le rire, qui vient ou qui ne vient pas.
Bernard Werber a fait une sortie remarquée au salon du livre, vendredi dernier. Il y a dit, devant la caméra du Parisien.fr, tout le mal qu’il pense du système médiatico-littéraire et de la très chiante et nombriliste littérature. Il se paie surtout Marie Ndiaye. Après avoir expliqué que les prix récompensent l’autofiction au détriment de l’autrui-fiction ou de la science-fiction (la sienne entre autres puisqu’il évoque les mondes et personnages imaginaires…suivez mon regard), l’auteur des fourmis lâche, ironique, qu’il a lu les premières pages de Trois femmes puissantes et qu’il a trouvé les phrases bien longues. Si longues ! Et pour étoffer son propos, Werber cite les critiques des clients d’Amazon. Alors on va vérifier sur Amazon et c’est vrai, ma foi, le dernier Goncourt y est plus qu’écorné. C’est tellement systématique qu’on en vient à se demander s’il n’y a pas du lynchage dans l’air et dans les com’ mais comment vérifier ? Pour en revenir à Werber il pose un problème vieux comme la littérature primée qui veut que l’élitiste et autofictionnel Proust soit de loin préféré par la critique au très populaire Jules verne. Que veut Werber ? Plaire au plus grand nombre et avoir un prix ? Il veut que les prix récompensent de bonnes histoires ? On aurait aimé en savoir plus sur la motivation profonde de sa revendication. Les prix littéraires, on le dit souvent, ne [...] Lire la suite































Vengeurs, X-Men, etc.
9 h 25 min - 4 février 2012 par idigiwiz
22 h 21 min - 3 février 2012 par poisson
19 h 10 min - 3 février 2012 par Anne-ô-ni-mousse
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12 h 50 min - 3 février 2012 par Thibault F.