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La Cour des comptes, vous le savez, vient de rendre un rapport dans lequel elle explique en gros que la politique française de lutte contre le chômage est inefficace et couteuse. En fait la Cour des comptes fait cet exercice chaque année. Et chaque année, c’est pareil. On fait mine d’oublier qu’elle nous a déjà dit ce qu’elle nous annonce sur le chômage, l'emploi, les différents régimes d'indemnisation et l'argent de la formation. C'est une tradition française.

Un peu comme le Beaujolais nouveau.

En 2012, l’an dernier donc, la Cour des comptes toujours dans un rapport public allume le régime des intermittents du spectacle. Elle parle d’une dérive massive et persistante et même de fraude.

Il se passe quoi ? Rien.

2011. La Cour des comptes publie un rapport public. Dans ce rapport public, elle dit quoi ? Elle critique l’indemnisation du chômage partiel en France. Quand je dis qu’elle critique, elle dit que ça marche mal, que ça ne facilite par l’embauche.

Il se passe quoi ? Rien.

On continue, 2010. La Cour des compte dans un rapport toujours public indique que l'assurance chômage subirait une fraude annuelle de près de 2 milliards d'euros.

Il se passe quoi ? Rien. 2009.

La Cour des comptes s’en prend cette fois-ci au système de financement de la formation professionnelle. Le congé individuel de formation, ça marche mal, ça ne permet pas de former ceux qui en ont besoin et ça coute une jambe. La Cour des comptes le dit publiquement. Chiffres à l’appui.

Il se passe quoi ? Rien.

Je saute l’année 2008, cette année-là, la Cour des compte ne signale rien de précis. C’est la routine. On passe à 2007. En 2007 la Cour des comptes critique le système des emplois aidés. Les emplois aidés ce sont les emplois créé, financés et déployés artificiellement dans le secteur non marchant. Descendant des emplois jeunes et ancêtres des emplois d’avenir.

Il se passe quoi ? Rien.

Allez je finis en 2006. Dans un rapport publié le 23 mars 2006, la Cour des comptes présente ses recommandations pour remédier aux « dysfonctionnements » du service public de l’emploi et à la complexité du « parcours » proposé aux demandeurs d’emploi. Cette année là on écoute la Cour, on finira par fusionner l’UNEDIC et l’ANPE et ça va devenir Pôle Emploi. Et Pôle Emploi ça marche pas car il est trop tard, trop de chômeurs, pas assez de moyens et toujours les mauvaises habitudes de travail.

Ne mécontenter personnes pour ne satisfaire personne. Cela fait des années que la Cour des comptes rend ses rapports sur les politiques de l’emploi en France et des années que l’Etat fait semblant de dire qu’il va les mettre en œuvre et qu’il ne fait pas semblant de ne pas le faire. Avec la complicité des partenaires sociaux et des corporations françaises. Alors il y a trois hypothèses.

Hypothèse 1 : la Cour des comptes est nulle et l’Etat a raison de ne pas l’écouter mais dans ce cas, il doit supprimer la Cour des comptes.

Hypothèse 2 : La Cour des compte n’est pas nulle et donc l’Etat ne sait pas mettre en œuvre les recommandations de la Cour des comptes et c’est inquiétant. Mais on ne peut supprimer l’Etat.

Hypothèse 3 : La Cour des comptes n’est pas nulle, l’Etat est capable de mettre en œuvre ses recommandations. Mais rien ne se passe. Cela veut dire qu’il existe une préférence Française pour le chômage qui arrange tout le monde sauf la majorité des chômeurs.

Toi aussi tu peux jouer et avancer d’autres hypothèse sur le dramatique comique de répétition des rapports de la Cour des comptes.

PS : Pardon, j'oubliais, en 1983, déjà, le Soir3 consacrait un sujet au rapport de la Cour des comptes sur les politiques de chômage en France.