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Le mot choc est déjà usé, fatigué, inaudible...

Vous avez remarqué, depuis la rentrée, on nous parle de choc pour changer le pays. En septembre choc de compétitivité, il y a trois semaines choc de simplification, depuis quelques jours choc de moralisation et encore ce matin Manuel Valls sur Europe1 parlait d’un choc de confiance. En 6 mois le mot choc s’est imposé dans la bouche de nos dirigeants un peu à toutes les sauces. A force, le mot qui devait réveiller est usé, fatigué, dévitalisé.

En fait le choc, c’est une méthode de gestion et de transformation des entreprises. Elle ne marche pas à tous les coups. Quand on fait la chasse aux économies, quand on veut faire le ménage et changer une équipe ou quand on veut prendre un virage stratégique on parle de traitement de choc. Généralement on secoue l’organisation, on lui fait mal mais c’est évidemment c’est pour la réveiller et la remettre sur les rails. On parle de patrons de choc ou de managers de choc.

Mouais.

Et quand on parle de choc de compétitivité, de choc de confiance, de choc de moralisation on a un espoir, on a l’espoir qu’en secouant l’organisation, la structure, il va en ressortir quelque chose. C’est la méthode révolutionnaire. C’est le grand soir, c’est la conduite du changement par la rupture.

Sauf qu’à force d’utiliser le mot choc, on est ridicule. Parce qu’à force de choquer, on ne choque plus personne et dans ces organisations qu’on secoue trop, qu’on bouscule trop, le choc finit par produit l’effet inverse. Au lieu d’obtenir le changement ou la transformation, on obtient l’inertie. On a beau faire subir des électrochocs au grand corps malade d’une entreprise ou d’un pays, on l’assomme et ils ne répondent plus.

Et c’est ce qui menace aujourd’hui tous ceux qui utilisent des formules choc pour choquer ou provoquer un sursaut économique, moral ou républicain. Ils risquent de n’être ni entendus, ni suivis par ceux qu’ils veulent mobiliser. A mettre les chocs à toutes les sauces les décideurs et les managers de choc n’obtiennent des équipes ni confiance, ni compétitivité, ni contrechoc.

Juste de l’indifférence.