Je voudrais être comme ces gays roulants qui s'égayent en groupes glissants et gaillards le vendredi soir sur les berges de la Seine – non ce n'est pas une contrepèterie. Ces types en rollers sont des as, en plus ils sont beaux. Le derrière est parfaitement moulé dans des shorts en jean du meilleur effet, ils ont des mollets bien musclés, des marcels parfaitement ajustés et ils filent solidaires, sur la route. Leur crâne aux cheveux courts et bien implantés fend l'air de sa parfaite ergonomie. Aussi à l'aise que des saumons dans le courant d'une onde pure, ils avancent, écologiques, tout en donnant l'impression de reculer. Leurs jambes se croisent et se décroisent au point que j'ai peur à chaque fois qu'elles ne s'emmêlent. J'ai toujours été persuadé que seuls les gays pouvaient ainsi patiner en laissant croire que la terre tourne sous leurs coups de patins. Misérable et distancé par le peloton bien homogène, je traîne derrière; moi, l'hétéro du roulement à billes, harnaché comme un fantassin fourbu. Je suis la tare de la chaussée, c'est pour moi que les services de secours ferment la route, au cas probable où je m'éclaterais le coude ou le poignet sur le trottoir. Gras et puant, la cheville et le genou en sursis, la calvitie naissante, le popotin en arrière et les bras en avant, j'envie les gays à la trace [...] Lire la suite
Archive mensuelle de mai 2008
J’ai un copain célibataire qui me demandait l’autre jour : « Où voir des femmes nues ailleurs qu’au Pink Paradise ? » J’ai répondu sans hésiter : « Les ventes privées, mon vieux. » « Les clubs privés ? », il a dit incrédule. « Non ! », j’ai répété : « Les ventes privées ! » Et là, j’ai tout balancé. « Tu sais, les longues queues que tu vois parfois dans Paris devant des immeubles sans vitrine, eh bien, ce sont des ventes privées. Les femmes en sont folles. Elles obtiennent des cartons d’invitation auprès de cousines attachées de presse et elles s’y précipitent le ventre noué à l’idée qu’un bon plan leur échappe. Il faut voir leur visage dans les files d’attente, elles se boufferaient entre elles si l’une venait à doubler les autres. Un jour elles ont failli lyncher une femme enceinte. Regarde-les bien. Tu liras dans leurs yeux l’attente et l’angoisse de rater la robe de marque à pas cher. Elles sont dans un état second. Un jour, j’ai accompagné ma femme. Il y avait quelques hommes ; égarés comme moi. Ils ne comprenaient pas ce qui se passait. Pas de cabines d’essayage, des portants partout qui forment une sorte de labyrinthe dans lequel tu perds ta femme [...] Lire la suite
Dans Match cette semaine, page 59, papier d’Elizabeth Chavelet à propos de Carla Bruni avec laquelle cette journaliste économique a passé une heure trente samedi dernier : "En se mariant, la belle italienne a acquis la nationalité française. Mais pas tout de suite : << Cela prend du temps, même quand on connaît du monde >>, dit-elle avec Malice. Mais c’est fait. Désormais elle n’a plus a à aller faire des heures de queue à la Cité – la dernière fois, elle portait son fils Aurélien en Kangourou – pour renouveler sa carte de séjour. On a envie de lui demander comment elle garde une ligne aussi impeccable".
No comment.
Pendant que nos commémorons mai 68 à grand renfort de bougies et de cartes postales, le groupe Justice célèbre les révoltes d’aujourd’hui et de demain en nous balançant une descente ultra-violente de banlieusards à Paris sur un tempo aussi anxiogène que des coups de marteau sur la tête. Et bien sûr, je ne sais plus où donner de la tête entre nostalgie et Stress, le titre de l’oeuvre. Pourtant la nostalgie c’est agréable. On se repasse en boucle les images des événements de mai. Malgré les CRS et la violence, ces jeunes sur les images d’archives en noir et blanc ont de quoi séduire. Il y a chez eux de la gaité, le surgissement d’une émancipation, des minijupes et des lendemains qui chantent. C’est exactement le contraire de la mise en scène proposée par Romain Gavras, le réalisateur du clip de Justice. Ici les minijupes n’ont qu’à bien se tenir, les utopies sont mortes, les slogans ne sont plus que des tags et le noir et blanc n’a pas le même charme : c’est celui de l’opposition ethnique qui ronge certaines cités. Out les soixantehuitards voici venu le temps des émeutards, cette bande de voyous aux blousons noirs ornés d’une croix sont les évangélistes fous de la violence. Et bien sûr, ils ne suscitent aucune nostalgie, rien [...] Lire la suite






























Vengeurs, X-Men, etc.
9 h 25 min - 4 février 2012 par idigiwiz
22 h 21 min - 3 février 2012 par poisson
19 h 10 min - 3 février 2012 par Anne-ô-ni-mousse
13 h 14 min - 3 février 2012 par davidabiker
12 h 50 min - 3 février 2012 par Thibault F.