Archive mensuelle de juin 2008

Le Petit Chaperon.net

C’est un conte moderne que nous raconte Nadine Morano en charge du bien-être des familles dans ce gouvernement là. C’est l’histoire d’une gamine envoyée par personne porter à sa grand-mère une galette et un petit pot de beurre cybernétiques. Le Petit Chaperon.net surfe donc sur un sentier pavé de bonnes intentions, s’arrête ici ou là pour cueillir quelques fleurs, rêvasse le nez au vent de la toile et rencontre chemin faisant des souris et des mulots. Mais, le hasard des méandres et la curiosité lui font ouvrir une fenêtre interdite. C’est derrière elle que surgit le loup. Il a deux grandes oreilles et un faux nez en forme de pseudo juvénile. Loulou, donc, fait risette au Petit Chaperon.net lui proposant la botte. Secrète la botte. C’est à cet instant précis d’une époque obsédée par son enfance que Nadine Morano, la conteuse, sort de sa boîte comme un diablotin. Elle agite  deux chiffons rouges. Le premier s’appelle terreur, le second précaution. Ces deux-là aident à passer à la radio, peut-être même à la télévision. La sous-ministre démarre alors son Grand-Guignol déclarant à qui veut l’entendre que l’internet tue, viole et s’attaque aux enfants qui s’égarent. Dans le public de ce théâtre de marionnettes où s’activent en sourdine sondeurs et diseuses de bonne aventure pas [...] Lire la suite

Lap’suce ce matin sur France Info

D’où viennent les lapsus ? Mystère. Pour moi c'est une souris qui vous sort du col pour faire coucou à votre interlocuteur et lui refiler une info que vous n'aviez pas vraiment prévu de donner. Des lapsus j’en faisais souvent à Arrêt sur images, généralement un délice pour le spectateur et un éclat de rire sur le plateau. Je me souvient d'avoir appeler VGE Volcar parce que j'évoquais Vulcania. Dans ce cas là le lapsus est tracé. Celui de ce matin, sur France Info, en direct à 9 h 15, n’est pas mal dans un genre différent bien qu'assez convenu. Je lisais la question d’une auditrice sur les soldes. La dame expliquait qu’elle faisait désormais les soldes car elle cherchait des prix bas. Elle indiquait également qu’elle avait "cessé de fumer depuis l’année dernière et avait pris quelques kilos". Voilà ce que ça donne à l’antenne… Il suffit de changer son texte, de remplacer cesser par arrêter pour que par la fissure, se faufile la petite souris. A vrai dire j’aime les lapsus, ils font souvent jaillir une vérité enterrée la veille au soir sous l'oreiller mais parfois leur traçabilité reste impossible à déterminer. Bien entendu, cette interview a été rediffusée à 11 h 15 et le lapsus a disparu au montage.

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Le festival du film off

J’étais l’autre jour au soleil, à la terrasse d’un café très connu de Saint-Germain-des-Prés dont je tairai le nom pour éviter toute publicité. Je buvais tranquillement une boisson gazeuse très sucrée que je ne citerai pas pour éviter d’inciter les enfants à en consommer quand un ministre (ou un secrétaire d’Etat, je ne sais plus) est arrivé, cravate au vent. Je sirotais donc mon C… Light en regardant les filles passer sur le trottoir quand j’ai vu cet élu issu d’un parti de gouvernement s’asseoir, passer commande, ouvrir un grand quotidien du soir et entreprendre de se curer très consciencieusement le nez avec l’air satisfait de ceux qui cherchent et trouvent. Je ne devrais pas le dire car – il ne me viendrait pas à l’esprit de dévaloriser la fonction politique au moment où elle est affaiblie – mais il a confectionné une boulette qu’il a collée sous la table.

Je sors cette révélation parce que ce ministre donne généralement l’image de quelqu’un d’extrêmement distingué. Je n’aurais – évidemment – pas prêté attention à ce détail si l’édile en question n’avait été rejoint par l’animatrice d’une émission phare d’une chaîne du câble laquelle avait, la semaine d’avant, fait la couverture d’un magazine que chacun aura bien [...] Lire la suite

Mes adieux à PPDA dans les Contes de la télé ordinaire

Il était 20 heures et quelques. J’ai allumé la télé et je suis tombé sur le président de la République.

 

L’après-midi, il avait dit ça :

- Je souhaite donc que le cahier des charges de la télévision publique soit revu profondément…À cet instant, le président avait marqué un silence pour ménager son effet sur moi et mes Springles.

– … profondément, il avait dit, et que l’on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques…

 

Plus de pub ? Quel ingrat, lui auquel la télévision a offert une page blanche pour inventer une nouvelle façon de dire et montrer la politique aux Français, voilà comment il s’apprête à la remercier.

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Le charme des Andalouses

Anne-Sophie, de la Lettrine s'intéresse gentiment à mon cas depuis deux ans déjà et me convie à parler à l'occasion d'un café littéraire dans un lieu qui s'appelle les Andalouses, rien que pour le nom, on a envie d'y aller, non ? C'est mardi 10 juin à 18h30, 143 rue de Charonne M° Charonne. On parlera des médias, m'a-t-elle dit. Ca tombe bien, je suis tombé dans le panneau de Chronicart (un numéro complètement bidonné et unn erratum vendredi sur France Info, que du bonheur…), je pourrai en parler si on me pose la question. On évoquera aussi la télé que je ne regarde plus, les médias, tout ça. On pourra parler des filles, des garçons aussi, des victimes. C'est surtout l'occasion de se rencontrer, en fait, hein ? C'est surtout ça, je crois.

Pourquoi je crois en la résurrection

On m’apprend via Twitter la mort de Spider-Man. Evidemment je n’y crois pas, ou plutôt j’y crois plus fort encore. Où plutôt j’y crois comme la réhabilitation d’un rite maçonnique. En maçonnerie comme dans d’autres rituels, la métaphore de la mort et de la renaissance sont « partie intégrante » du processus initiatique. On meurt pour mieux renaître et surtout pour revenir meilleur. Je ne me désespère donc pas de la disparition de l’homme araignée dans le dernier opus de la série inventée par Stan Lee. Je me souviens également que dans le deuxième film de la série, Spider-Man semblait laissé pour mort pour mieux renaître. La vidéo ci-dessous s’inspire de la figure christique du héros pour montrer que nous sommes tous dépositaires de la vie et de la mort du martyr. Je vous recommande ainsi deux séquences de ces cascades métropolitaines dans New-York : il y a d’abord celle où le héros masqué empêche la chute de la rame de métro dans le fleuve. C’est les bras véritablement en croix qu’il évite la catastrophe et semble perdre la vie pour sauver son prochain. Il y a ensuite la scène, quelques instants plus tard, de sa renaissance. Cette renaissance Spider-Man la doit essentiellement aux croyants. Je veux dire aux fans qui sont [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.