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Je découvre des faux ventres de femmes enceintes dont l’utilité est multiple selon leurs fabricants.

Avec un gros bidon de future maman, on trouverait une place facilement dans les transports en commun, on passerait devant tout le monde à la station de taxi et on éviterait de se faire draguer quand on sort seule. Cette dernière hypothèse a trouvé sur Twitter de nombreux détracteurs. Une twitta me dit ainsi qu’elle ne s’est jamais autant fait draguer que le ventre arrondi par bébé.

Alors que faut-il en penser ? La vérité c’est qu’a priori les hommes sacralisent les femmes enceintes. Figure de la mère, porteuse de la vie, la femme « grosse » est une vache sacrée. Pas touche. Vraiment ?

Ce cliché en forme de prison dorée fait d’ailleurs bondir beaucoup d’entre elles. « C’est pas parce qu’on est enceinte qu’on n’a pas le droit de se faire draguer ». La grossesse serait une double peine ? Physique et statutaire ? Les conservatismes et les tabous sont là. La figure de la mère n’est pas encore celle de la MILF, the mother I would like to fuck et encore moins celle de la future mère à qui je conterais bien fleurette. La femme enceinte  traîne comme un boulet des siècles de civilisation patriarcale qui ont idéalisé la femme pour mieux la ficeler. Tu enfanteras dans la douleur a promis le bon Dieu à Eve en la chassant du paradis terrestre, c'est dire si être enceinte est un état à part au-delà de la gestation.

Pourtant, une femme enceinte c’est plus qu’attirant. C’est attirant pour ces mêmes raisons. La femme enceinte emprisonnée dans sa forteresse de maternité, de fidélité et d’inaccessibilité est une bombe érotique qui ne dit pas son nom et qui peut exploser à tout moment dans le cerveau de ceux qui la fantasment et la regardent. Passé les trois premiers mois, cette femme a souvent le teint frais et rose, des joues à bisous, le regard mouillé d’une buée troublante et bien sûr les formes généreuses d’une madone aux hanches généreuses. Sans oublier ce côté Sainte-Nitouche qu'elles n'ont pas demandé mais qui peut décupler l’excitation des amateurs.

La femme enceinte et le désir des autres, c'est surtout une série de questions. Faut-il mettre sous cloche la femme enceinte ? La médicalisation qui prépare l’accouchement est-elle le meilleur prétexte à la désérotisation de cette femme ? Le fait de porter la vie et de faire ce don d’amour au géniteur est-il est un signal rédhibitoire envoyé à t’éventuels séducteurs ? La mère qui porte un enfant doit-elle plus que toute autre porter subir son auréole de sainteté ?

Nous les hommes n’avons par les moyens de répondre vraiment à ces questions. Au mieux serions nous indélicats.

C’est donc aux intéressées de nous renseigner, si elles le souhaitent.