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Le Monde Magazine consacrait ce week-end une pleine page aux réseaux sociaux de riches. Best Of All World, Attractive World et A Small World. Sélection sociale, par l’argent ou par la cooptation. Alors que Facebook compte 1 milliard d’abonnés, que vont chercher les riches dans ces réseaux ? Le Monde Magazine donne quelques raisons : être tranquille, être entre soi, ne pas être harcelé, poster des photos sans risque de les voir se retrouver ailleurs sur le net. Le Monde Magazine oublie un détail d’importance. Si les élites mondialisées aiment être ensemble, ce n’est pas pour le plaisir. En tout cas pas que pour le plaisir. Les riches se barricadent parce qu’ils sont les derniers à pratiquer la lutte des classes. L’an dernier, j’ai interviewé Monique Pinçon-Charlot, auteure avec son mari du best seller Le Président des riches. Ces deux sociologues ont passé leur vie à étudier les comportements de reproduction et d’autodéfense des élites, de la très haute bourgeoisie et de l’aristocratie. La conclusion étonnante qu’ils tirent de leurs heures passées à Neuilly, dans le 16e à Paris et dans les chasses de Sologne, c’est que les riches sont l’ultime classe sociale au sens marxiste du terme. Les ouvriers balayés, les classes moyennes apeurées, les cadres sup’ démoralisés. La crise et la mondialisation ont tué les classes sociales en les exposant à la concurrence et à la précarité. Seuls demeurent les riches, les riches qui se regroupent, les riches qui se réunissent, les riches qui verrouillent le bottin mondain, les riches qui cadenassent le gratin, les riches qui encodent la Jet Set. Les riches sont d’une certaine façon les derniers à ressembler à ce que Marx décrivait quand il évoquait la lutte des classes. Alors que faut-il faire ? Ai-je demandé à Monique Pinçon-Charlot…

Les imiter, m’a-t-elle répondu sans se démonter.