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L'exil fiscal pourrait être dû à la mysoginie

Avant de quitter Anvers, où je me suis rendu pour faire expertiser quelques pierres précieuses par de vieux juifs à chapeau de fourrure à larges bords, je prends le temps d’aller rendre visite à mon maître en économie de l’impôt, Ravesh Ganaoui.

Installé à Anvers depuis le haut moyen-âge, sa famille a donné au plat pays ses plus grands spécialistes de l’impôt. Confortablement lovés sur le canapé de son bureau capitonné, aux murs duquel on trouve les travaux de broderie et de dentelle auxquels s’adonne Ravesh à ses heures perdues, nous évoquons l’affaire Cahuzac jusqu’à ce que j’en vienne au motif principal de ma visite. Une question me taraude depuis que les théories de l’impôt font la une de la presse française. Qui sont les exilés fiscaux et pourquoi fuient-ils réellement ?

Ravesh qui se nourrit exclusivement de biscuits secs et de thé prend une large inspiration et me tient à peu près ce langage fondé par des années de recherche à Princeton où il a été formé puis à l’Université d’Anvers où il enseigne toujours à une poignée de disciples triés sur le volet.

Vous autres Français opposés au fiscalisme êtes obnubilés par le taux de l’impôt comme seule et unique facteur de la fuite des cerveaux et des capitaux. Vous croyez dur comme fer que l’exil fiscal est provoqué par le taux de prélèvements obligatoires. Crois-moi Daïdaï, les taux sont l’arbre qui cache la forêt. Au Laboratoire Bruxellois de Traçabilité Fiscale mes collègues ont réalisé sur une centaine d’exilés fiscaux des tests psychologiques assez poussés. Nous avons bien entendu obtenu l’assentiment de nos riches cobayes français en contrepartie d’une absolue confidentialité sur leur identité.

Et Ravesh de m’expliquer qu’il ressort de ces tests, interviews et questionnaires à choix multiples administrés individuellement dans un entrepôt de la banlieue de Gand que les exilés fiscaux quittent la France pour une raison fondamentale et difficile à expliquer à l’ensemble des contribuables français sans provoquer...une guerre civile.

Selon nos résultats 69 % des exilés interrogés expliquent qu’ils ont quitté la France suite à une déception sentimentale, un conflit avec le conjoint, un divorce ou la découverte d’une trahison les opposant à une femme dépensière dans 67 % des cas. Autrement dit et ce fut l’objet d’une seconde vague de tests, nous sommes parvenus à montrer que sur la centaine d’exilés fiscaux interrogés, 99 % étaient des hommes et que sur ces 99 %, 65 % pas moins manifestaient des signes de parfaite misogynie. C’est là que l’étude se révèle absolument passionnante. Il est fort probable à nos yeux que l’exil fiscal français - qui est souvent le propre d’hommes certes intelligents et instruit mais également impétueux et frondeurs - soit d’abord provoqué par le machisme et une détestation croissante de la femme française.

Je fais à cet instant tomber ma tasse thé sur mon costume de flanelle (que je porte systématiquement quand je vais à Anvers pour saisir ce que l’expression transpirer comme un vieux juif religieux sous son costume de laine en été veut dire réellement).

Tu peux faire tomber sa tasse de thé sur tes genoux Daïdaï ricane Ravesh Ganaoui. C’est ainsi. Vos exilés fiscaux quittent la France car ils ne supportent plus les françaises et particulièrement celles qul les entourent où dont ils lisent le nom dans la presse et les journaux. Notre équipe de chercheurs n’en croyaient pas ses yeux quand l’ex DG d’une banque française d’investissement a lancé pour la 7e fois au cours d’un entretien semi-directif « Bon sans, nos femmes sont devenues insupportables ! Elles dépensent, se plaignent, veulent nos pouvoirs, nous menacent sans arrêt de procès pour harcèlement, se prennent pour la 8e merveille du monde et vont de collectifs en associations pour nous faire passer pour des gros proutons. Trop c’est trop je me barre ».

En économie nous appelons ça un effet induit même si nous avons hésité sur l'expression "Proutons". A Bercy vous menez une politique fiscale susceptible d’effrayer vos Pigeons et vos riches, vous croyez que c’est pour cette raison qu’ils s’en vont et bing ! les Belges comprennent qu’ils partent pour des raisons autres. En réalité si vos riches fuient c’est en raison du mauvais esprit qu’ils prêtent aux femmes de leur entourage, à tort ou à raison.

Je suis abasourdi. L’exil fiscal serait donc dû en France aux femmes. Mais mes doutes persistent et je pose la question suivante à Ravesh Ganaoui.

Admettons que le riche s’en aille parce que les femmes françaises qui vivent à proximité (épouse, mère, maîtresse, fille, secrétaire, collègues de bureau, éventuellement personnel politique) lui sont devenues imbuvables, peut-on expliquer l’absence d’exil fiscal de pays voisins de la France selon un critère semblable ? Est-ce parce que les femmes y sont plus aimables que l’exil fiscal y est moins développé ?

Ravesh prend son temps pour me répondre et finit par lâcher une explication.

Nous n’en sommes pas encore très sûr mais il est probable que la femme française soit une exception culturelle européenne et que pour des hommes riches, sûrs de leur pouvoir, légèrement dominateurs et arrogants, elle participe, je dis bien à leurs yeux, d’un climat invivable pour l’économie et les affaires. D’où l’exil fiscal.

Je continue à mastiquer mes gâteaux lesquels ont formé dans ma bouche une patte blanche, homogène et semi-liquide que je vais bientôt recracher discrètement dans le fond de ma tasse comme je le fais désormais depuis une vingtaine d’années pour maîtriser ma glycémie.

Mais bourqboi Voua ne boubliez poa ces roasultats ? demandé-je.

Ravesh m’explique alors l’évidence.

Même si nous sommes sûrs de notre analyse, pourquoi publier une certitude scientifique qui se retournerait contre toutes les femmes de France parmi lesquelles de nombreuses innocentes ? Pourquoi faire payer à la majorité des citoyennes les turpitudes de quelques unes ? Je préfère qu’on garde ces résultats pour nous. Après tout, la misogynie des évadés fiscaux même si elle était justifiée par une minorité de mégères particulièrement agressives vaut-elle de jeter l’anathème sur l’ensemble du genre féminin ? Au moment même où vous autres Français vous familiarisez doucement avec la parité, l’égalité et tout ça ? Non crois-moi, mieux vaut garder cette étude pour nous et ne pas provoquer en France une sorte de Saint-Barthélemy du sexe féminin.

Je demande alors à Ravesh la possibilité de publier sur mon blog l’essentiel de notre entretien. Il me supplie de transformer son nom ainsi que la raison sociale des organismes de recherche belges qui ont travaillé sur ce dossier brûlant pour la paix des genres en et des ménages en France.

Soucieux de protéger Ravesh mais également les femmes de mon pays, je fais mon possible pour tenir parole.