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Le cri, la femme et son coup droit

Hier, j’ai posté une photo de Sharapova en train de frapper un coup droit. Un garçon qui a déjà vu jouer la jeune femme a cru entendre la photo jouir ! Etonnant non ? C’est vrai qu’en frappant la balle Sharapova crie, pas un cri sec, un cri d'effroi. Face à elle Azarenka criait aussi mais différemment.

Entendant la photo crier de plaisir, le quelqu’un a cru bon d’ajouter « J’espère qu’elle ne crie pas comme ça au lit ». Je ne vais pas lancer un procès en machisme ou sexisme, je n’aime pas ça et nous avons droit aux plaisanteries sur les différences des sexes, elles font partie du plaisir d'être différents. A condition que l'humour soit partageable...

Je veux juste engager une variation sur le cri, l’effort, le tennis et la femme car c’est une constante, une loi fondamentale : une femme qui crie est au choix :

A/ Dans le pétrin

B/ Hystérique

C/ En train de jouir

Sur la terre battue de Roland Garros comme dans l’esprit de beaucoup d'hommes qui les entendent, les cris des championnes de tennis ne sauraient être que la réplique des cris de plaisir provoqués par un autre genre de manche. Pourtant, si vous tendez l'oreille, vous verrez que le cri d'une championne qui tape dans la balle est tout sauf sexuel.

C'est un cri du corps, un cri des muscles, un cri du souffle qui se cherche, un cri libérateur aussi mais pas lubrique. Si vous observez Sharapova de près, vous verrez que son jeu est rempli de rituels dont ce cri fait peut-être partie, je l'ignore. Lorsqu'elle va chercher l'inspiration et la concentration vers les bâches de fond de court avant de servir, en tournant le dos à son adversaire dans une très courte méditation avant de servir. Lorsqu'elle doit recevoir aussi : on la voit tenir sa raquette d'une main d'abord, se taper sur la cuisse avec l'autre main ensuite pour enfin saisir sa raquette avec les deux mains pour se mettre en position de renvoyer.

Je me souviens que lorsque Jimmy Connors jouait, le public qui l’entendait crier n'imaginait pas Connors le pennis à la main en train d'éjaculer comme un géant. Non, le public pensait à un bûcheron qui coupe un arbre.

Pour les femmes c’est différent.

Femme qui crie, femme au lit.

Jamais au lift, hélas.

Le féminisme est un match de fond de court.