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Quand Muray faisait sa fête à la musique

Je retrouve sur ce blog, ce que Muray disait de la musique et de sa fête dans sa préface à la réédition de l'Empire du Bien, véritable sirop réac qu'il faut relire au deuxième degré car chez Muray au-delà de l'idée, c'est le style, méchant, vicelard qui fait mouche et vous communique ce plaisir indicible qui consiste à péter dans un ascenseur à côté d'un top model... Les fans de Reiser, aussi, apprécieront l'image.

« (...) Notre monde est le premier à avoir inventé des instruments de persécution ou de destruction sonores assez puissants pour qu'il ne soit même plus nécessaire d'aller physiquement fracasser les vitres ou les portes des maisons dans lesquelles se terrent ceux qui cherchent à s'exclure de lui, et sont donc ses ennemis. A ce propos, je dois avouer mon étonnement de n'avoir nulle part songé, en 1991, à outrager comme il se devait le plus galonné des festivocrates, je veux parler de Jack Lang ; lequel ne se contente plus d'avoir autrefois imposé ce viol protégé et moralisé qu'on appelle Fête de la Musique, mais entend s'illustrer encore par de nouveaux forfaits, à commencer par la greffe dans Paris de la Love Parade de Berlin. Je suis véritablement chagriné de n'avoir pas alors fait la moindre allusion à ce dindon suréminent de la farce festive, cette ganache dissertante pour Corso fleuri, ce Jocrisse du potlatch, cette combinaison parfaite et tartuffière de l'escroquerie du Bien et des méfaits de la Fête. L'oubli est réparé. (...) »