Quand F. Fillon préfaçait le guide « l’Idée Républicaine aujourd’hui »

C’est amusant. En 2004, François Fillon préfaçait un guide. Pas n’importe quel guide. Un guide intitulé « L’idée républicaine aujourd’hui ». 2004 c’est loin et c’est quand même « Aujourd’hui ». C’est loin parce que Chirac était encore président. Alors, il était ministre de l’Education Nationale. Au hasard de recherches sur l’instruction civique, je suis tombé sur le PDF de cette préface qui prend, par les temps qui courent, une dimension symbolique particulière vu le contexte. Je vous invite à lire ce texte et à décider si François Fillon pourrait l’écrire aujourd’hui ou pas sans gêner personne. En attendant, Vive la République, Vive Internet.

Eden, Hallyday et les maths, visions et révisions

J’ai twitté cette semaine cette photo de Johnny dans l’eau avec Laetitia. Tout le monde y a vu quelque chose de curieux. Seule sa compagne semble vivante. Le chanteur a beau lui avoir agrippé les fesses, on croit voir un corps gonflable raide et sans vie flottant dans l’eau, un mannequin, « momie Hallyday ». Tout cela ne serait que rire et méchanceté si de cette couverture sensée faire rêver d’amour et d’eau salée ne s’échappait une vérité assez terrible : le maintien d’un vieux monsieur dans une vie médiatique dont lui même n’a certainement plus rien à faire. La photo qui sert de façade à la couverture people de Match dit tout haut ce que l’actualité récente a montré tout bas, la machine à faire rêver est fatiguée, sa mécanique ne tourne plus très fort.

Autre duo médiatique Cédric Villani et Ngo Bao Chau, les deux Français récompensés par la médaille Fields, le prix Nobel des matheux. Voilà deux tronches qui ne laissent pas indifférent. Celle de Ngo Bao Chau nous rappelle d’abord qu’un Français peut avoir tous les visages du monde, dans le débat permanent sur la gueule de l’autre, c’est une vérité qui s’impose comme un théorème mathématique. Le nœud romantique de Villani vient nous confirmer dans une sorte de cliché que les [...] Lire la suite

Tu me passes le Tipp’ex steplé…

Ces derniers temps j’ai passé la serpillère dans les commentaires de ce blog. Sur demande. Les deux cas sont intéressants. La première demande est venue d’un entrepreneur qui estimait qu’il était ici diffamé dans un commentaire que j’avais d’ailleurs validé alors qu’il était un poil hors sujet. Un poil. Mais ne voulant pas être embêté, j’ai fait disparaître les commentaires en cause. La seconde est venue d’un jeune diplômé. En quelques mois, il avait laissé deux ou trois commentaires où il ne cachait pas une certaine acrimonie vis-à-vis du Chef de l’Etat. Voici donc ce qu’il m’a écrit il y a quelques jours…

« Bonjour, j’ai eu beau chercher une adresse de webmaster, vous avez l’air d’officié vous-même à ce poste (NDLR et oui, les charges sociales étant ce qu’elles sont…). Bien que lecteur assidu de vos divers papiers sur le net aussi bien que dans GQ en passant par tous les autres supports, je m’adresse à vous pour une demande bien particulière. Je ne pensais pas le faire un jour mais je souhaiterais exercer mon droit de retrait sur les commentaires laissés sur votre blog et où apparaît mon nom. J’aurais du les écrire sous couvert d’anonymat mais point de modification possible. Pourriez-vous les effacer ou modifier le nom qui apparaît ? »

Les effacer ou anonymiser, ben voyons.

Ce à quoi, sous le soleil, j’ai [...] Lire la suite

Les chartreux, notre antimodèle communautaire ?

J’ai découvert aujourd’hui l’antimodèle de la communauté d’internet. Une abbaye chartreuse. C’est très curieux le mode de vie du moine chartreux et c’est très bien expliqué ici

Outre la vie monastique, la voie cartusienne entretient avec la communication une relation d’extrême parcimonie. Jugez-en vous-même avec cet extrait du vœux de solitude exprimé sur le site de l’ordre.

La solitude est vécue sur trois niveaux explique chartreux.org…  « la séparation du monde, la garde de la cellule, la solitude intérieure, ou la solitude du cœur… » Concernant la séparation du monde, le chartreux s’inflige ce qui aurait pour tout adepte un peu accroc du net valeur de supplice. Lisez plutôt : « La séparation du monde est réalisée par la clôture. Nous ne sortons du monastère que pour le spaciement (promenade hebdomadaire). Nous ne recevons pas de visites et n’exerçons aucun apostolat à l’extérieur. Nous n’avons ni radio ni télévision dans le monastère. C’est le Prieur qui reçoit les nouvelles et transmet aux moines ce qu’ils ne doivent pas ignorer. Ainsi se trouvent réunies les conditions nécessaires pour que se développe le silence intérieur qui permet à l’âme de rester attentive à la présence de Dieu ».

Ni radio, ni télévision. Cela ne veut pas dire que l’ordinateur est toléré et la connexion au très haut…débit admise. Bien évidemment, rien de tout cela dans une [...] Lire la suite

Mobilité

Quitter un travail pour en prendre un autre, finalement c’est un processus assez intime, assez personnel et assez courant. Je lis en substance sur internet que les « chassés » du « mercato » rejoignent radio ou télé comme on comploterait à Florence ou entre clubs de foot, tout cela aurait le goût d’un bonbon acidulé, des allures de mauvais coups portés les uns aux autres et entre concurrents. Evidemment,  ce théâtre d’ombres se jouerait avec beaucoup d’argent à la clé et d’horribles compromissions politiques. On peut voir les choses comme ça mais je ne suis pas très convaincu… Je crois que les candidats aux départs, ceux qui bougent, le font souvent pour de bonnes raisons, des raisons liées à leur progression professionnelle. Je crois davantage à une réflexion personnelle de celui qui bouge sur le fait d’apprendre et de progresser dans son métier. C’est ma logique au moment où je quitte Info avec  de la reconnaissance mais également le sentiment de ne pas pouvoir demander davantage à la station et au groupe qui m’ont déjà beaucoup apporté et réciproquement. Progresser dans le métier, et particulièrement en radio, ce n’est pas gagner plus ou gagner en visibilité. C’est essayer des exercices différents, dans des horaires différents et des formats qui ne ressemblent pas aux précédents. Cette interrogation sur ce [...] Lire la suite

Chanson d’été

Le jour où Pie XII m’a crucifié du regard

Francesco Messina est mort à 95 ans en 1995. Facile à retenir. C’est un sculpteur italien qui a les honneurs du Wikipedia « de son pays » seulement. D’après ce que j’ai compris, il a fait une belle carrière dans le monde des arts et été membre du parti fasciste. Personne n’est parfait, hein ? Ce qui m’a donné envie de poster sur cet artiste, c’est la sculpture qu’il a livrée à la Basilique Saint-Pierre de Rome. C’est un bronze assez imposant du Pape Pie XII. En journalisme on dirait du très controversé Pape Pie XII ou encore le trop silencieux Pie XII. Bref, Pie XII c’est le très patibulaire pape dont certains estiment qu’il aurait pu être un peu plus bavard pendant la deuxième guerre mondiale, notamment au sujet de la barbarie nazie. N’étant pas un ennemi déclaré de l’église catholique ni un spécialiste de la question, je laisse aux historiens le soin de trancher la question du très sulfureux (ou pas) Pie XII . Toujours est-il que Francesco Messina a commis en 1963 cette statue qui donne à la polémique et aux débats qui entourent et encombrent la personnalité de ce successeur de Saint-Pierre une sorte d’écho involontaire.

Quand j’ai vu ce bronze, en effet, quand les yeux ronds des lorgnons pontificaux [...] Lire la suite

Zizi the Kid

« Les monologues du zizi » Plus intime que l’intime, il y a la genèse de l’intime ; plus secret que « la première fois », il y a l’avant-première fois, le cheminement physio-psycho-socio mythologique vers la possibilité de la première fois. Bref, la préhistoire des histoires, la conquête des Gaules avant le règne de l’empereur Pubère, l’Odyssexe : autant dire la nuit des temps. David Abiker, chroniqueur à L’Express, a épanoui sa sexualité entre la fin de la télé noir et blanc et les débuts des jeux vidéo, à une époque où cela se faisait à la main – aujourd’hui, tous les parents le savent, l’apprentissage est virtuel. Pour Abiker, une étape importante de cette initiation advient sur une toile de Jouy, ce qui est assez logique. Dans Zizi the Kid, il raconte ce parcours du combattant qui mène de l’idée de sexe (ce pressentiment que les filles sont des garçons pas tout à fait comme les autres) à la réalité humide de la chose (cette certitude que les vrais soucis commencent). Psychanalyse sans divan, miroir où chacun peut scruter ses propres émois, l’ouvrage est aussi un pèleri-nage au pays de l’enfance, cette contrée où toute une génération a emprunté les mêmes autoroutes de l’imaginaire : Actarus aux commandes de Goldorak, les sveltes frites de la pub [...] Lire la suite

Disneyland

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C’est un recueil de nouvelles sponsorisées par Disneyland avec tout ce que cela comporte d’infamie et de soumission possible à la multinationale… J’y ai déposé un texte baptisé The Daddy Fantasy Tour et je suis bien heureux que Mickey ait joué au mécène car il se publie peu de recueils de nouvelles, surtout collectifs. J’ajoute que j’ai plus été corrigé dans toute ma carrière de pigiste que dans le texte livré à Flammarion. Comme quoi. Je suis très fier de ce texte qui va faire l’objet d’une adaptation en BD.

Dictionnaire posthume de la finance

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L’idée m’est venue dans un restaurant japonais, près de la Madeleine. Je discutais avec mon ami Raoul, spécialiste des marchés financiers. On est en plein krach, au mois de novembre 2008. C’est en l’écoutant que me vient le titre. C’est le titre qui me donne envie de l’écrire. D’abord avec Raoul, mais il ne peut pas. Ce sera donc Evariste Lefeuvre, économiste chez Natixis, qui le rédigera avec moi. Pas évident d’expliquer la subordination de dette avec la métaphore des Lasagnes mais on l’a fait. Il reste de cette expérience le livre mais également un blog collaboratif où de nombreux internautes et bloggeurs y sont allés de leur définition posthume. Juste une chose, on s’est planté, la finance n’est pas morte et les bonus aux dernières nouvelles se portent bien, merci.

Contes de la télé ordinaire

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C’est un livre paru en 2008 qui tourne la page de la télé et la fin d’Arrêt sur images sur France 5. Des chroniques principalement tirées de mon expérience dans cette émission et de mes observations devant, à côté ou derrière l’écran. J’y réécris aussi pas mal de billets de feu le BigBangBlog. Adieu la télé ! Vive le net, c’est un peu la conclusion de ce petit livre dont mon éditeur a trouvé le titre que j’adore, évidemment. Les amateurs du grand Charles Bukowski savent pourquoi.

Le Mur des lamentations, souffrez vous êtes filmés

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C’est la version poche du Mur des lamentations qui vient de sortir chez J’ai lu. Seul le sous-titre a changé et la couverture. Le contenu est identique. La couverture représente un Saint-Sébastien, figure emblématique de la victime, troué de flèches et décomposé en autant d’écrans de télévision. J’aime bien cette manière de résumer le bouquin.

Le Mur des lamentations, tous victimes…

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Au départ je voulais faire une pièce de théâtre. Des victimes de tout poil invitées d’une émission de télé voyeuriste y aurait discuté en pro de la victimisation. Finalement, j’ai eu un cancer qui m’a aidé à entrer dans la peau d’un personnage affreux. A l’arrivée, en 2006, il y a ce Mur de lamentation qui n’a rien à voir avec le vrai. Le Mur des lamentations, c’est d’abord un mur de télévisions où se bousculent les victimes à l’écran. On dit que le mot « victime » est aujourd’hui le mot numéro 1 de l’information. Je veux bien le croire.

Le Musée de l’homme en Folio

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C’est le même que le premier assorti d’un ou deux nouveaux chapitre. C’est surtout la couverture qui est drôle. je pense que beaucoup de type font cette tronche quand ils tiennent un aspirateur. On dirait une poule qui a trouvé un couteau. L’illustrateur de la collection de poche Galimard s’est amusé. Je suis sûr que j’ai vendu des Musée de l’homme rien que grâce à cette couverture qui dit tout et son contraire.

Le Musée de l’homme, le fabuleux déclin de l’empire masculin

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Mon premier livre. Il paraît en octobre 2005. Il est tiré de chroniques publiées dans le magazine Men’s Health et d’une série d’observations pas du tout scientifiques sur la gente féminine. Je me souviens de son lancement, au Musée de l’homme à Paris, dans une salle pleine où j’en lis des passages commentés de façon amusée par Zeeve Gourarier, directeur du Musée, à l’époque.