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Ma tentation dictaroriale

Il y a toujours en moi une tentation de la dictature, un fantasme un peu malsain et jubilatoire du para-mili. Un pouvoir fort qui s’installerait pour quelques mois, quelques années. Les Français adorent ça, surtout quand la matraque s’abat sur le voisin d’en face.

Regardez comment ce matin les hebdos fantasment l’atmosphère insurrectionnelle année 30, années révolutionnaires. A droite comme à gauche. Je mets de côté les trotskistes évidemment, ils détestent le pouvoir et redoutent la possibilité de l’exercer un jour. Mais tout de même… Parfois je rêvasse, et je m’imagine à la tête d’une République un peu kaki soutenue par une majorité silencieuse mais soulagée.

Je me vois hyper décoré, en habit de lumière 1/3-Brejnev-1/3-Valls-1/3-Chavez. Faisant régner la terreur sur les réseaux sociaux, lançant à la poursuite des casseurs de Lille des estafettes pleines de CRS chargés d’administrer la bastonnade sur la plante des pieds. Corriger les Français, le rêve ultime, leur administrer moi-même des coups de bâton d’opérette, mettre au pas la génération Y, fusionner le MEDEF et la CGT, vider les comptes d’épargne des vieux pour lancer de grands travaux, remettre les féministes au travail, fusionner tous les journaux, bref faire taire les Français.

Le kif absolu.

Je développerais mes idées sur le redressement national à longueur de Grand Journal, sur Canal Plus, dont j'aurais viré tous les chroniqueurs, à l'exception de Denisot qui lirait mes questions préalablement rédigée par mes soins. Evidemment, la plupart des leaders politiques actuels seraient enfermés, seul Melenchon serait en résidence surveillée. Je veux dire nommé Ambassadeur forcé auprès du Saint-Siège.

Le dimanche, je m'inviterais dans les écoles de Ma République pour y recevoir les colis, les pâtés maison et les petits pains cuisinés pour moi par les mères de famille lochues de la patrie.

Le chômage serait interdit et remplacé par un service obligatoire d'assistanat des vieux.

Je siégerais chaque semaine au milieu d'un grand conseil des femmes.

L'Assemblée et le Sénat seraient supprimés et leurs moyens transférés au Conseil Economique et Social dont j'aurais restauré l'image et l'autorité...

Et un jour, à la fin de ma première année d'exercice du pouvoir, m’en allant inaugurer le Musée des Légionnaires et des Paras (le MLP) - en lieu et place du Centre Pompidou - je prendrais une balle dans la tête.