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On ne choisit pas les enfants du second lit, hélas

L’autre jour sur Twitter j’ai lu ceci : « Aujourd’hui la définition de la famille est très variée ! Monoparentale, homoparentale, recomposée, la société évolue ». C’est vrai que la carte de la famille ressemble désormais au menu d’un fastfood. Sans la sauce barbecue. Mais il est un ingrédient qu’on ne choisit pas ce sont les enfants de l’autre.

Si les enfants du premier lit ont pris l’habitude de dire « J’ai pas demandé à naître », à ceux du second mariage ou de la seconde union le beau-père ou la belle-mère malchanceux est parfois tenté de lancer « J’ai pas demandé à ce que TU viennes au monde ». Le plus souvent il ou elle se tait et souffre en silence…

C’est un paradoxe dans une société de liberté. Imaginez, on choisira bientôt le sexe, la couleur des yeux et le QI de nos enfants. On achètera du sperme sur catalogue, on fera le casting de la mère porteuse mais il est une chose qu'on ne pourra pas faire : choisir les enfants de l’Autre après un divorce ou une séparation. Quelle frustration que d'avoir à vivre avec des enfants d'occasion.

Impossible de faire autrement. Il y a l’appartement témoin : la famille recomposée. Mais il y aussi les mômes achetés sur plan, plutôt le mauvais . Et s’il existe des Desperate Housewifes, je connais aussi quelques belles-mères et beaux-pères plus déprimés par leurs beaux-enfants que Cendrillon par ses demi-sœurs et sa marâtre. Voire la formule fameuse : « EPI'D'ABORD T’ES PAS MON PERE !!! ».

La célébration post-soixante-huitarde de l’enfant roi et de la famille en légo a juste négligé un détail : on ne choisit pas sa famille et encore moins la suivante ! Il faut donc d’urgence ajouter de nouvelles fonctions sur les sites de rencontres. Avec ou sans enfants, et si c’est avec, prévoir de draguer en famille histoire de vérifier que l’équipe adverse est compatible avec la vôtre. Mieux, tant qu’on y est, laissons les enfants sélectionner soigneusement le profil de notre prochain partenaire.

Après tout, dans les 101 dalmatiens, c’est les chiens qui décident.

Chronique parue dans le Marie-Claire actuellement dans vos kiosques.