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Et si Stéphane Le Foll avait raison tout en le disant mal ? J’ignore de quelles compétences avait besoin le ministre de l’agriculture pour composer son cabinet et mener sa politique mais s’il est une réalité française, c’est que le métier d’ingénieur ne s’est ouvert que très lentement aux femmes.

Quand le ministre explique « Sur quinze personnes, sept sont des femmes. J'ai tenté de promouvoir des femmes au maximum, bien que nos dossiers soient très techniques », je crois qu’il ne s’agit pas pour lui de dire même implicitement que les femmes ne savent pas débrouiller les dossiers techniques, je crois plutôt qu’il pointe un problème général en France : celui de l’accès des femmes aux carrières scientifiques et aux carrières d’ingénieurs. Ces carrières, pour des raisons historiques et culturelles qui tiennent à « l’éducation des filles » et à des considérations socio-culturelles d’un autre temps (mais encore très présentes), ces carrières ne se sont ouvertes aux femmes que tardivement.

Ce déficit est clair, il est constaté par des associations, des chiffres et des initiatives qui veulent féminiser les filières « techniques » et technologiques. Stephane Le Foll en composant son cabinet ne fait que constater par une maladresse de langage qu’il est difficile de trouver des femmes ingénieurs, difficile de trouver des femmes en charge de dossiers complexes. Et pour cause ! Les femmes ne sont pas promus comme les hommes, pas dans la place comme les hommes, pas dans les hautes sphères comme les hommes. Elles y sont moins nombreuses. En revanche, lorsqu’on va aux résultats, elles sont souvent meilleures, la tendance est confirmée partout y compris dans les écoles d’ingénieurs.

En attendant, elles ne composent que 25 % des ingénieurs diplômés en France. Je vous invite à faire un tour sur ce site ou sur Mademoisellefaitcentrale, vous comprendrez le « retard technique des femmes à l’allumage » que ces association s'évertuent à rattraper. C’est une inégalité de plus dans la répartition socioprofessionnelle hommes/femmes (salaires, pouvoir, etc).

C'est d'ailleurs une croyance et une représentation sociale archaïque que d'imaginer qu'en médecine ou en mécanique, le fonctionnement du cerveau n'est pas le même pour l'homme ou la femme. De ce point de vue il faut absolument visionner cette conférence Tedx prononcée par l'excellentissime Catherine Vidal laquelle se demande si le cerveau a un sexe. Formidable ! Et drôle.

Le ministre a buté sur une formulation, mais si on regarde son cabinet, Le Foll a surmonté la difficulté du casting. Je préfère qu’on lui pardonne une faute de com tout en se réjouissant se ses actes. Quant à l’éternelle argument de ceux qui disent "on cherche des femmes méontrouvepas" (ca devient presque une expression idiote-matique), allez faire un tour sur VoxFémina ou procurez-vous l’annuaire d’ELLE sur les femmes expertes.

Et arrêtons de répondre "on cherche des femmes méontrouvepas".