Archive mensuelle de novembre 2008

Novembre, tu peux crever

Demain on enterre novembre. Tant mieux. Je n’ai jamais aimé novembre. C’est un mois de transition, pénible. Octobre a pour lui les dernières chaleurs de l’été qui vous prennent comme des surprises et des premiers rendez-vous. Décembre ressemble à Novembre mais il est plus gai, plus élégant, plein de promesses, de légendes. Décembre y croit encore. Surtout, il annonce la suite, c’est avec Décembre qu’on passe à autre chose, qu’on tourne la page. Mais Novembre, franchement, ne sert à rien. Chaque année, en novembre, je vais au Havre fêter un anniversaire. Comme si ça ne suffisait pas, je vais au Havre ! Chaque année, Novembre me fait le coup. Je pars tranquille vers le Havre, chouette on va faire la fête. Plus dure sera la chute. Je me saoule comme un marin. Je crois le grand jour arrivé et pan ! Je m’explose contre le béton gris du Havre que j’ai pourtant envie d’aimer. Le Havre c’est comme si on avait coulé Novembre dans le béton. Novembre va au Havre comme un gant. Ou bien c’est moi peut-être, qui ne suis pas fait pour Novembre. Il faudrait voir le Havre en été. Hélas, je n’y vais qu’en novembre. Peu importe, demain j’enterre Novembre, son crachin glacé et sa ribambelle de souvenirs givrés. Tu peux crever Novembre, tu n'auras pas un [...] Lire la suite

Détente

"Les hommes font l'amour pour se détendre et les femmes ont besoin d'être détendues pour faire l'amour". Idiotie, généralité ou y'aurait-il du vrai là-dedans ? Je dois cesser d'écouter les gens aux terrasses des cafés.

Urgence !

L’autre jour, la baignoire bouchée a débordé. Ma femme était très angoissée. Et moi j’ai ressenti une sensation de stress. On a immédiatement appelé les sapeurs pompiers de la ville de Paris. Le type qui a décroché, un type assez insolent, nous a aussitôt fait la morale, comme quoi « abuser des numéros d’urgence nuirait gravement à ceux qui en ont vraiment besoin ». Vous ne pouvez pas savoir à quel point ces types sont mal préparés pour accueillir des gens qui viennent de refaire leur salle de bain avec des matières nobles. C’est pire que l’hôpital ! Ils ne trouvent pas les mots, ont des méthodes expéditives et n’ont aucune notion de plomberie encore moins de déco ! Pendant ce temps là la baignoire débordait toujours et ma femme en état de choc. Alors j’ai fait un esclandre en disant que je connaissais un adjoint d’arrondissement et que ça ne se passerait pas comme ça. Et vous savez ce que le sapeur m’a répondu ? Qu’il fallait que j’appelle un plombier et que si la ville de Paris faisait une campagne sur la saine utilisation des numéros d’urgence, c’était justement pour que les pompiers ne perdent pas leur temps à [...] Lire la suite

Chouette ! Nadine Mo[pa]rano a son clip antiweb




Ca y est, Nadine Morano a son clip antipédophile-antinet. Un an déjà qu’elle distille la parano dès qu’elle peut. Nadine a table ouverte partout pour expliquer le danger. Depuis 2005 il y a eu 10 agressions pédophiles via le net (source BFM). C’est 10 de trop mais ce n’est pas assez pour en faire un phénomène de société. Mais ce n’est pas grave, plutôt que de s’occuper de places en crèches, de la régularisation des nounous en situation irrégulière, de la vie des familles ou de l’échec scolaire ou d’autre chose, Nadine a choisi les dangers du web. Ca ne coûte rien, ce n’est pas compliqué et c’est concernant. Tout le monde a internet, tout le monde a des enfants et tout le monde a peur du grand méchant pédophile. Les dangers du net sont à Nadine ce que les armes de destruction massive de Saddam étaient à G.W. Bush. Une jolie mystification politique en forme de cri d’alarme sociétal. Un cheval de bataille visible sur lequel la Ministre fait son rodéo médiatique.


 

Où se plaindre ?

Je réalise ce matin qu'il me reste une cinquantaine d'années à vivre. C'est effrayant, c'est beaucoup trop. Une structure pour en parler ? Un numéro vert pour se plaindre ? Que fait l'Etat ? Rien.

Entendu ça cette nuit en rêve

Entendu ça en rêve cette nuit : « tu es un père modèle, un mari prototype et un amant brouillon"

 

[Je voulais pas que ça se perde...]

Pour Estelle qui ne dort plus a cause de causeur.fr

Estelle m'a écrit plusieurs messages pour me mettre en garde contre mes fréquentations. Elle a visité Causeur.fr et elle a eu peur. Elle pense que l'équipe d'Elizabeth Lévy est raciste, proche du Front National et se demande ce que je fais à convier Causeur.fr dans Parlons Net. Estelle, je vous réponds en toute amitié. Je puis vous assurer que Causeur.fr n'est pas un site raciste ou islamophobe. Certes ce n'est pas un site socialiste, ou trotskiste. C'est un site qui regroupe des intellectuels d'un bon niveau qui n'ont pas peur de discuter de tout. Je crois, je suis sûr même, que ce sont des républicains. Estelle, je vous conseille de lire les Maîtres Censeurs de la patronne de ce salon de discussion. J'ignore quel est votre âge et quelle est votre culture politique, mais il existe une multitude de courants de pensées chez les intellectuels français. A gauche, à droite, au centre. Certains sont républicains, nationalistes au sens classique du terme (pas des nationaux socialistes) d'autres européens, humanistes, communistes, bref, la galaxie intellectuelle française est riche mais il se trouve que ça ne se voit plus. Ca ne s'entend plus ailleurs que sur Internet et dans les librairies. C'est sans doute pour ça que vous avez pu être surprise de la liberté de penser qui [...] Lire la suite

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

post thumbnail

C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

post thumbnail

L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

post thumbnail

C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

post thumbnail

C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

post thumbnail

Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

post thumbnail

C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

post thumbnail

Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.