Archive mensuelle de octobre 2008

La vengeance de Vendetta

Il y a une vague ressemblance avec Jean Sarkozy, le cheveu est court, les dents sont blanches et la peau bronzée. Michael Vendetta est né sur Internet à force de se promouvoir lui-même. Pour certains internautes c’est une tête de turc, pour d’autres une mascotte. C’est une sorte de Paris Hilton mâle qui courent vers la notoriété et qui a fait de lui-même un concept.

Les vidéos de Michael Vendetta se succèdent non seulement sur la toile mais désormais à la télévision, où le spécimen est désormais invité, une sorte de propagande narcissique monstrueuse qui mélange la soif de réussir avec le culte d’un moi hypertrophié. Evidemment tout cela est mis au service d’une course effrénée vers la notoriété.

 

Vendetta, c'est l'enfant qu'on attendait plus pour mettre le système face à lui-même. On a presque envie de fêter cette tête à claques d’une vingtaine d’années. Pas parce qu’il est beau, pas parce qu’il veut être célèbre. Non, pas du tout pour ces raisons. On pourrait fêter Mickael Vendetta comme un heureux événement, parce qu’il est l’enfant monstrueux de la [...] Lire la suite

L’arnaque

C'est un classique. Vous attendez un bus, vous regardez une vitrine. Bref, vous ne la voyez pas arriver avec son fichu. Vous remarquez soudain sa présence. Elle a dû se baisser près de votre chaussure, vous, vous regardiez ailleurs mais l'avez vue se redresser et vous tendre en souriant de toutes ses dents – dont certaines sont en or – une bonne grosse bagouze du même métal. «Vous, perdou ça, vous !», vous dit-elle en agitant sous votre nez une infâme chevalière qui ressemble à un joint de plomberie… Evidemment, cette horreur pour mafieux n'est pas à vous et vous n'allez pas l'acheter. Si cette arnaque fonctionnait encore avec le perdreau de l'année que vous n'êtes plus, voilà ce que vous diriez : «Mais comme c'est gentil de me rendre ma bague, chère Madame !» Elle se débrouillerait pour vous faire comprendre qu'une bague même fausse qu'on rend à celui qui fait semblant d'en être le propriétaire mérite bien qu'on récompense d'un billet (vrai) celle qui fait mine de l'avoir trouvée à ses pieds. Le faux propriétaire, vous en l'occurrence, ferait alors mine que la bague est à lui en croyant qu'elle est vraie tout en faisant semblant de croire qu'on la lui rend par honnêteté. Vous suivez ? Hélas. Comme on vous a déjà fait le coup cinq fois l'an dernier, au même carrefour, vous passez votre chemin et [...] Lire la suite

Quelques travaux sur ce blog en perspectives

Ce blog va changer de look très bientôt, petit aperçu avant travaux. En attendant et pour une bonne cause, je bloggue ici  où je raconte le "making off" de la fête de la couleur.

Blognew

Jeu concours, qui est ce photographe ?

Il a photographié mes chaussures samedi soir. Qui est ce photographe mystère ?

Concours

Et justement, si on la sifflait la Marseillaise ?

L'idée m'est venue en lisant les journaux. Un moyen d'éviter de vider les stades et de priver les supporters abrutis d'un sport qu'on voit trop et qu'on entend trop serait sans doute de demander au public qui fréqente les stades de siffler l'hymne national. Mais dans le ryhtme et dans le ton. Un peu comme dans le Pont de la rivière Kwaï.

La racine carrée des souvenirs

Je ne me rappelle plus quand j’ai quitté ces territoires d’avant l’adolescence. J’ignore quand j’ai cessé de câliner ma mère ou de me laisser porter par mon père les soirs où nous rentrions par la route un peu tard et que je m’étais endormi à l’arrière de la voiture. Mais j’ai précisément en tête ce jour où je me suis lassé d’un petit camion citerne kaki autour duquel je faisais cavaler de minuscules GI’s de plastique. Je jouais pourtant comme chaque jour, insouciant et heureux. L’impression que tout cela pourrait un jour s’achever ne m’avait jamais effleuré. Ce fut un moment blanc et perplexe de quelques secondes trempé dans un sentiment inédit qui ressemblait à de l’incrédulité mêlée de tristesse. Pour la première fois le modèle réduit de ces jeux de guerre me semblait vain, presque aberrant et je crois que la conscience du temps et de l’âge me vinrent simultanément. Je m’arrêtai un instant, puis me remis à jouer. Ces phases d’incrédulité revinrent ensuite, a intervalles irréguliers jusqu’à ce qu’une sorte d’amertume tempérée me détourne complètement de mes jouets. Je devais pleurer un peu quand ma mère admit pour la première fois qu’elle n’était pas immortelle. Un déménagement ou le passage dans la classe supérieure suffit à me faire prendre le large, définitivement.

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Ne prêtons pas au pauvre ! Il va s’acheter un écran plat

J’entends dire que les pauvres se sur-endettent mal. Il y aurait donc du mauvais surendettement et du surendettement vertueux. Bizarrement, c’est l’écran plat qui surgit comme illustration de cet absolu manque de discernement dans la manière de dépenser correctement. L’écran plat serait un miroir aux alouettes pour le nécessiteux et un gadget seyant au possédant. On devrait donc, dans certains foyers, penser d’abord à manger avant de se charger d’un crédit pour regarder les images plates de la télévision. C’est étonnant comme il se trouve toujours quelqu’un pour reprocher au pauvre de les sortir à mauvais escient. Paternalisme ? Moyen de se donner bonne conscience ? Artifice pour renvoyer dans la gueule des intéressés la responsabilité de leur propre condition ? Comme si la pauvreté ne devait avoir pour seul débouché que l’ascèse, comme si la pauvreté méritait le non standing qui va avec. Maudite lucarne par laquelle le pauvre voit le bien qui lui fera perdre sa chemise ! Le cercle est décidément bien vicieux. Ne prêtons plus aux pauvres, donc, qui se sur-endettent pour le plaisir quand on devrait s’endetter pour souffrir. Cela me rappelle ces dames patronnesses qui refusaient l’aumône aux clochards car « ils s’en serviraient pour se saouler »

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.