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Sarkozy ou le syndrome du salarié indispensable

Vous connaissez la formule, on l’entend souvent au bureau « Ah si je suis pas là pour tout faire hein ? ». C’est le syndrome du collaborateur indispensable. Il croit que son absence empêche les autres de travailler. J’y pense parce que ce matin dans le Parisien, j’ai lu cette petite phrase de Nicolas Sarkozy. L’ancien patron de France République explique à un ami que si la situation continue à se détériorer il va "peut-être être obligé de revenir".

Je ne sais pas s’il en souffre mais l'ancien chef de l'Etat illustre parfaitement le syndrome du salarié indispensable. Il m'évoque ces employés qui n’arrivent pas à concevoir que le boulot puisse continuer sans eux. Des indispensables maladifs on en croise tout le temps.

Vous avez d’abord l’indispensable hyperactif qui reste au bureau au-delà des heures ouvrés au péril de sa santé ; vous avez également l’indispensable qui ne prend pas ses congés et que vous êtes obligé de contraindre à consommer ses RTT ; vous pourrez aussi répertorier l'indispensable qui n’arrive pas à déléguer.

Il y a aussi l’esclave indispensable. L’esclave c’est celui qui au bureau sort de son périmètre professionnel et fait aussi votre travail. Généralement il précède vos désirs au-delà du raisonnable, sans que vous n'ayez rien demandé vous plaçant dans une situation proche du harcèlement. L'esclave vous dit avec un regard de chien « laisse, je vais le faire ». Méfiance car souvent c’est pour mieux vous faire du chantage affectif. L'indispensable peut donc devenir tyran.

Un indispensable au bureau c’est très malsain parce que l’indispensable maladif c’est souvent quelqu’un qui a besoin de reconnaissance, qui a un melon gros comme ça ou au contraire quelqu’un qui manque d’estime de lui-même. Bref un salarié difficile à gérer. Il se méfie des nouveaux et bien entendu ne vit que par et pour le travail.

On reconnaît aussi les indispensables maladifs à un signe. Dès qu’ils sont en retraite, ils meurent pour se venger et culpabiliser leurs anciens collègues. Les cimetières sont d'ailleurs pleins de gens indispensables. Et les vacances arrivent ! Que va faire l’indispensable ? Il va faire semblant de partir en congés en attendant votre coup de fil. Et qu’arrive-t-il au bout de trois jours ?

Vous l’appelez car le bougre à pris soin de ne transmettre aucun dossier. Et quand il décroche, il dit quoi ? Il dit comme Sarkozy « Ah si je suis pas là pour tout faire ou bien encore « Je vais peut-être être obligé de rentrer ». Souvent l'indispensable vous parasite au lieu de vous rendre service. Il est souvent le côté obscur de votre absolu manque d'autonomie. Alors méfiez-vous de lui car il vous empêche de progresser.