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La vie professionnelle d'Adèle et le tournage de fou de Canet

Si Abdelattif kechiche avait tourné aux Etats-Unis, sans doute n'aurait-il pas pu finir son film... Je vous explique pourquoi.

Le syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma, en marge du festival de Cannes, a indiqué que les conditions de travail sur le tournage du film La Vie d’Adèle avaient été déplorables. On ne croirait pas comme ça, mais derrière les paillettes de Cannes, les luttes syndicales continuent. Des journées de travail de 16 heures déclarées 8, des horaires de travail anarchique, pas assez de repos, des modifications incessantes du plan du planning, voilà ce qui est reproché à la production et au réalisateur Abdelatiff Kechiche.

Et Le Monde expliquait la semaine dernière que ces difficultés surviennent assez fréquemment sur les films à petit budget. On tord un peu les règles du droit du travail et on s’appuie sur la bonne volonté des techniciens... Evidemment la production du film explique que le tournage a eu lieu dans des conditions normales et Le Monde donne des éléments de contexte ; voilà un an que Le syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma mais également d’autre organisations syndicales critiquent la convention collective signée l’an dernier par la profession.

Maintenant reprenons en cœur le refrain on peut pas travailler en France et lisons ce que Guillaume Canet déclarait à Première il y a quelques jours en évoquant les conditions de tournage à New York de Blood Ties son premier film réalisé aux Etats-Unis.

« Les syndicats te rendent fou. On peut, te couper l’électricité au beau milieu du tournage d’un plan parce que c’est l’heure de la pause déjeune, tu n’a pas le droit de parler à un figurant sinon ça veut dire qu’il est acteur et il faut le payer plus cher. Là-bas, il faut des autorisations pour tout ».

Eh oui Guillaume Canet, le cinéma aux Etats-Unis c’est une industrie, les syndicats y sont puissants et gare aux Frenchies qui ignorent les règles. C’est donc un peu le monde à l’envers. Chez nous, les techniciens, mêmes syndiqués sont plus arrangeants car en France le cinéma est plus qu’une industrie, c’est une exception culturelle, c’est même de l’art avant d’être un turbin. En France tout le monde y met du sien, les techniciens, syndiqués ou non, font souvent un gros effort et leur bonne volonté facilite la vie des tournages et la vie des réalisateurs.

Et sans doute aussi La Vie d’Adèle.