Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hier midi on m’a offert ce livre. Hier à 16h55 je me suis engueulé avec quelqu’un sur la façon de travailler, de faire travailler et de rendre fou les gens parce que vous-même êtes rendu fou ou folle par d’autres dont c’est la spécialité de rendre fou les autres car qu’il y a les chiffres. Les chiffres et les tomates sont du reste les seules entités au monde qui ne sont jamais contaminées par la folie. Je suis rentré chez moi avec ma contrariété et puis j’ai ouvert le livre sans me méfier. Je n’imaginais pas qu’en 20 pages Jean Gionio allait dire des choses essentielles sur le travail. Je n’imaginais pas combien il pouvait les dire avec tant de justesse et de simplicité.

Je dois remarquer que les textes qui m'ont le plus séduit, dont je garde le souvenir sont souvent des textes courts comme Yentl de Isaac Bashevis Singer, Goodbye Columbus de Philip Roth ou Siddartha de Hermann Hesse ou encore les nouvelles de Maupassant ou de Marcel Aymé. Les textes courts peuvent être des pansements immédiats, rapides pour les bobos du quotidien, comme ce livre-là, de Giono, que je ne connaissais pas, illustré pour les enfants par Joëlle Jolivet. Que dit ce livre ? Il parle du sens du travail et du sens de la vie.

Il raconte l'histoire d'un jeune homme qui regarde un aîné travailler et qui apprend de lui et qui apprend bien plus que planter des arbres. Évidemment. Si j'étais le Ministre du travail, je ferais de ce texte de Giono le mode d'emploi du contrat de génération qui propose des allégements de charges aux entreprises qui embaucheront un jeune formé par un sénior . Il est libre de droit ce texte, si j'étais le ministre, j'emballerais le contrat de génération dans l'Homme qui plantait des arbres...

Voilà. Si vous aussi rencontrez aujourd'hui ou demain quelqu'un qui vous demande de faire vite et bien ce qui ne peut, hélas, être fait que vite et mal compte tenu de la manière dont il s'y prend et des moyens qu'on lui donne pour vous le faire exécuter, alors lisez ce livre. Si vous aussi vous interrogez sur ce que l'on peut transmettre au travail, si vous aussi vous questionnez le travail et le temps qui passe, alors lisez ce texte et vous me direz peut-être ce que vous en avez pensé comme je dis aujourd'hui ce que j'en ai pensé.

Donc merci à Giono, merci à la personne qui m’a offert le livre, merci quand même à l’autre personne avec qui je travaille depuis des années et qui n’est certainement pas responsable de notre état de folie à tous les deux hier à 17 heures. Et enfin, merci à Philippe Noiret qui a lu ce texte il y a des années. L'homme qui plantait des arbres vaut tous les livres de management du monde.